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Oui, vous avez le droit de ne pas aimer vos parents

Il y a une chose que j’ai apprise récemment : nous ne sommes pas forcés d’aimer nos parents. Et le savoir peut tout changer.

Si je suis là, en train de pianoter sur mon clavier, c’est grâce à mon papa, grâce à ma maman. Sans eux, je n’existe pas et c’est aussi simple que ça. Partant de là, comment imaginer qu’on ne leur doit pas tout l’amour du monde ? Pourtant, cette « dette » sur laquelle on se base pour grandir et évoluer peut faire plus de dégâts qu’autre chose. Aimer ses parents ne va pas de soi, ce n’est pas une évidence et je vous explique pourquoi.

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Comme beaucoup de petites filles, je me suis construite sur l’image qu’avait de moi mes parents. Des petits cailloux qui ont façonné la femme de presque 30 ans que je suis aujourd’hui. Ma maman m’a toujours répété que j’étais « la plus indépendante ». Aujourd’hui, j’aime penser que je n’ai besoin de personne. Mon papa a toujours été fier de mes bulletins, de mes grandes distinctions. Professionnellement, je n’ai jamais eu de couacs: ça a toujours roulé et mes compétences au boulot n’ont jamais été une source d’angoisse ou de questionnements pour moi. À côté de ça, mon père m’a aussi répété qu’aucun homme ne pourrait jamais me supporter. Que j’étais insupportable, que ma maladresse les pousserait tous à bout. Facile donc d’imaginer pourquoi j’ai une légère tendance à l’auto-sabotage en couple et pas l’ombre d’une confiance en moi face aux mecs.

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La petite fille que l’on était devient femme en intégrant inconsciemment les dires de ses parents. Des paroles lâchées entre le fromage et le dessert, dans la voiture pour aller à l’école, des petits mots que l’on nous glisse dans notre cartable, qui s’immiscent dans nos têtes pour exploser dans nos cœurs. Et un cœur en miette, ça prend du temps à se recoller. Alors on claque le dixième de son salaire dans le canapé d’un psychologue, tâchant de foutre de la glue sur tout ça. Comme une huître à son rocher, l’idée que « Papa a raison » est ancrée en nous. Papa a toujours raison, papa, c’est le roi : la maîtresse l’a assez répété dans les poèmes pour la Fête des pères. Forcément, si papa a dit tout ça, c’est que nous ne sommes pas « aimables », pas dignes d’être aimés. Qu’il y a un « truc qui cloche ». Parce que franchement, c’est écrit partout non qu’un parent aime son gosse inconditionnellement, même s’il n’éteint pas la lumière derrière lui ou qu’il ne range pas ses barbies? Si ce n’est pas le cas, c’est qu’on doit être une petite fille vraiment pas gentille. C’est limite si on ne le remercierait pas de nous avoir ouvert les yeux sur notre petit moi.

On gagne en année, en maturité, on paye les factures, on remplit sa fiche d’impôt et on apprend même à réparer des pommeaux de douche. Mais on oublie de réparer le cœur en miettes. On prend des kilos, des rides se creusent et le seul qui reste intact (et plutôt creux), c’est lui!

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Puis un jour, on comprend. On comprend que la course à l’amour de ses parents ne nous apporte qu’ampoules au pied. Que ça ne vaut pas toute cette sueur, que ça ne fait pas gonfler leur cœur et qu’on est perdant d’avance. On comprend que nos parents ne sont pas Dieu tout puissant, que ce sont juste des humains avec des failles, des cœurs atrophiés parfois. Papa n’était pas le super-héros du film. C’était peut-être même le figurant, le looseur ou celui qui meurt à la première scène. On capte enfin qu’on a le droit de ne pas les aimer à notre tour: en tout cas pas de cet amour inconditionnel. Car l’amour a parfois ses conditions — le respect, par exemple — et l’on oublie bien trop souvent de nous le rappeler.

Évidemment, la pilule est difficile à avaler. Depuis qu’on est haut comme trois pommes, on nous rappelle que la pomme ne tombe pas loin du pommier. « Colérique comme son père », « Le sourire de sa maman ». Forcément, si on nous inculque qu’on ressemble à nos parents, comment accepter de ne pas les surkiffer? Comment s’aimer soi-même? Réponse magique : accepter qu’on leur doit la vie, oui, des apprentissages, aussi, des valeurs, sans aucun doute, peut-être même la couleur des yeux, la forme de notre nez et notre mètre 65. Mais c’est nous seul qui créons la personne que nous devenons. Nos parents nous façonnent de deux manières : par similitude — on peut en prendre de la graine — et par opposition aussi — on peut décider de ne pas leur ressembler. Comme un stage en entreprise, en quelque sorte, ils nous aident à savoir ce qu’on veut mais aussi ce qu’on ne veut pas. Leader des réunions, ok ; faire le café, non, sans façon. On dit aussi que devenir adulte, c’est pardonner à nos parents. Ne pas accepter, ne pas oublier non plus, mais pardonner leurs erreurs en comprenant qu’ils ont aussi « leurs petits cailloux ». Et c’est précieux, parce que c’est ça qui nous permet de nous pardonner aussi à nous-mêmes quand nos petits cailloux à nous se mettent en travers de notre bout de chemin.

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