Home Culture Cinéma “30 ans sinon rien” est la meilleure rom com du monde, sinon...

“30 ans sinon rien” est la meilleure rom com du monde, sinon rien

13 GOING ON 30, Jennifer Garner, Mark Ruffalo, 2004, (c) Columbia/courtesy Everett Collection

Ça semble aussi invraisemblable qu’une ado qui se réveille dans le corps d’une trentenaire, et pourtant: “30 ans sinon rien” a 15 ans. Et pas une ride: malgré les années, le film reste incontestablement la meilleure comédie romantique de tous les temps.

Le scénario de ce bijou, pour celles qui ne l’auraient pas encore vu ou auraient besoin de se rafraîchir la mémoire: “Jenna Rink est une adolescente de 13 ans en pleine crise. Elle souhaite intégrer les Six Miss, le groupe de filles les plus populaires du collège, même si cela doit la forcer à s’écarter de son meilleur ami, Matt Flamhaff. Lucy, dite Tam Tam, chef des Six Miss, une vraie peste, profite de Jenna et de sa naïveté : elle lui joue un sale tour le jour de son 13e anniversaire. Jenna fait alors le souhait de devenir « une femme de 30 ans, sexy et épanouie ». Contre toute attente, son souhait se réalise, et Jenna découvre peu à peu sa nouvelle vie dans la peau d’une femme de 30 ans, mais avec le regard d’une fille de 13 ans. Et elle en vient vite à regretter son voeu”.

Fantaisiste? Oui? Fantastique? Et comment! La première qualité indéniable de “30 ans sinon rien”: être une vraie comédie romantique, au sens véritable du terme, soit une “comédie”, qui parvient à nous faire rire, mais aussi très “romantique”, vraiment, sans histoires d’infidélité ou autres antagonismes de la romance.

L’amour, le vrai

Contrairement à d’autres films du genre, “30 ans sinon rien” est en effet “purement” romantique, de manière presque naïve, ce qui est somme toute logique puisque l’héroïne du film est supposée avoir 13 ans. Autrement dit, ici, pas d’histoires tortueuses, où on se prend à prier pour que les héros sortent ensemble, alors même que techniquement, le mec est marié et père de famille et la meuf est névrosée et même pas si sympa que ça. Matt est en couple, et même si on comprend bien que Jenna le bouleverse, il est loyal et fidèle à sa fiancée. Jenna, quant à elle, a beau être folle de Matt, elle se contente de lui faire les yeux doux et de flirter gentiment. La scène du mariage de Matt, quand on croit que Jenna l’a perdu pour toujours, et qu’elle se résigne parce qu’elle ne veut que son bonheur? Coeur.brisé.

Comédie générationnelle

C’est là l’un des talents des scénaristes et des acteurs du film: nous faire passer du rire aux larmes, avec toujours le coeur au bord des lèvres. Le plus beau? Qu’on le regarde aujourd’hui, adulte, et le film est toujours aussi émouvant que quand on l’a vu pour la première fois à l’adolescence. Logique, puisque les thèmes qu’il évoque, de la complexité des relations amoureuses aux affres de l’adolescence en passant par la rivalité au boulot ou en amitié, sont universels. Ado au cinéma, on s’identifiait à Jenna au lycée, à son envie dévorante de devenir populaire, et aux mauvais choix qu’elle faisait parfois pour y arriver. Adulte, on ne comprend que trop bien son personnage quand elle réalise qu’avoir tout ce dont on avait rêvé, ce n’est pas toujours le rêve. Et même si le film s’est pris 15 ans dans les dents, sa bande-son aussi nous plait toujours autant.

