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Facebook s’engage (enfin) dans la lutte contre les anti-vaccins

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« Chacun ses goûts, chacun ses couleurs », certes. Sauf que dès l’instant où l’étude sur laquelle les rumeurs sont basées est fausse, et où qui plus est, ne pas se vacciner peut être mortel, être anti-vaccins n’est pas simplement une opinion, c’est un danger public. Et Facebook a enfin décidé de s’engager dans la lutte contre cette menace.

Pour celles qui ne seraient pas au courant de l’ampleur du problème, et qui penseraient que refuser la vaccination est une attitude marginale, adoptée par une poignée de complotistes, un petit rappel de la gravité de la situation actuelle. D’abord, il faut savoir que pour que la couverture vaccinale soit efficace, l’Oraganisation Mondiale de la Santé (OMS) rappelle qu’il faut un taux de vaccination de 95% dans la population. Pourquoi ? Simplement parce que certaines personnes, les jeunes bébés et les femmes enceintes par exemple, ne peuvent pas être vaccinées, et la couverture vaccinale doit donc être suffisamment importante pour qu’ils soient protégés par l’effet de groupe. Dans nos pays occidentaux, cela avait toujours été le cas, permettant de faire de certaines maladies autrefois mortelles de lointains souvenirs. Qui n’ont de cesse de se rappeler à notre mauvais souvenir ces dernières années, au gré de la croissance du mouvement anti-vaccins. Car ce qui ne concernait en effet avant qu’une poignée de radicaux adeptes des théories du complot est de plus en plus répandu au sein de la population.

Inverser les progrès

Résultat de cette tendance effrayante: selon un rapport diffusé par l’OMS cet été, entre janvier et juin 2018, plus de 41 000 personnes en Europe ont été infectées par la rougeole, et 37 en sont mortes. Pire, encore? Selon un rapport diffusé en janvier 2019 par l’Organisation Mondiale de la Santé, le mouvement anti-vaccins serait une des dix plus grandes menaces actuelles pour la planète. Il représenterait un danger équivalent à celui du virus du SIDA.

L’hésitation à l’égard des vaccins menace d’inverser les progrès accomplis dans la lutte contre les maladies évitables par la vaccination (…) La vaccination est l’un des moyens les plus rentables d’éviter la maladie – elle prévient actuellement 2 à 3 millions de décès par an et 1,5 million de plus pourraient être évités si la couverture mondiale de la vaccination s’améliorait.

Mais pourquoi ne s’améliore-t-elle pas, au contraire? Pour le comprendre, il faut faire un bond en arrière de 21 ans, et s’intéresser à une « étude » publiée en 1998 par Andrew Wakefield, établissant le lien entre la vaccination et l’autisme. Une étude tout sauf scientifique, basée sur seulement douze patients, sans aucune comparaison avec des enfants en bonne santé. Autrement dit, une farce, qui a d’ailleurs valu à Andrew Wakefield de perdre son titre de Docteur en médecine. Malheureusement, pas avant d’avoir diffusé son hoax scientifique, cimentant dans le cerveau de nombreuses personnes la croyance que les vaccins sont néfastes et donnent au mieux l’autisme, au pire, toute une série de maladies. Il n’en fallait pas plus pour convaincre de nombreux parents préoccupés par la santé de leur enfant de ne pas le faire vacciner. Problème: loin de les protéger, cette décision met au contraire les enfants en grand danger.

Lire aussi: Pourquoi la vaccination n’est pas une option, et l’ignorer est un danger

Si l’on prend l’exemple de l’Italie, la couverture vaccinale contre la rougeole a baissé à 85%, et les résultats ne se sont pas faits attendre: 4 000 cas de rougeole enregistrés dans les 8 premiers mois de 2017. Pour rappel, la rougeole ne se manifeste pas que par des taches rouges qui démangent, mais peut aussi s’accompagner de dangereuses complications, dont des encéphalites, ces dernières pouvant être mortelles pour le patient. Sachant que non seulement, « l’étude » d’Andrew Wakefield n’avait aucune validité scientifique, mais qu’en prime, l’absence totale de lien entre l’autisme et les vaccins a été prouvée depuis, difficile de comprendre pourquoi des parents choisissent volontairement d’exposer leurs enfants aux dangers de maladie que les vaccins peuvent permettre d’éviter. Le 6 mars dernier, une étude danoise de grande envergure a une fois de plus confirmé qu’il n’existe aucun lien entre l’autisme et le vaccin ROR, soit rougeole-oreillons-rubéole. L’étude, qui porte sur 657.461 enfants nés entre 1999 et 2010, est la plus large jamais menée, et ses résultats sont sans appel.

Aucune augmentation du risque n’a été observée entre les enfants vaccinés et non vaccinés (…) Il n’existe aucune preuve d’association de cause à effet entre le vaccin ROR et l’autisme ou les troubles autistiques.

De quoi convaincre les anti-vaccins de leur erreur, et de la nécessité de faire vacciner leur progéniture? Pas sûr. Car comme toutes les théories du complot modernes, les explications anti-vaccinations se répandent comme des feux de forêt sur les réseaux, et tout qui tente d’éteindre les flammes risque bien de se faire brûler, accusé soit d’ignorance soit carrément d’être à la solde de l’industrie pharmaceutique. La solution trouvée par Facebook pour contribuer à lutter contre la menace? Adopter une attitude sévère envers ceux et celles qui propagent des informations anti-vaccination sur la plateforme.

C’est que le réseau social est également devenu un terrain de chasse de choix pour ceux qui veulent convaincre les gens d’abandonner les vaccins. Selon une enquête du Daily Beast, en février dernier, pas moins de 150 espaces publicitaires anti-vaccins ont ainsi été achetés sur Facebook, avec pour cible, les femmes de plus de 25 ans dans des Etats américains où la rougeole fait rage. Selon les chiffres obtenus par le Daily Beast, les publicités auraient été vues plus de 1.6 million de fois. En Grande-Bretagne, The Guardian soulignait quant à lui dans un reportage sur le sujet que la propagande anti-vaccination avait tendance à avoir une meilleure visibilité sur Facebook que les informations scientifiques rappelant l’importance de se vacciner. Avec de dangereux effets: la semaine dernière, un adolescent américain a témoigné devant le Congrès que s’il n’avait pas été vacciné, c’est principalement parce que sa mère avait vu de nombreux messages la prévenant des dangers de la vaccination sur Facebook. La solution mise en place par le réseau social? Refuser les publicités qui contiennent de fausses informations au sujet de la (non-)vaccination. Mais aussi faire en sorte que les messages des anti-vaccins et les groupes qui les rassemblent soient moins visibles sur la plateforme, et plus difficiles à trouver à l’aide du moteur de recherche. Une nouvelle ligne de conduite stricte qui sera également d’application sur Instagram. Et l’occasion pour une petite piqûre de rappel: si vacciner votre enfant ne lui donnera pas l’autisme, ne pas le vacciner, par contre, pourrait le tuer.

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