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© Arthur Delloye

INTERVIEW: Pascal Obispo revient sur l’album de Vincent Niclo

Pascal Obispo, un symbole de la chanson française s'est fait très discret ces dernières années. Mais il revient, caché derrière l'incroyable voix de Vincent Niclo. Et on a rencontré ce monsieur que vous connaissez bien plus que vous ne le pensez.

Vous êtes d'abord un ténor, avec une formation classique. Là on vous retrouve sur un album écrit par Pascal Obispo. Ca change!

C'est vrai que j'aime bien évoluer dans différents styles musicaux, comme avec cet album très pop que j'ai réalisé avec Pascal Obispo. L'année dernière, j'ai fait une tournée plus jazz avec Michel Legrand, et en 2012 j'avais été révélé au grand public avec les Choeurs de l'Armée Rouge. J'ai vraiment eu la chance de collaborer avec pas mal de grosses stars, et j'ai la chance de travailler avec des gens qui me font rêver!

 

 

On reconnaît très vite la griffe de Pascal Obispo dans votre album. C'est volontaire?

Bien sûr! Et c'était un pari, puisqu'on a tous les deux pris un risque. On aurait très bien pu se ramasser au niveau du public. Heureusement, on a été récompensés jusqu'ici. L'essentiel pour nous, c'était de ne pas nous mentir l'un à l'autre.

On a tout fait pour que ça ressemble à du Obispo et que moi je ne perde pas mon ADN, c'est-à-dire ma voix.

Il m'a fait chanter différemment dans certains passages, mais j'ai quand même besoin d'envoyer en puissance. Et finalement, le mariage entre nos deux univers assez forts s'est bien passé. On a réussi à ne pas se trahir, ni l'un, ni l'autre. C'est un album qui nous ressemble.

 

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Comment s'est passée votre rencontre?

Personnellement, je ne l'avais jamais cotoyé avant. Il avait écrit une chanson sur mon précédent album, mais ça s'était arrêté là. Puis on s'est revus sur des plateaux télé et il m'a demandé "Et quoi? Quand est-ce qu'on retravaille tous les deux? Quand est-ce que je te fais l'album?" Et moi, j'en rêvais secrètement. Surtout qu'avant, il avait déjà travaillé avec de grosses références comme Zazie, Halliday, Florent Pagny, … Du coup, tout de suite, je lui ai dit "On y va!" Puis on s'est apprivoisé en studio. On a tous les deux du mal à se livrer auprès des gens qu'on ne connait pas, mais petit à petit on a appris à se décoincer, et aujourd'hui on peut dire qu'on est amis.

 

 

Comme de vrais bons potes?

Oh oui, oui! Encore là, j'ai chanté pour lui à Bercy, il m'a écrit quand il était en vacances, etc. Il est très touchant et très bienveillant avec moi. Il se tient fort au courant de mon actualité, de l'avancement de ma tournée.

 

 

Certaines des chansons de l'album sont très personnelles. Comment s'est passée l'écriture?

A priori, je suis très pudique, mais Pascal m'a un peu secoué en me disant qu'à partir d'un moment, lui et lionel Florence (le compositeur) avaient besoin de me connaître un peu plus. Il m'a dit :

On veut bien t'écrire un album sur mesure, mais il faut que tu te livres un peu plus! On a besoin de te découvrir.

Alors, même si je n'aime pas exposer des choses personnelles au grand public, j'ai compris que certaines histoires étaient digérées. Ce sont des douleurs que j'avais pris le temps de comprendre, donc j'étais devenu capable d'en parler. Du coup je me suis dit qu'en racontant mes blessures que j'ai finalement réussi à transformer en choses très positives, j'allais peut-être aider d'autres personnes.

 

 

Le single "Je ne sais pas" est très puissant dans la confidence d'ailleurs?

On a choisi de sortir ce morceau parce que ça parle d'un garçon qui tombe amoureux et qui est gauche. Il ne sait pas quoi dire, c'est un choc! Quand t'es vraiment amoureux, t'es maladroit. Alors ça peut être très charmant ou parfois carrément rédibitoire. J'ai voulu parler de ça. Puis, plus profondément dans l'album, j'ai voulu parler des relations plus compliquées, avec la famille, la perte d'un ami, et l'idée qu'on se fait de soi aussi.

 

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On est moins pudique quand on chante que quand on parle?

Disons que c'est plus facile pour moi de le chanter. Mais j'aime aussi que les gens ne sachent pas tout à fait si je parle de moi ou si je raconte une histoire. J'aime bien garder ce mystère-là.

 

 

Vous êtes en tournée pour l'instant et vous serez bientôt en Belgique. À quoi est-ce qu'on peut s'attendre avec ce nouvel album?

Je raconte tout simplement, en musique, tout ce qui m'est arrivé ces dernières années. Le fil conducteur, c'est la musique que j'ai faite, les différents répertoires. Donc on va trouver de l'Opéra Rouge avec les Choeurs de l'Armée Rouge, on va trouver du Serge Lama, du Obispo, un hommage à Michel Legrand, mais il y aura aussi des surprises, des choses que j'ai reprises pour la télévision et qui ont bien marché, des chansons que je n'avais jamais chantées auparavant. Tout ça va être repris dans des tableaux, avec 7 musiciens. Du coup, on va naviguer d'un univers à un autre et je pense que ça va être très sympa tellement c'est riche en musique et en répertoires. Moi j'ai vraiment hâte!

 

 

L'album "5.0." de Vincent Niclo sera présenté lors de son passage en Belgique le 23/02, au Cirque Royal de Bruxelles, et le 14/12 au Forum de Liège.

 

 

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