Home Lifestyle Le sens du poil: le compte Instagram génial pour assumer sa pilosité

Le sens du poil: le compte Instagram génial pour assumer sa pilosité

On parle de plus en plus d’acceptation de soi et de « body positive » sur les réseaux sociaux , mais il y a une partie de nous que nous avons encore bien du mal à accepter : nos poils ! Voilà pourquoi cinq jeunes Belges ont décidé de les mettre à l’honneur avec le compte Instagram @lesensdupoil.

Ils recouvrent quasi tout notre corps et sont généralement bien acceptés chez les hommes… Mais nous sommes encore une majorité de femmes à les chasser férocement. Sur notre visage, notre pince à épiler à l’affût ; sur nos jambes, la cire prête à couler ; sous les bras, le rasoir prêt à ratiboiser ; sur nos parties intimes, nos jambes écartées pour laisser l’esthéticienne atteindre nos recoins les plus inaccessibles… Que l’on se trouve plus jolie épilée, pourquoi pas. Que l’on se sente mal si on ne l’est pas, c’est plus grave. Voilà pourquoi cinq étudiantes de l’IHECS (Institut des hautes études des communications sociales), ont décidé de mettre la pilosité féminine en avant dans des photos portraits colorés et une websérie. Leur but : nous inviter à sortir des normes et à nous poser des questions sur les standards esthétiques imposés. Leur compte Instagram @lesensdupoil a réuni grâce à ses photos audacieuses et aux témoignages qui les accompagnent, plus de 10 000 abonné.e.s en moins de 4 mois.

Lutter contre les stéréotypes de genre

Nous avons interrogé Margot Foubert, porte-parole de cette campagne ambitieuse. « Dans le cadre de notre master en animation socioculturelle et éducation permanente à l’IHECS, on doit réaliser un mémoire médiatique. La consigne est de travailler avec des médias, peu importe lesquels, et d’avoir pour vocation de changer le monde. Nous, nous sommes les cinq potes féministes revendiquées du master et nous nous sommes tout de suite dit que nous devions faire quelque chose ensemble. » Sophia Bouhon, Alice Chemais, Margot Foubert, Charlotte Houben, Laure Marlière, âgées de 21 à 23 ans, avaient toutes fait le même constat : encore aujourd’hui, les femmes ne sont pas totalement libres de faire ce qu’elles veulent de leur corps. « On avait déjà discuté des remarques typiques que l’on avait entendues toutes dans les vestiaires de gym, en tant que préado, même pour quelques poils égarés : ‘C’est pas beau, enlève ça tout de suite !’ ». C’est la raison pour laquelle elles ont opté pour un sujet très concret et qui touche toutes les femmes : les poils. Leur but : les rendre visibles, en réalisant des photo portraits de femmes et de leurs poils, et en les diffusant sur Instagram « On veut montrer la diversité des corps, mais aussi la diversité des poils. Certains sont invisibilisés encore davantage que les autres et parfois même inconnus : les poils aux tétons, aux bras, à la moustache ou encore au dos… »

La pilosité leur sert de porte d’entrée pour parler des stéréotypes de genre, pour conscientiser les jeunes femmes sur les mécanismes qui les entourent. « On ne veut pas du tout s’imposer comme des dictatrices du poil. On trouve que chacune devrait pouvoir poser ses choix par rapport à son corps en toute liberté et conscience. »

Des photos et des témoignages

Pour trouver des modèles, les cinq amies font relayer un appel via Le poisson sans bicyclette, un café féministe situé à Schaerbeek. « On a reçu une bonne centaine de mails, qui se sont concrétisés par une vingtaine de modèles. On a passé toutes les vacances de Pâques à les rencontrer individuellement avant le shooting pour leur expliquer le projet. Ensuite, on a fait des journées de shooting en studio. » Au rendez-vous, on retrouve plein de profils différents : des femmes habituées à l’objectif, d’autres moins, mais que Margot et ses amies ont su mettre à l’aise, même lorsque certaines photos ciblaient des zones plus intimes…

Des réactions très positives

Les abonné.e.s s’accumulent… Les commentaires aussi. Et contrairement ce que pensaient les porteuses du projet, ils sont très positifs. « Sur Instagram, on a eu pratiquement que des réactions positives de femmes qui nous disaient que le compte les encourageait à garder leurs poils et à s’assumer avec. Par contre, dès qu’un journal ou un magazine parle de nous sur Facebook, les commentaires deviennent très méchants et négatifs. On reçoit même des attaques personnelles. Mais on choisit de ne pas y réagir. On ne vas pas perdre notre temps à ça. »

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[3/3] Quelques années plus tard, ma mère m’a gentiment fait remarquer que le bas de mon dos était parsemé de poils peu élégants. Il valait mieux les épiler, surtout pour l’été, m’avait-elle dit. Une vision me revint alors : celle de mes amies qui, discutant des garçons, affirmaient que « vraiment, les poils dans le dos, c’est répugnant ». N’étant pas un hibou, je n’avais jamais pu faire pivoter ma tête à 360 degrés pour m’apercevoir que chez moi aussi, des poils avaient poussé dans cette zone atypique. Mais voilà mes réflexions interrompues par les paroles de ma mère me proposant de les épiler elle-même puisque jusqu’à preuve du contraire, je n’étais pas non plus Elasti-Girl. J’acceptai. Et puis, un jour, je me suis rendu compte qu’en fait, cette zone-là, je m’en foutais. Qu’on les laisse vivre ! La morale de l’histoire, c’est que j’ai désormais compris que la polémique des poils n’était qu’une bonne vieille construction sociale. Quand bien même, ne nous voilons pas la face, ce n’est pas parce qu’on a conscience d’avoir affaire à une construction sociale qu’on peut pour autant s’en émanciper facilement. . . . #lesensdupoil#warrior#bodyhairpositive#mademoizellearmy#moncorpsmonchoix#selfloveclub

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Un nouveau rapport aux poils ?

Le fait de mener cette campagne a-t-il changé leur propre rapport aux poils ? « Nous sommes cinq et nous avons toutes un rapport différent à la pilosité, précise Margot, déjà simplement parce que certaines sont plus poilues et d’autres moins. Mais c’est sûr qu’on s’accepte mieux grâce à ce projet. »

Participez à l’évent À poil ce dimanche!

Dans le cadre des Dimanche orange, Le sens du poil vous propose de découvrir l’exposition de ses portraits, la diffusion des quatre premiers épisodes de sa websérie, un cabaret, des témoignages et un concert.

À partir de 13 h le dimanche 27 octobre à l’Atelier 210, chaussée Saint-Pierre 210, 1040 Bruxelles. Infos : www.atelier210.be

Plus d’infos : www.le-sens-du-poil.com

Texte: Julie Braun.

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