Home Lifestyle Psycho C’est quoi la culpabilité du survivant (et comment y faire face)

C’est quoi la culpabilité du survivant (et comment y faire face)

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Si l’eau est désormais redescendue à Liège, elle n’a malheureusement emporté dans son sillage ni les importants dégâts matériels ni les vies brisées qu’elle a laissé derrière elle. Particulièrement difficile psychologiquement, la situation l’est aussi pour les personnes qui souffrent de la culpabilité du survivant.

C’est que si l’eau a tout dévasté sur son passage, elle a toutefois causé différents degrés de destruction et de chaos, parfois même au sein d’une même rue. Quelques mètres de différence, une meilleure isolation, une fuite plus rapide vers les étages: cela n’a parfois tenu à rien, ou presque, et pourtant, cela a fait toute la différence. Là où une maison aura été relativement épargnée, celle qui se trouve en contrebas aura été détruite, voire emportée, tandis que certaines personnes ont vu leurs voisins périr.

Au deuil et à la détresse s’ajoute donc désormais chez de nombreuses personnes un sentiment de souffrance complexe: la culpabilité du survivant. Mentionné pour la première fois après la Seconde Guerre Mondiale, ce phénomène portait alors le nom de “syndrome des camps de concentration”, théorisé à l’époque par le psychiatre néerlandais (lui-même rescapé des camps) Eddy de Wind, le syndrome ayant été reconnu dans la foulée par l’OMS. Concrètement, il s’agit d’une douloureuse forme de culpabilité qui rongent les personnes ayant échappé à une catastrophe, et qui se sentent comme des “traîtres” parce qu’eux aussi auraient pu tout perdre/mourir/… mais ont été épargnés.

Comment vaincre la culpabilité du survivant

Parmi les symptômes les plus fréquents: anxiété, sautes d’humeur, maux de tête, dépression, troubles du sommeil et repli social. Ainsi que l’a théorisé le psychiatre américain William Niederland dans ses recherches sur le sujet, l’intensité de la culpabilité s’intensifierait en outre si la personne a “déjoué le sort” purement par hasard, et non suite à un choix conscient. Une situation dans laquelle se trouvent aujourd’hui nombre de personnes dans le bassin liégeois, épargnés grâce à une poignée de mètres.

Si à l’heure actuelle, l’urgence va à l’aide aux sinistrés, il est important de ne pas négliger sa santé mentale, d’autant que la culpabilité du survivant peut s’intensifier avec le temps. Pour y faire face, Ellen Hendriksen, Docteure en psychologie, partage six conseils pratiques. Soit, concrètement:

  1. Chercher le/la vrai.e responsable de la situation
  2. Se rappeler qu’il est possible de gérer les sentiments de tristesse et de perte
  3. Penser à l’impact de sa survie sur ses proches
  4. Abandonner l’idée que la chance est un concept “tout ou rien”
  5. Venir en aide aux personnes qui en ont besoin
  6. Prendre soin de soi

“Si vous avez survécu à une expérience traumatique, prendre soin de vous, aussi bien physiquement que psychologiquement est essentiel pour votre guérison” rappelle encore le Dr Hendriksen. Et de souligner l’importance de “vous autoriser à ressentir votre chagrin, tout en vous rappelant la situation n’est pas de votre faute, que vos proches sont heureux que vous soyez sain.e et sau.f.ve et que vous pouvez mettre votre survie à profit pour aider d’autres qui ont eu moins de chance que vous”.

Par exemple, en suivant les pistes recensées par notre journaliste, Manon, pour apporter ou recevoir de l’aide suite aux intempéries en Wallonie?

Ou bien en participant à ce moules-frites géant est organisé à Bruxelles en faveur des sinistrés, voire même, en partageant les précieux conseils d’un assureur sur la marche à suivre pour se faire rembourser aux personnes sinistrées qui ne savent pas par où commencer.

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