Bande-son entêtante

Logique, puisque déjà lors de sa sortie en 2004, il faisait plutôt la part belle aux classiques des 80s qu’aux tubes de l’époque. Déjà “démodées”, ces chansons sont donc restées indémodables, à l’image du jubilant “Love is a Battlefield” de Pat Benatar sur lequel les filles font leur soirée pyjama. Quant à “Why Can’t I” de Liz Phair, s’il a depuis longtemps disparu de la rotation régulière des radios, il suffit qu’on l’entende pour être immédiatement transportées vers la scène parfaite du shooting à Central Park et la tension insoutenable entre Matt et Jenna. Peut-être même que notre inconscient nous fait part d’une folle envie de tenues pastel, hommage à celle que porte Jenna dans le film à ce moment-là, et qui nous semblait tellement adulte et chic à la fois. Logique, puisqu’avec son capital sympathie quasiment infini et sa beauté typée mais accessible, Jennifer Garner incarnait exactement la femme qu’on rêvait de devenir.

Le casting parfait

C’est le génie de l’équipe du film de l’avoir choisie dans le rôle principal, d’autant que grâce aux réseaux sociaux, on sait désormais qu’elle est aussi chaleureuse et tendre dans la vraie vie que dans le film. D’ailleurs, si on sait que le film a 15 ans cette semaine, c’est grâce à elle et à un post émouvant sur son Instagram.

Voir cette publication sur Instagram

Fifteen years ago today #13GoingOn30 made her debut, directed with ❤️ by our beloved Gary Winick ? and a clutch of loving, hardcore producers (3 brilliant women—before it was cool to be led by women!) . The movie benefitted from the performances of so many young actresses. Open and twinkly-magical then— now, 15 years later, they are ruling the world. (Hi #SixChicks—@brielarson, @ashleybenson, @christabrittany—who also played a young me in Ghosts of Girlfriends Past—and my own sweet @revjuliaroth). . I loved my day with this slumber party crew: they danced with abandon and reminded me of the power of just saying yes—to being in a group, to vulnerability, to wearing a bra over your clothes. At the last minute I tossed my adopted LA family member Maddy Sprung-Keyser into the scene. @maddsk went on to be an Academic All American swimmer at Amherst, got her law degree from NYU, and is producing podcasts for @pineapple.fm. Looking back into her adolescence—with the hair and the men not wanting to jump her bones—is extra special today. Imagine if every 13 year old girl had an opportunity to dance and feel beautiful like the girls in this film. I am proud of all of you. ❤️ . I feel so, so lucky to have had the experience of making this joyful movie. And even luckier to be part of something that, all of these years later, can still make people (hi, @arianagrande ?) smile. ?

Une publication partagée par Jennifer Garner (@jennifer.garner) le

Voici le contenu inséré d'un réseau de médias sociaux qui souhaite écrire ou lire des cookies. Vous n'avez pas donné la permission pour cela.
Cliquez ici pour autoriser cela de toute façon

Autre coup de génie? Avoir choisi Matt Ruffalo dans le rôle du héros dont on est toutes tombées amoureuses (et ça fait donc 15 ans que ça dure). Attentionné, loyal, drôle, gentil, mignon mais pas prétentieux, il nous a montré les qualités que devait avoir le mec parfait. Et sa transformation de “Castor” à canon dans le film, pendant que Chris Grandy flétrissait, nous a aussi appris une belle leçon, même si on a parfois eu tendance à l’ignorer.

Leçon de vie

Combien d’entre nous n’ont pas jubilé en réalisant que les “stars” de leurs humanités avaient atteint leur pic à 17 ans pour aller de déceptions en échecs à l’âge adulte? On avait beau avoir ricané dans “30 ans sinon rien” en voyant l’évolution de Chris Grandy vers la fin du film, ça ne nous a pas empêché de vouloir être populaire… Pour se consoler en se disant que de toute façon, on était une Jenna, pas une Tam-Tam. Sans jamais moraliser, le film fait passer une poignée de leçon, du caractère illusoire de la popularité à l’importance de la famille en passant par un rappel nécessaire qu’il ne faut pas juger un livre sur sa couverture… Ou du moins, pas avant d’avoir lu tous les chapitres, la preuve avec la fabuleuse transformation de Matt Flamhaff. “30 ans sinon rien” a 15 ans, ce qui veut dire que Mark Ruffalo, lui, en a 51 ans, ce qui ne l’empêche pas de rester notre crush ultime. Et une excellente raison d’affirmer que oui, “30 ans sinon rien” est la meilleure comédie romantique de l’univers, sinon rien.

Lire aussi: