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FAUT QU’ON REGARDE: « The Hate U Give », le film poignant qui dénonce les crimes raciaux

Starr, 16 ans, est l’unique témoin du meurtre de son ami d’enfance, Khalil. Lors d’un banal contrôle routier, l’ado se fait abattre injustement par un officier de police blanc qui le pensait armé… alors qu’il tenait une brosse à cheveux en mains.

On croit qu’un drame peut changer les choses. Sauf que Khalil n’est pas le premier et ne sera pas le dernier afro-américain à perdre la vie, en vain, suite à une erreur policière. Des exemples comme le sien, il y en a des dizaines.

Inspiré du best-seller d’Angie Thomas, « The Hate U Give » fait référence au groupe de Tupac Shakur, qui dans les années ’90, se battait déjà pour l’égalité raciale.

L’expression « Thug Life » est encore trop souvent utilisée à mauvais escient sur les réseaux sociaux. On pense qu’elle qualifie un comportement « badass » alors qu’elle signifie véritablement « The Hate U Give Little Infants Fucks Everybody », qu’on traduirait par « La haine que vous inculquez à vos enfants finit par tous nous niquer ».

>>> Voir la bande annonce

Le film dresse le portrait de ces gamins, qui grandissent dans des milieux défavorisés et dangereux, qui se mettent à dealer parce que c’est leur seul moyen de s’en sortir financièrement, qui tiennent une arme dès leur plus jeune âge. On ne tombe pas dans le misérabilisme pour autant et on évite de tomber dans les clichés faciles.

Si elle vit au ghetto, Starr, qui est soutenue par un socle familial fort, va à l’école dans un quartier blanc, moins violent que le sien, où elle est confrontée à un racisme (parfois déguisé) quotidien. Mais attention, le réalisateur, George Tillman Jr., fait preuve d’une grande intelligence en évitant de nous raconter les choses de façon simpliste. Sa vision des choses n’est pas binaire. Il ne s’agit pas d’un affrontement entre  » ces gentils noirs défavorisés » vs. « ces méchants blancs friqués ».

Un sujet d’actualité brûlant

La vie de Starr bascule lorsqu’elle assiste au meurtre de Khalil, son ami d’enfance, tué injustement par les balles d’un policier blanc, qui plutôt que de lui demander ce qu’il tenait dans ses mains (une brosse à cheveux), a préféré tirer. « Et si c’était un blanc en costume, au volant d’une grosse Mercedes, tu aurais tiré? », demande Starr à son oncle, un policier noir. « Non », lui répond-t-il. « Je lui aurais demandé de mettre les mains en l’air. » Les mots sont justes, durs, mais suscitent les bonnes réflexions.

Face à la pression de sa communauté, Starr, seule témoin du meurtre de Khalil, décide qu’il est temps de se battre, de parler. Mais, quels risques encoure-t-elle?

Son combat servira-t-il? Peut-être pas… Mais, ce récit touchant, révoltant et surtout profondément humain, nous prouve que le poids des mots, que la force de ces voix qui crient à l’unisson, résonnent plus fort que le bruit des armes.

Au final, on retiendra qu’il faut faire preuve de courage pour se faire entendre, pour défendre ce qui nous paraît juste, quitte à ne pas toujours obtenir gain de cause. Parce que, parfois, la bataille est aussi importante que la finalité.

Si l’ambition de ce long-métrage est avant tout de dénoncer l’escalade du racisme et la multitude de crimes raciaux aux Etats-Unis, le sous-texte nous bouleverse lui aussi. Car « The Hate U Give  » aborde aussi des thèmes comme le pardon et l’acception de soi.

Ce qu’on a aimé?

La tension, ces scènes, toujours justifiées qui, tantôt nous font sortir de nos gonds, tantôt nous font pleurer. La bande originale et le casting (Amandla Stenberg, K.J. Apa – pour les fans de « Riverdale »-) qui parviennent à décupler la puissance émotionnelle de ce long-métrage qui transpire la vérité.

Assurément notre premier coup de coeur cinématographique de 2019!

En salles le 23/1.

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