Home Lifestyle À SUIVRE : @goodmorninglau, l’influenceuse qui décrypte les marques de greenwashing

À SUIVRE : @goodmorninglau, l’influenceuse qui décrypte les marques de greenwashing

« Green ou greenwashing ? ». Via son compte Instagram baptisé @goodmorninglau, Laurie nous aide à démêler le vrai du faux des engagements écologiques des labels et à connaître les véritables marques éthiques. Rencontre avec une influenceuse belge qui casse les codes !

Depuis son lancement, le rendez-vous FAQ, soit la story boîte à questions qui permet de demander à Laurie son avis sur certaines marques, cartonne. « Je reçois tellement de questions lors de mes « décryptages » que j’ai découvert qu’il y avait un nombre limite de story par jour sur Instagram » nous explique l’auteure du compte @goodmorninglau.

Une à deux fois par mois, Laurie propose à ses abonné·e·s de lui soumettre des marques vis-à-vis desquelles elles/ils ont des doutes. L’influenceuse green se charge ensuite, d’expliquer brièvement pourquoi ce label est ou n’est pas éthique. Pour boucler la boucle, la Bruxelloise propose des alternatives.

Face aux nombreuses offensives de greenwashing auxquelles nous sommes constamment confronté·e·s, il n’est pas étonnant que le F.A.Q de Laurie soit un succès ! « Mon but avec ce rendez-vous décryptage est d’offrir un outil supplémentaire aux consommateurs afin de leur permettre de s’y retrouver et de les aider à faire les bons choix. Comme mes réponses sont par principe brèves, je renvoie régulièrement mes abonné·e·s vers des articles plus complets réalisés par d’autres influenceur·ceuse·s green »

Comment Laurie en est-elle venue à s’intéresser à la mode éthique et à devenir aussi calée ?

« C’est mon côté ingénieur » répond d’emblée celle qui se décrit comme une Green Good Girl. « Si je veux parler et donner mon avis sur quelque chose, il faut que je maîtrise à 100% (ou presque) le sujet » continue-t-elle. « Mais aussi surtout, je m’intéresse à la mode éthique depuis 2019. J’ai commencé à me renseigner sur le sujet lorsque j’ai dû écrire un article sur Wasted Atelier pour Good Girls, un blog pour lequel je m’occupe de la rubrique green » explique-t-elle.

Vers le militantisme

Sur Instagram, Laurie ne fait pas que répondre aux questions. « Petit à petit, j’essaye de faire évoluer mon compte du côté du militantisme. Je souhaite utiliser Instagram pour dénoncer les pratiques des gouvernements et des entreprises, éveiller les consciences et surtout éveiller les consommateurs à mieux consommer et à leur montrer comment leurs actions individuelles peuvent ensuite cheminer vers le militantisme. Car, c’est ce à quoi servent les actions individuelles, à évoluer vers les actions collectives » explique Laurie.  « Les gouvernements ne cessent de conscientiser les citoyens (arrêter la voiture, moins prendre l’avion, trier les déchets, acheter local…) et même si c’est important, cela ne changera pas la face du monde. C’est la raison pour laquelle je cherche à taper sur les vrais responsables et ceux qui ont le pouvoir de changer les choses. »

Comment ? « Tous les jours, j’interpelle les marques en les taguant sur Instagram mais aussi les eurodéputé·e·s et hommes et femmes politiques. Est-ce que ça fonctionne ? J’aime penser que oui. Évidemment avec H&M, je n’ai jamais eu de réponse mais je me dis qu’un jour, si on est des centaines à le faire, peut-être que ça fonctionnera. Quand je tague les député·e·s européen·ne·s, j’ai souvent des réponses et ça, ça c’est encourageant. »

Faut-il pointer du doigt ceux et celles qui font la promotion du greenwashing ?

