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Une maman écrit une lettre aux 250 infirmiers qui se sont occupés de sa fille malade

Laurane Wattecamps

Sophie avait deux ans quand on lui a diagnostiqué un lymphome. Elle venait de faire un arrêt respiratoire chez elle. Emmenée d’urgence à l’hôpital, elle a subi de nombreuses interventions pour faire partir une énorme tumeur de sa poitrine. Chacun de ses rendez-vous à l’hôpital s’est fait en compagnie de nombreux infirmiers. « 250 » estime Shelby Skiles, la maman de Sophie. À travers une lettre poignante, celle-ci a tenu à les remercier un par un.

Chers infirmiers pédiatriques (et vous les incroyables aides-soignants!) »


Je vous vois. Je suis assise sur ce canapé toute la journée, et je vous vois. Vous essayez tellement de ne pas vous faire remarquer par moi, ou par ma fille. Je vois votre embarras quand elle vous voit et qu’elle pleure. Vous essayez de tellement de façons d’apaiser ses peurs et de gagner sa confiance. Je vous vois hésiter entre lui mettre des pansements et les lui retirer. Vous dites ‘il n’y a pas de mal’ et ‘je suis désolé(e)’ plus de fois en un jour que la plupart des gens vous disent ‘merci’.


Je vois tous ces bracelets de caoutchouc à vos bras ou enroulés autour de votre stéthoscope, chacun d’entre eux pour un enfant sur lequel vous avez veillé, et que vous avez aimé. Je vous vois porter des brassées de médicaments ou de fournitures dans la chambre d’un enfant, tout ça pendant que votre téléphone sonne dans votre poche, appelé depuis cette chambre ou d’une autre. Je vous vois enfiler vos gants et mettre votre masque en essayant de faire le moins de bruit possible la nuit. Je vous vois trier des tas de perles pour que vous puissiez les donner à vos patientes, pour qu’elles les ajoutent à leur collier qui s’accroît sans cesse. Je vous vois caresser sa petite tête chauve, et serrer ses couvertures tout autour d’elle. Je vous vois étreindre la mère en pleurs, qui a reçu de mauvaises nouvelles. Je vous vois essayer de faire vos transmissions sur votre ordinateur, tout en tenant dans vos bras le bébé dont la mère est absente. 

Vous mettez de côté ce qui se passe dans votre vie pour 12 heures d’affilée pour vous occuper d’enfants gravement malades, ou parfois mourants. Vous entrez dans chaque chambre avec le sourire, peu importe ce qu’il s’y passe. Vous voyez le prénom de Sophie inscrit sur les emplois du temps, et vous allez vérifier auprès de nous que tout va bien même si elle n’est pas votre patiente. Vous appelez le médecin, la banque du sang, la pharmacie, autant de fois qu’il est nécessaire pour que ma fille reçoive à temps ce dont elle a besoin.

Vous vérifiez si je vais bien autant de fois que vous vérifiez si elle va bien.


Vous vous asseyez et vous m’écoutez radoter pendant dix minutes quand bien même votre téléphone sonne et que votre liste de choses à faire est longue de plus d’un kilomètre. 

Je vous vois utiliser votre téléphone comme d’un modèle pour dessiner un parfait personnage de dessin animé à la fenêtre du nouveau venu. Je vous vois applaudir avec tellement d’enthousiasme l’enfant qui fait le tour du bureau des infirmiers. Je vous vois avec ce pistolet Nerf vous cacher de l’enfant qui vous attend au tournant. Je vous vois tenir ces petites mains, changer les draps sales, traduire le langage médical auprès des parents, et essuyer vos yeux au sortir d’une chambre particulièrement compliquée. Je vous vois enfiler vos gants, votre masque, votre blouse, et marquer une pause devant la poche à perfusion pour la chimio de ma fille. 

Je vous vois. Nous tous, nous vous voyons. Aucune quantité de corbeilles de gâteaux ou cartes ne peuvent entièrement exprimer à quel point vous êtes appréciés. Vous êtes Jésus pour nous, chaque jour. Nos enfants ne pourraient obtenir ce dont ils ont besoin sans vous. Des mères comme moi ne se sentiraient lucides ou écoutées sans vous. Vous sauvez nos bébés, et nous ne pourrions le faire sans vous. 

Avec tout mon amour,

Une mère qui voit tout ce que vous faites et vous aime chèrement pour cela. »

Un merci au monde entier


Partagé des milliers de fois sur Facebook, son post a fait le tour du web, touchant de nombreux infirmiers dispersés au quatre coins du monde. Au Huffington Post, la maman a expliqué ses motivations à partager tant de moments sur le réseau social: « Peut-être que cela motivera quelqu’un à aller en école d’infirmiers, ou encouragera d’autres à juste être aimables les uns avec les autres […] J’ai promis à ceux qui suivent Sophie sur Facebook depuis le premier jour que je serai honnête sur le moindre aspect de ses épreuves, que ce soit formidable ou dévastateur, et cette liste était une part ce quelques moments bruts dans mon cœur que j’avais décidé de coucher par écrit. »

 

Dear Peds Nurses,(And incredible nurse techs!)I see you. I sit on this couch all day long and, I see you. You try so…

Posted by Sophie The Brave on Tuesday, October 3, 2017


 

Le combat de Sophie vers la guérison n’est pas encore terminé. Mais la petite fille courageuse et sa famille ne sont pas prêts à baisser les bras.

 

D’autres mots forts:

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