Home Lifestyle Société TÉMOIGNAGE: “on s’est réveillés avec de l’eau jusqu’au 1er étage”

TÉMOIGNAGE: “on s’est réveillés avec de l’eau jusqu’au 1er étage”

48 heures d’enfer. Au moins 23 morts. La Belgique connait actuellement des heures sombres. Les inondations ont noyé la Wallonie et annonce déjà un bilan catastrophique. Cassandre, 31 ans, habitante de Pepinster, nous livre son témoignage.

“J’habite une maison de maître avec un ami propriétaire qui a installé son cabinet dentaire au rez-de-chaussée. Mercredi matin, j’étais en train de travailler et j’entendais que les communes voisines étaient inondées mais il n’y avait rien dans notre rue. Vers 11h30, une panne de courant est survenue. Mon colloc’ a annulé ses rendez-vous de l’après-midi mais nous n’avons pas paniqué. Vers 14h, c’est arrivé d’un coup. L’eau a commencé à tout remplir et à monter à une vitesse folle. Là, on a paniqué. On a bougé nos voitures en hauteur rapidement parce qu’on craignait qu’il arrive la même chose qu’ailleurs, soit qu’elles flottent dans la rue. Comme il y avait de l’eau en masse partout, nous sommes redescendus à pied.

J’ai proposé qu’on parte mais mon ami ne voulait pas abandonner le navire. Donc nous sommes restés”.

“Vers 20h, l’eau est arrivée à 1m puis est redescendue. On s’est rassurés malgré la cave inondée et les 30cm dans le cabinet. Sans électricité et sans possibilité de faire quoique ce soit, nous avons été dormir vers 22h30, plutôt confiants comme le niveau diminuait au fur et à mesure. Et quand on s’est réveillés le lendemain matin, c’était la catastrophe. L’eau était montée jusqu’au premier étage, tout le cabinet était inondé. L’eau était partout, le jardin n’était qu’une piscine. Dans la rue, 2 mètres d’eau et des courants violents s’affichaient devant nous, les voitures flottaient. C’était fou, dangereux, horrible. Les secours ne pouvaient pas venir mais le niveau montait d’heure en heure. Le stress est monté d’un cran.

Heureusement, des habitants ont pu accéder en tracteur au niveau des maisons et aller chercher les citoyens à l’étage. Quand nous sommes sortis, les tiroirs du bureau flottaient dans le cabinet”.

Des maisons s’effondraient à 100m de chez nous. Le plus stressant, c’était d’être bloqués sans courant, sans eau, sans téléphone, sans savoir si les secours allaient pouvoir nous aider à sortir.

Le camion benne qui nous a secourus

Nous sommes sortis par la porte d’entrée, avec de l’eau jusqu’à la taille malgré mon mètre 75. C’était hallucinant. Le courant était tellement fort que j’ai eu peur d’être emportée. On nous a emmenés dans une école d’un village d’à côté. Aujourd’hui, nous sommes en sécurité chez mes parents. Je n’ai encore aucune idée de l’étendue des dégâts mais je pense que nos biens personnels ont été épargnés.

Nous avons pu être secourus mais de nombreuses personnes n’ont pas eu cette chance. Il y a certainement beaucoup plus de morts que ce l’on dénombre actuellement.

Aujourd’hui, Cassandre reprend des forces mais déplore un manque d’avertissement. “On ne s’y attendait pas du tout, on n’était pas préparés. J’ai l’impression qu’il y aurait dû avoir des alertes qui n’ont pas été données. Nous avons tous été pris au dépourvu. Les gens n’ont pu rien sauver. Personne ne comprend comment ça a pu arriver.

J’accuse le coup, je ne sais pas trop ce que je ressens. Dans la rue à côté de chez nous, l’eau atteignait le 2ème étage, tout a certainement été détruit. J’essaie de relativiser et de me dire que je suis en vie et à l’abri, une chance que beaucoup n’ont pas”.

Le cabinet sous eau

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