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Il m’a trompée quand j’étais enceinte

Porter la vie et profiter de chaque jour qui passe en pensant à un futur rempli d’amour et de bonheur… Puis soudain, apprendre que votre compagnon, le père de votre enfant à venir, vous a trompée. C’est ce qu’a vécu Wendy, 34 ans. Elle ne s’en est toujours pas totalement remise.

« Nous avions fait connaissance via un site de rencontres, il y a 11 ans. J’en avais 23 à l’époque, et lui était un peu plus âgé que moi. Entre nous, l’étincelle a été immédiate. J’ai rapidement emménagé chez lui. Huit mois plus tard, on a dû me retirer un de mes ovaires. On savait qu’il nous serait dès lors plus compliqué d’avoir un enfant. On a donc décidé de ne pas perdre de temps pour fonder une famille, dès que je serais remise de l’opération. Nous étions fous amoureux l’un de l’autre, même si nous avions naturellement des désaccord. Il aimait aller boire un verre après le boulot, restait toujours plus tard que ce qu’il m’avait promis, et cela engendrait souvent des disputes entre nous. Mais quel couple n’en connait pas? Le jour de mon anniversaire, j’ai fait un test de grossesse. Positif! J’étais aux anges, et le futur papa aussi.

Aucune raison de me méfier

Ma grossesse s’est merveilleusement déroulée. Aucune douleur, aucune nausée, une libido au top jusqu’au dernier jour. Tout était parfait. Nous avions même parlé mariage… Par contre, il continuait à aller dans les bars et à boire trop d’alcool, ce qui restait un motif de disputes, la faille de notre relation. Mais je n’avais aucune raison de ne pas lui faire confiance. À chaque fois qu’il rentrait, il me promettait qu’il changerait une fois que le bébé serait là.

Un jour, il est entré dans le salon en disant qu’on devait parler. Je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait. C’est là qu’il m’a annoncé qu’il avait rencontré quelqu’un. Je tombais des nues. »

J’étais tellement dégoûtée, j’avais des envies de meurtre. Je l’ai fichu dehors en hurlant et en l’insultant. Mes parents se sont séparés lorsque j’étais petite. Je m’étais toujours promis de ne jamais élever mes enfants dans une famille déchirée. Et je m’étais encore moins imaginée en mère célibataire. C’est pourquoi j’ai tout fait pour sauver notre couple. Après son aveu, pendant deux mois, j’ai tenté par tous les moyens de le récupérer. On continuait même à faire l’amour. Je ruminais, cherchant où j’avais mal agi, et chaque soir, je m’endormais en pleurant, avec cette question en tête: pourquoi? On avait fait réviser l’emprunt de sa maison, on voulait y faire des transformations, payer à deux par la suite… Je ne comprenais plus rien. Jusqu’à ce que des amis m’avouent qu’en fait, contrairement à ce qu’il m’avait affirmé, il me trompait depuis bien avant qu’il m’en parle.

Idées noires

La coupe était pleine. Devoir trouver un autre logement et déménager tout en étant enceinte, c’était très dur. D’autant qu’au quatrième mois de grossesse, j’avais en plus perdu mon job. Nous avons alors convenu de continuer à vivre sous le même toit jusqu’à l’accouchement. Mais je n’attendais plus avec la même impatience la naissance de mon fils. Jour après jour, je sentais que je m’enfonçais de plus en plus dans la dépression.

C’est horrible, mais j’étais tellement au fond du trou qu’à certains moments, j’ai même pensé que cela ne m’aurait pas dérangée qu’il arrive quelque chose au bébé. Ou que je perde le contrôle de mon véhicule et que je fonce contre un arbre. J’avais perdu toute estime de moi-même. »

Heureusement, des amis ont pris soin de moi et j’ai pu compter sur ma maman. Tous les préparatifs avant l’arrivée du bébé, comme le choix du prénom, le faire-part, les dragées, je les ai faits seule. Il ne montrait aucun intérêt de toute façon, je n’ai donc voulu l’impliquer dans rien. Le jour de l’accouchement, il est venu à l’hôpital, mais comme on s’est rapidement disputés, l’infirmière l’a fait sortir de la salle de travail. J’ai mis mon fils au monde avec seulement ma maman à mes côtés. Sous la pression de mon ex, qui voulait pouvoir profiter du congé de paternité pour partir en vacances avec sa nouvelle copine, je l’ai fait ajouter par après en tant que papa sur l’acte de naissance. Mais j’ai insisté pour que mon fils garde mon nom de famille.

Sauver les apparences

Je n’ai jamais dû autant sauver les apparences que dans les jours qui ont suivi mon accouchement. Tout le monde s’attendait à ce que je sois folle de joie, alors j’ai pris sur moi. Mais à l’intérieur, j’étais anéantie par le chagrin. Quand mon fils a eu 5 semaines, j’ai déménagé avec lui dans un petit appartement. Durant trois mois, je n’ai eu aucune nouvelle de son père. Jusqu’au jour où il s’est présenté devant ma porte, car il voulait voir son fils. Nous avons conclu un accord: notre fils irait chez son père de façon régulière. Mais mon ex ne respectait jamais cet engagement. Avant que notre petit garçon n’ait 4 ans et que je lance une procédure judiciaire, son père n’a jamais dépensé un centime pour lui. Aujourd’hui, neuf ans se sont écoulés. J’ai la garde parentale exclusive et mon fils n’a presque aucun contact avec son papa depuis cinq ans. Il en a beaucoup souffert. Il a même dû aller chez un pédopsychologue. Quant à moi, je ne pourrai jamais réparer mon estime de moi, avec tout ce qui s’est passé. J’ai encore un manque de confiance et je doute de chaque décision que je prends. Ces dernières années, j’ai essayé à deux reprises de construire une nouvelle vie avec un homme. Mais avec tout ce que j’ai vécu, ça ne fonctionne jamais. Mais mon plus grand bonheur reste mon fils. Ensemble, nous sommes invincibles, ça me permet d’avancer chaque jour. »

Texte: Jill De Bondt et Emilie Van de Poel. Photos: Leen Van den Meutter.

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