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Même enceinte

Pendant sa grossesse, Vanessa a tout fait pour ne pas prendre 1 gramme. Quitte à mettre en danger la vie de son bébé. Suivez nos conseils pour une grossesse épanouie…

« Le trouble alimentaire dont souffre Vanessa répond à la peur obsessive de prendre du poids pendant la grossesse. En contrôlant constamment son alimentation, la femme enceinte met en danger le développement du fœtus. Son anorexie risque aussi de perturber l’accouchement et la récupération après la naissance. S’il n’est bien sûr pas interdit de se soucier de son poids pendant une grossesse, cela ne doit jamais se faire au détriment de la santé du bébé. » Jan Norré, psychologue

Vanessa, 25 ans, est en couple depuis 5 ans. Elle est maman d’un bébé de 8 mois.

« Si je pouvais, je gommerais d’un coup tous mes soucis, mon combat contre les kilos et mon obssession de la nourriture. Malheureusement, ce n’est pas aussi simple que ça. Je n’ai pas eu une jeunesse facile. A l’école, on se moquait de moi. A la maison, mon père nous frappait souvent, mon frère et moi. Du coup, en classe, je cravachais pour obtenir de bons résultats. J’étais mal dans ma peau et dans ma tête. »

Enceinte!

« J’avais vraiment très envie d’un bébé mais j’étais convaincue que c’était impossible. Compte tenu de mon anorexie, je n’étais plus réglée depuis plusieurs mois. Après un an, j’ai commencé à perdre espoir. Puis, un jour, le miracle a eu lieu: j’étais enceinte! Une fois le premier sentiment d’euphorie passé, j’ai commencé à angoisser à l’idée de devoir manger. Je ne me nourrissais plus, je ne dormais plus et je ne faisais que pleurer. Avant ma grossesse, j’avais un BMI de 17 (les médecins associent ce chiffre à un poids beaucoup trop faible, ndlr). Au petit-déjeuner, je mangeais plus ou moins normalement. Au dîner et au souper, par contre, mon régime se composait exclusivement de fruits. J’étais consciente que si je voulais mettre un bébé bien portant au monde, je devais absolument changer mes habitudes alimentaires. »

Mon alibi: les nausées

« Même si j’ai honte de le dire, je dois avouer que j’ai abusé des nausées de début de grossesse pour éviter de prendre du poids. Quand je mangeais avec quelqu’un, je me nourrissais normalement et en grande quantité. Puis, je me faisais vomir. Chaque fois que j’allais aux toilettes, j’avais vraiment honte. Seule une mauvaise mère peut maltraiter son bébé de cette manière. J’aurais tant voulu lui permettre de grandir dans de bonnes conditions mais, psychologiquement, je ne tenais pas la distance. J’avais envie de mourir, je pleurais constamment et j’étais encore plus obsédée par ce que je mangeais qu’avant ma grossesse. Je prenais des laxatifs et des produits dépuratifs et je passais ma vie sur la balance. J’avais faim en permanence. A 5 mois de grossesse, j’avais perdu 7 kilos. J’étais devenue pire qu’un zombie. Le simple fait d’ouvrir une bouteille d’eau me demandait un effort surhumain. Comme je mourrais de faim en permanence, il m’arrivait de dévaliser l’armoire de la cuisine. Après ces crises de boulimie, j’évitais de me faire vomir en me disant que c’était toujours ça de pris pour le bébé. »

Tu es une meurtrière!

« Lors d’une visite chez le gynécologue, il m’a expliqué que mon bébé était en danger. Comme je ne disposais plus de suffisamment de réserves dans lesquelles il pouvait puiser, il courait le risque d’être dénutri. Cet avertissement m’a fait réagir. Dès cet instant, j’ai décidé de ne plus prêter attention à cette petite voix au fond de moi qui me poussait à ne pas manger. J’engloutissais du chocolat, des bonbons, des frites… Je faisais tout ça pour le bien de mon enfant mais, au fond de moi, j’étais très malheureuse. Je ne me faisais plus vomir et je ne n’avalais plus de cachets mais je ne prenais pas un gramme pour autant. Je me détestais. Le pire, c’est que personne ne voyait que j’étais enceinte. Ma belle-famille et certains de mes amis me traitaient même de meurtière et d’égoïste.

J’ai accouché à 8 mois de grossesse. Je sais que c’est difficile à croire mais mon fils était en parfaite santé. Après quelques jours en couveuse, j’ai même pu le ramener avec moi à la maison. Je l’ai aimé dès la première seconde. Je suis donc heureuse de m’être forcée à manger pour lui. Le problème, aujourd’hui, c’est moi: mon BMI est tombé à 14 et je me sens très faible. Récemment, une amie m’a demandé pourquoi je n’avais pas attendu d’être totalement guérie avant de décider de faire un enfant. Je ne sais pas si ça aurait vraiment fait une différence et, surtout, si c’est ce que je veux. Pendant une courte période, j’ai cru que j’étais sur la bonne voie. Puis, durant les premières semaines qui ont suivi l’accouchement, l’angoisse de la balance a repris le dessus. Je culpabilise tellement que j’inonde mon bébé d’amour. Chaque jour, je fais l’impossible pour manger un peu plus que la veille. Je veux que mon fils soit fier de sa maman.

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