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Voilà pourquoi je ne vous souhaite pas d’être végétarienne dans ma famille à Noël

Végétarienne depuis la moitié d’une décennie, je peux vous dire que j’ai déjà passé des fêtes devant un succulent plat de salade. Tout ça parce que ma famille se sent perdue devant mon régime alimentaire. Mais cette année, on a atteint des sommets avec la dernière proposition de menu de ma grand-mère adorée.

Quand j’ai annoncé à mes parents que j’arrêtais de manger de la chair animale, leurs réactions étaient à la hauteur de mes attentes. « Même le poulet? », « et le poisson, ça compte aussi? ». Un peu décontenancés, ils ont eu quelques difficultés à s’organiser lors de mes week-ends de visite à Mons. Mais avec le temps, ma maman chérie a appris à dompter le tofu avec une main de maître, m’offrant des chili sin carne et des vol-au-vent du feu de dieu. Mon papa, quant à lui, s’amuse encore régulièrement à faire des blagues sur les animaux morts et le délicieux steak que je ne goûterai jamais.

Mes parents étant des personnes plutôt modernes avec un accès au wifi et à la télévision, ils n’en ont pas fait toute une histoire et sont vite passés au-dessus. Avec le temps, j’ai également appris à rire des blagues pas drôles de la soupe « au bouillon de poule, comme on sait que tu adores ça » et finalement, tout se passait plutôt bien entre moi et mon assiette parentale.

Mais là où la pilule a eu plus de mal à passer, c’est dans la gorge de ma grand-mère. Ma chère mamy ne s’y fait pas du tout, persuadée que je ne mange que de la salade sans assaisonnement et que je tiens depuis maintenant plus de cinq ans un régime incroyablement difficile où je me prive de toute les bonnes choses que la planète peut m’offrir. Quand on se retrouve après quelques semaines, elle me trouve toujours trop pâle, ou m’assure que j’ai perdu beaucoup de poids (ce qui est faux, qu’on se le dise. Je ne parviens toujours pas à rentrer dans cette foutue taille 40).

À chaque coup de téléphone, elle me pose toujours la même question: « Tu fais toujours ton régime bizarre? ». Et à chaque fois, je m’évertue à lui expliquer que ce n’est pas un régime mais un choix de vie.

Je vous laisse donc imaginer l’angoisse absolue dans laquelle elle se plonge tous les ans à Noël à l’idée de me préparer un repas délicieux que je pourrais dévorer avec les autres membres « normaux » de ma famille.

Mais cette année, Mamy a déjà fait ses courses

Il y a quelques jours, elle m’a appelée, me saluant d’une voix particulièrement guillerette. « Mon petit chou! J’ai fait toutes mes commandes pour le 25 décembre. On va faire une entrée de poisson,  un teppanyaki en plat (une plaque sur laquelle on grille de la viande par kilos), avec des salades et des croquettes. Et comme dessert, du fromage ». Un menu d’une légèreté absolue après le repas copieux du réveillon.

C’est là qu’elle m’annonça fièrement mon option végétarienne. « Pour toi, j’ai trouvé quelque chose que tu aimes bien et je l’ai déjà acheté! ». Hum. Je sais que les burgers végé se conservent longtemps mais tout de même, je m’interroge. C’est là qu’elle a craché le morceau: « je t’ai pris une pizza Docteur Blokker, tu sais, celle avec les quatre fromages ». J’ai mis quelques secondes à comprendre qu’elle parlait des pizzas Dr Oetker.

Elle s’est empressée d’ajouter que comme je ne buvais pas de vin, elle m’avait aussi acheté du Coca. Sauf que j’adore le vin, et la bière aussi.

Voilà donc à quoi se résume mon repas de Noël: une pizza surgelée et du soda. Parce que, bien entendu, c’était la seule option possible sans viande ni poisson.

Bien sûr, c’est avant tout pour revoir ma famille que j’aime tant et partager un bon moment avec eux que je passe Noël dans ma pâture natale. Heureusement d’ailleurs, parce que je n’aurai même pas l’occasion de noyer mon chagrin dans un petit verre de vin.

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