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« Je t’aime, je te trompe »: le livre qui démonte les clichés sur l’infidélité

Dans son bouquin « Je t’aime, je te trompe », Esther Perel, grande prêtresse du sexe 2.0, explique que l’infidélité n’est finalement pas si mauvaise que ça. Selon elle, tromper pourrait même sauver un couple. Décryptage d’un véritable phénomène.

Son livre « Je t’aime, je te trompe », traduit en 32 langues, est un véritable best-seller aux États-Unis. Et il est sur le point de faire le buzz chez nous aussi. L’auteure, Esthel Perel, psychothérapeute, n’en est pas à son coup d’essai: en 2006, elle sortait son première livre « L’intelligence érotique », en s’inspirant de l’affaire Monica Lewinsky. Avec ce deuxième livre, tout aussi provocateur, elle souhaite dé-diaboliser l’infidélité et en comprendre toute la complexité. Son précepte? « Tout le monde est contre l’infidélité, mais tout le monde trompe. » Rares sont, encore aujourd’hui, les personnes et les psys qui parviennent à avoir une approche plus nuancée et bienveillante sur l’infidélité. Dès lors, une question, à laquelle elle tente de répondre, tant dans son bouquin que dans sa conférence TED, vue plus de 9 millions de fois: « Comment réconcilier ce qui est universellement interdit, et pourtant universellement fait? »

Au fil de sa carrière, longue de 10 ans, la psychothérapeute a vu défiler de nombreux couples et infidèles dans son cabinet, qui lui ont permis de mettre à mal plusieurs clichés qu’on peut tous avoir sur l’infidélité…

1. « On va voir ailleurs, quand on est malheureux dans son couple »

Ainsi, l’auteure raconte l’histoire d’une patiente, qui n’avait absolument rien à redire sur son mari et qui, pourtant entretenait une relation extra-conjugale: « Nous avons une relation merveilleuse, trois enfants formidables, aucun souci financier, des métiers que nous adorons et de super amis. C’est un as dans son travail, un amant attentif, un type canon, sportif et généreux. » Pour l’auteure, nous trompons aussi car la société nous encourage à suivre nos désirs. « Nous faisons également face à un autre paradoxe de nos jours. A cause de cet idéal romantique, on compte sur la fidélité de notre partenaire avec une ferveur unique. Mais on n’a jamais été plus enclins au vagabondage, pas parce qu’on a de nouveaux désirs, mais parce qu’on vit dans une ère où on se sent autorisé à poursuivre nos désirs, parce que c’est la culture où je mérite d’être heureux » souligne-t-elle.

2. « Si on trompe, c’est qu’on n’aime plus son partenaire. »

Au contraire, pour l’auteure, on ne cherche pas « quelqu’un d’autre », en allant voir ailleurs: on tente de se retrouver soi-même ou plus spécifiquement, de retrouver une partie de soi qu’on a perdue dans son couple. « Ce n’est pas mon partenaire que je veux quitter, c’est la personne que je suis devenue » explique-t-elle. Tromper, pour retrouver la femme désirable et désirante. L’auteure établit également un parallélisme entre l’infidélité et la peur de la mort. Interviewée par Le Nouvel Obs, elle raconte: « Le thème de la mort, je l’ai vu apparaître petit à petit. La première fois que je l’ai réalisé, c’était le 11-Septembre. La deuxième fois, c’était la guerre d’Irak. J’étais partie en Israël et il y avait tous ces gens qui étaient dans les chambres avec des masques à gaz. Il y avait un taux d’infidélité incroyable, ça baisait de tous les côtés. « La vie est courte et je veux encore une fois… » Car au fil de ses entretiens, cette phrase revenait souvent chez les personnes qui entretenaient une liaison: « Je me sens en vie ». « Et ils me racontent souvent des histoire récentes d’une perte — d’un parent qui est mort, d’un ami parti trop tôt, de mauvaises nouvelles chez le médecin. » explique la thérapeute.

La mort et la mortalité vivent souvent dans l’ombre d’une liaison, parce qu’elles soulèvent ces questions. Est-ce que c’est tout ? Y a-t-il plus ? Vais-je continuer ainsi pendant 25 ans ? Sentirai-je à nouveau ça ? Et ça m’a menée à penser que peut-être ces questions sont celles qui poussent les gens à franchir la limite, que certaines liaisons sont une tentative de revanche sur la mort intérieure, un antidote à la mort.

3. « Si on trompe, c’est qu’on est un narcissique accro au sexe »

Faux aussi, selon la prêtresse du sexe. « La vaste majorité des personnes avec lesquelles je travaille ne sont pas du tout des coureurs de jupons chroniques. Ce sont souvent des personnes qui croient profondément en la monogamie, au moins pour leur partenaire. Mais ils se retrouvent au cœur d’un conflit opposant leurs valeurs et leur comportement. Ce sont souvent des gens qui ont été fidèles durant des dizaines d’années, mais un jour ils franchissent la limite qu’ils pensaient ne jamais franchir, et ce au risque de tout perdre. « , affirme la sexologue.

4. « L’infidélité marque la fin du couple »

Encore une fois, cette hypothèse est tronquée selon Esther Perel, qui voit l’espoir au bout de la trahison. « La crise du couple peut amener à une réévaluation », prêche-t-elle.

Je dis aux couples qui ont souffert de l’infidélité votre premier mariage est terminé. Voudriez-vous en nouer un deuxième ensemble?

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