« On me demande souvent mon avis sur telle ou telle influenceuse et je ne réponds jamais. Bien sûr, ça m’énerve de voir la promotion de marque non éthique se faisant passer comme telle sur les réseaux sociaux mais cela n’aurait aucun sens de dénoncer la personne qui en parle. De manière générale, je pense que nous avons tous notre responsabilité autant les influenceurs·ceuses que les consommateurs·trices. On ne peut pas rejeter la faute sur une instagrammeuse si on a acheté un produit que l’on pensait éthique. C’est aussi de notre devoir de nous renseigner. Après, je comprends que l’on n’ait pas tous le temps de le faire. Mais dépensons l’énergie que nous avons à taper sur les gouvernements et les grosses boîtes qui sont les vrais responsables et ne perdons pas de temps à taper sur les influenceuses. Il ne faut pas oublier que les citoyen·ne·s sont loin d’être responsable de la majorité des émissions de carbone. 80% des émissions proviennent des 70 entreprises les plus polluantes au monde ! » termine Laurie.

4 clés pour décrypter une marque soi-même

Pour savoir si une marque est éthique ou non, Laurie nous dévoile ses 4 clés. Elle les détaille plus précisément dans un article à retrouver ici.

1

Le marketing

Premier point tout simple : regarder le marketing du label. Comment la marque communique ? Est-ce qu’elle pousse à la consommation ? Est-ce qu’elle donne sans cesse des codes promo ? Est-ce qu’elle utilise du neuromarketing soit du marketing focus sur les sciences neurocognitives, en d’autres termes qui stimule les neurotransmetteurs par exemple avec des comptes à rebours, des ventes flash, des codes promo qui clignotent… bref, qui crée un sentiment d’urgence de consommer. Est-ce que la marque communique dans l’unique but de vendre ou dans le but aussi d’informer, de sensibiliser… ?

2

À qui appartient la marque ? À un grand groupe ? Est-elle indépendante ?

« C’est la deuxième question à se poser et c’est très simple de connaître la réponse » explique Laurie. « Il suffit de taper le nom de la marque sur Google avec le mot-clé « groupe » ou « rachat » et on trouve la réponse. En bas de tous les sites, il y a aussi les mentions légales et souvent là, aussi on voit à qui appartient la marque. Exemple : COS appartient à H&M, Oysho à Indidex (Zara), Arket c’est H&M… »

3

Quels sont les matériaux/fibres utilisés ?

Il y a trois types de fibres : les fibres naturelles (coton, lin, chanvre…), les fibres artificielles (tencel, viscose, viscose de bambou…) et les fibres synthétiques (fibres produites directement à partir d’hydrocarbure comme le polyamide, polyester, lycra, nylon…)

« Ce qu’il faut savoir, c’est que les fibres naturelles ne sont pas forcément des fibres durables. Les fibres naturelles on les veut biologiques et certifiées ou on ne les veut pas. Pour les fibres artificielles, il faut faire la distinction entre celles qui sont durables et celles qui le sont moins. Exemple : la viscose c’est une fibre à partir pulpe de bois transformée par un processus très énergivore et très polluant donc c’est à bannir. Par contre, le tencel, c’est aussi à partir de pulpe de bois mais via un processus plus respectueux de l’environnement dans une boucle fermée donc ça c’est une bonne fibre. Les fibres synthétiques, elles ont les bannit de base sauf si elles sont recyclées. Pour s’y retrouver, il y a des labels auxquels on peut faire confiance qui sont à retrouver ici. De manière générale, le label GOTS pour les fibres biologiques est indispensable. »

Laurie cite quelques fibres à privilégier : le coton, lin et chanvre biologiques, le lyocelle, tencel, écovero, le polyester recyclé ou l’éconyl.

4

La fabrication et la production

Concernant la production, il faut regarder si la marque ne produit pas trop. Si elle sort une collection par mois, ce n’est pas de la slow fashion. Et ensuite se demander, où la marque produit ses vêtements ? Si le label produit dans l’Union Européenne (pas l’Europe), on peut avoir relativement confiance car on a des lois strictes, des salaires minimum… Quand, c’est hors Union Européenne, on doit exiger des labels notamment pour le respect des droits des travailleurs.

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