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© Vivien Ghiron

ON A VU : « ADN », la pièce de théâtre qui donne la parole aux personnes nées de dons de sperme anonymes

Ana Michelot
Ana Michelot Journaliste

En Belgique, 50 000 personnes seraient issues d’une PMA, mais parmi eux combien sont issues d’un don de sperme anonyme ? Comment se construit-on sans savoir qui est son père biologique ? C’est la question que pose la pièce de théâtre « ADN » au Théâtre de la Toison d’Or.

« ADN », un nom singulier pour une pièce pas comme les autres. Dans la forme comme dans le fond, cette pièce de théâtre signée Myriam Leroy à l’écriture et Nathalie Uffner à la mise en scène nous offre un spectacle entre comédie et danse au message puissant. À l’origine de cette pièce de théâtre, on trouve le récit autobiographique de Myriam Leroy qui apprend à 35 ans que celui qu’elle pensait être son père biologique n’est pas son véritable géniteur. Après avoir vu une émission télévisée sur les secrets de famille dans laquelle une femme qui somatisait un secret qu’on lui avait caché en étant constamment malade, recouvrait la santé après la révélation de ce dernier, les parents de Myriam décident de dire la vérité à leurs filles sur leur conception. En effet, Myriam tombe sans arrêt malade, multiplient les problèmes de santé, après cette émission, ses parents se disent que cette annonce pourrait la guérir. 

Voilà comment Myriam apprend qu’elle est une enfant conçue grâce à un don de sperme anonyme, tout comme sa sœur. Après cette nouvelle qui met fin au non-dit qu’elle a toujours sentie sans l’expliquer, elle cesse d’être malade. Après 35 ans de vie, Myriam voit la sienne totalement bouleversée et décide d’en faire une pièce documentaire en récoltant des témoignages de personnes qui sont dans la même situation qu’elle. Journaliste de profession, elle pense d’abord à un reportage, mais ses témoins veulent tous garder l’anonymat, alors, leur donner la parole à travers le théâtre lui semble la meilleure solution. Dans « ADN », quatre comédien·nes sont en scène, Julie Duroison, Sandy Duret, Antoine Cogniaux et Emmanuel Dell’Erba. Tour à tour, ils incarnent différentes personnes ayant appris qu’elles sont nées d’un don de sperme anonyme. On découvre l’annonce, tantôt dure, tantôt très douce, parfois libératrice, mais aussi la réaction de chacun·e, leur manière de vivre après cela. Certains cherchent à retrouver ce père inconnu dont ils viennent d’apprendre l’existence, d’autres préfèrent ne pas connaître son identité, mais tous brisent ce secret qui les a bercé pendant tant d’années et avec lui le tabou qui règne encore dans notre société.

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Le résumé

« Papaoutai. Chez nous, on pense que 50 000 personnes sont nées d’une procréation médicalement assistée. Combien parmi elles sont le fruit d’un don de sperme anonyme ? On ne le sait pas. Les principaux intéressés ignorent souvent tout de leur filiation. Dans cette histoire, le secret est capital. Cette pièce documentaire tente de le lever, en donnant, pour la première fois, la parole aux enfants. Myriam Leroy (prix de la critique 2017 de la meilleure autrice pour Cherche L’amour, autrice de la pièce Les Yeux Rouges) signe ici un texte inédit et puissant sur l’identité, la filiation et ce qui fait qu’on est ce qu’on est. À partir de sa propre histoire, elle délivre un propos universel et poignant hors des sentiers de l’humour que le TTO emprunte habituellement mais où l’on rit souvent, c’est promis. »

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ADN / Crédit : Vivien Ghiron © Vivien Ghiron

Pourquoi on a aimé ?

Parce que comme le promet le synopsis d’ « ADN », on rit, on rit beaucoup même. Pourtant, on ne se l’imaginait pas au vu du sujet complexe qui est abordé, mais les témoignages sont aussi beaux et drôles, que touchants. Cette atmosphère légère est renforcée par des moments musicaux où les comédiens dansent ensemble dans une osmose parfaite. Chaque témoignage est abordé en profondeur, on semble rencontrer chacune de ces personnes à travers les acteurs et actrices qui jouent devant nous. On ressort de la salle en se posant des questions sur l’absence de registres concernant ces naissances issues de dons de sperme anonymes, sur cet anonymat qui est encore admis dans notre pays, mais qui ne l’est plus dans certaines nations et sur le droit de savoir d’où l’on vient. Mais on ressort aussi en ayant appris beaucoup sur le sujet, et surtout sur ce qui fait de chacun qui il est réellement. 

« ADN », 1h20, jouée au Théâtre de la Toison d’Or à Ixelles, jusqu’au 22 octobre, le mercredi à 19h30 et du jeudi au samedi à 20h30. Plus d’informations sur le site du théâtre.

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