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6 choses essentielles que mon enfant m’a apprises

En devenant parent, on sait qu’on s’exposera à de grandes et petites questions éducationnelles et qu’on s’arrachera quelques cheveux (ou des mèches entières), à décider ce que l’on veut absolument apprendre et transmettre et ce sur quoi on lâche du lest. Mais ce que j’ignorerais, c’est que ce chemin serait à double sens. Et à quel point mon enfant m’aiderait lui aussi à grandir.

Tout le monde parle de l’importance du bagage d’amour, de tendresse et d’éducation que l’on préparera à son tout-petit, pour lui donner toute la confiance en lui et l’équilibre nécessaire afin qu’il vole de ses propres ailes. Mais ce qu’on dit moins, c’est qu’il nous donne aussi l’occasion de devenir une meilleure version de nous-même.

Devenue maman, j’ai découvert que le degré de fatigue pouvait atteindre le somnambulisme éveillé. Que ne pas retrouver doudou lapin à la fin de la journée peut être plus angoissant qu’une réunion avec son boss. Que l’on peut souhaiter ardemment envoyer son enfant sur la lune pour cinq minutes de paix, et pourtant ressentir un manque cruel dès qu’il s’en va. Que même adulte les devoirs c’est toujours aussi nul, qu’une mauvaise blague reste toujours aussi mauvaise après avoir été entendue 50 fois et que la surdité sélective n’est pas un mythe. Mais j’ai aussi appris en même temps que mon petit garçon. À tomber et à me relever, à partager et à donner vraiment. À être frustrée, pardonner et être fiable. Tout ce que je pensais déjà savoir, à tort. Sans enjoliver, sans idéaliser ou prétendre que la route de parent n’est pas brinquebalante, semée d’embûches voir parfois chaotique, je n’ai pas vieilli (aucune mauvaise foi) durant ces six dernières années et demi à ses côtés mais je peux par contre dire aujourd’hui que je suis fière de la personne qu’il a fait de moi.

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Il m’a appris à être moins égocentrique

Je pensais être quelqu’un de plutôt altruiste, focalisée sur les autres, toujours à écouter – et compatir – aux soucis de mes proches. Mais j’étais tout aussi prompte à prendre pour moi la moindre remarque qui m’était faite, à considérer comme une affaire personnelle toute rebuffade ou avis négatif et à me vexer face à une blague potache ou une pique. Je pouvais pleurer des heures en croyant qu’on ne m’aimait pas ou en me demandant ce qui clochait chez moi. Puis je me suis retrouvée face à un petit être aussi impatient qu’innocent, qui n’avait que faire de mes dramas intimes. Qui adorait sauter dans les flaques de boue et courir sous la pluie en se fichant bien que mes cheveux risquent de frisotter. Et qui m’a appris à apprécier le je-m’en-foutisme et le lâcher-prise.

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À prendre le temps

Combien de fois ne me suis-je pas couchée avec la boule au ventre de l’avoir pressé. D’avoir dû lui demander de courir, de se dépêcher. Lui avoir dit que je n’avais pas le temps, pas le courage. Pas l’énergie. Mon fils m’a appris que tout est une question de regard. Qu’il n’est écrit nul par que finir un dossier est plus important que jouer. Qu’on a le devoir de dépenser toute son énergie pour ranger ou nettoyer, quitte à ne plus en avoir pour rire. Je n’y arrive pas toujours, à laisser une petite place au chaos en échange d’un moment de câlins ou d’histoire. Je n’y arriverais pas forcément même avec tous mes efforts. J’apprends à ne pas me blâmer mais aussi à faire des concessions là où je lui en demande. Comme dans un couple où l’un promet de ne pas voler toute la couette si l’autre ne laisse pas toujours traîner ses chaussettes. Je te troque un peu de sérieux contre une dose de légèreté.

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À découvrir ma force intérieure

Il est mon impossibilité à me laisser abattre. Même quand le pire arrive. Je me revois encore, à la mort de mon grand-père, le cœur littéralement brisé et riant en regardant ma miniature de six mois, faisant des bulles dans son bain et éclaboussant tout. Pas pour feinter ou cacher ma peine, mais parce qu’aucune obscurité ne gagnera jamais contre lui. Dans les moments de doute, après une dispute qui laisse un goût amer, face au stress qui étreint ou à l’angoisse du confinement, il m’a prouvé à chaque fois que j’avais tout en moi pour me relever, quelle que soit l’épreuve. Tant que sa petite main rattraperait la mienne.

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À laisser de côté le superflu

Tant pis. Un mot qui n’est de base pas dans mon vocabulaire mais que j’ai dû apprendre à prononcer et surtout à accepter. Tant pis pour la vaisselle qui traîne, tant pis pour le linge qui s’accumule. Tant pis si j’ai des cernes. Tant pis si je manque de patience, si je ne suis pas toujours drôle, ou efficace ou en forme. Tant pis si je le laisse regarder la télé un peu plus longtemps que d’ordinaire. Si j’accepte qu’il grignote dans son bain ou reste en pyjama deux jours. Tant pis si les autres ne sont pas convaincus par mes méthodes ou si parfois je sais que j’aurais pu mieux faire. Je serai là demain, au réveil, prête à colorier, ou à jouer aux billes. Prête à le rassurer ou à lui faire une tartine au chocolat. Prête aussi à commettre des erreurs et à faire un petit pas de plus pour chérir l’imperfection.

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Mais à me tracasser des petites choses

Quand est-ce qu’on cesse d’accorder de l’importance à un papier qui se déchire ou à une perle perdue? Et de considérer un joli caillou comme un trésor? Je pensais avoir gardé une part de mon âme de petite fille, jusqu’à ce que je souffle en voyant mon fils faire collection de tout ce qui existe ou presque et qui devrait logiquement finir dans une poubelle pour les grands que nous sommes. Alors j’essaye de jouer à voir le monde par ses yeux. J’essaye de me rappeler le plaisir que j’avais à faire des formes avec l’emballage d’un Babybel ou à ramasser un bout de corde dans la cour de récré. À ne pas oublier qu’une petite personne n’a pas de petits problèmes, mais des soucis à sa mesure.

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À avoir peur

“Allez essaye, n’aie pas peur.” “Monte sur ce toboggan, tu verras, il n’y a rien à craindre”. “Le noir, ce n’est qu’une absence de lumière, il n’y a pas à t’en faire”. C’est sans doute la découverte la plus contradictoire quand on a des enfants. Le temps qu’on passe à leur dire de ne pas avoir peur et dans le même coup à angoisser pour eux. À craindre qu’ils ne soient tristes, n’aient pas d’amis, souffrent, se sentent seuls. Et pourtant on leur demande d’être forts, d’aller plus loin pour apprendre, de mettre de côtés leurs inquiétudes, parce que c’est ça grandir. Sauf que grandir ne fait que modifier les peur, pas les annihiler. Alors j’apprends à lui donner le droit d’avoir peur. Et à me le donner aussi. Parce qu’il n’y a pas de honte à craindre les monstres, pas plus qu’il n’y en a à le voir partir à vélo avec une boule au ventre. Et que c’est en les affrontant ensemble, qu’on arrivera à les dépasser.

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