Home Psycho & Sexo Témoignage: « J’ai eu un cancer alors que j’étais enceinte »

Témoignage: « J’ai eu un cancer alors que j’étais enceinte »

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Elise, 33 ans, a découvert qu'elle était enceinte juste après qu’on ait diagnostiqué son cancer. Et si elle est aujourd'hui l'heureuse maman d'une petite fille, elle continue à vivre au rythme de la maladie.

"Cela faisait un an et demi que Jérôme et moi essayions d’avoir un bébé par FIV. Notre troisième tentative s’était terminée par une fausse couche; la quatrième s’était avérée être une grossesse extra-utérine… Nous avons cependant décidé d'en tenter une cinquième. Lors de l’entretien avec le gynécologue, je lui ai demandé d'examiner mes seins. Cela faisait un certain temps que je sentais un nodule et il me semblait qu’il grossissait.

Le choc du diagnostic

Le jour même, j'ai subi plusieurs examens et j’ai appris l’horrible nouvelle: à 31 ans, j'avais un cancer du sein. Dans mon entourage, personne ne voulait le croire. J’étais si jeune encore, ce n’était pas possible… Mais moi, j’ai immédiatement su que c’était sérieux. Ma mère avait eu un cancer du sein deux ans plus tôt et ma tante avait dû se battre contre cette maladie quelques années auparavant. C’était clairement dans nos gènes. J’ai dû attendre deux semaines, le temps que les médecins examinent tous les tests et décident du traitement que je devrais subir. Et puis le verdict est tombé: je devais subir une mastectomie (ablation du sein) le plus vite possible. Le sol s’est dérobé sous mes pieds…

Un bébé miracle

J'ai dû immédiatement interrompre ma cinquième tentative de fécondation in vitro: il n’était plus question pour moi d’avoir un bébé. Comme ma mère était infirmière et avait travaillé avec mon gynécologue, elle a pu assister à mon opération. Pendant l’intervention, elle a demandé s'il était normal que j'aie déjà deux semaines de retard de règles… Le gynécologue a immédiatement compris à quoi elle pensait. Il a contacté le laboratoire pour effectuer un test sanguin. Deux jours plus tard , il est venu m’annoncer l’incroyable nouvelle: entre deux tentatives de FIV, j’étais miraculeusement tombée enceinte, de façon naturelle.

Complètement perdue

Pendant un moment, nous n’avons plus su que penser, Jérôme et moi: nous étions envahis par des sentiments complètement contradictoires. D'un côté, il y avait l'anxiété et la tristesse causées par ce cancer contre lequel je devais me battre. De l’autre, le bonheur provoqué par cette grossesse tout à fait inattendue… Personnellement, je n’ai pas cru, au début, que notre bébé aurait une chance de survivre.

Mais le gynécologue a été très clair: si nous le souhaitions, on pouvait sauver le bébé. Et il nous a aussitôt expliqué en détail la façon dont on pourrait traiter le cancer pendant ma grossesse.

Bouleversée… mais tellement heureuse!

Ces nouvelles nous ont fait l’effet d’une bombe. Tout cela était tellement confus… Et pourtant, je me sentais vraiment heureuse à l’idée de ce bébé qui grandissait dans mon ventre! Nos parents ont eux aussi été bouleversés quand nous leur avons appris la nouvelle, mais ils nous ont soutenus inconditionnellement dès le premier jour. L'oncologue nous a laissé le choix d’interrompre ou non la grossesse. Jérôme se faisait énormément de souci pour moi et estimait que dans tous les cas, je devais passer en premier lieu. J'étais d'accord, mais ma décision était prise… Je voulais poursuivre ma grossesse. On a donc attendu que je sois enceinte de douze semaines pour commencer la chimio: ce délai n’était pas idéal, mais si on avait commencé le traitement avant, le fœtus n’aurait pas survécu.

Une course contre la montre

À dix semaines de grossesse, j’ai tout à coup eu beaucoup de problèmes au dos. Les médecins pensaient que je souffrais d’un lumbago et ils m’ont prescrit le repos à plat. Mais lors d'une IRM, deux semaines plus tard, ils ont découvert que le cancer avait atteint ma colonne vertébrale. Je ne pouvais plus attendre davantage pour entamer la chimio. Heureusement, entretemps, j'étais arrivée à douze semaines de grossesse. Le gynécologue m’a prévenue que ce serait une expérience très douloureuse pour moi. Cela m'était égal. La seule chose que je voulais savoir, c’était si j’allais vivre plus longtemps si je décidais de ne pas garder mon enfant. Le gynécologue ne pouvait pas me le garantir. Jérôme s’est de nouveau inquiété pour moi, mais une fois encore, ma décision était prise. La douleur, je pourrais la supporter…

Les cheveux, ça repousse…

Trois jours plus tard, j’ai été admise à l’hôpital pour subir ma première séance de chimiothérapie. À chaque séance, j'avais des nausées pendant vingt-quatre heures et j’étais affreusement malade. Et puis, ça allait mieux et je reprenais le dessus. Toutes les trois semaines, c’était le même scénario… Sans compter les effets secondaires de la chimio: j’ai perdu mes cheveux et j'étais terriblement pâle et malade. Personnellement, je n’y attachais pas d’importance. Ce n’étaient que des cheveux, ils repousseraient… Mais quand je sortais, je voyais bien les regards incrédules que l’on me jetait.

Je portais le foulard d'une patiente atteinte d’un cancer, j’étais pâle, j'avais l'air malade, mais j’avais aussi un ventre de femme enceinte. Pour la plupart des gens, ça semblait inconciliable…

Mon combat contre le cancer était éprouvant; ma grossesse, par contre, se passait le mieux du monde. À chaque échographie, nous avions la confirmation que notre bébé allait bien. Et à chaque fois, cela me donnait du courage… Grâce à la chimiothérapie, mon dos, peu à peu, a été de mieux en mieux. La chimio a eu raison des métastases. Et quand j’ai senti notre bébé bouger pour la première fois après la deuxième séance de chimiothérapie, j’étais aux anges!

Des contractions à 29 semaines

Lors de la chimiothérapie suivante, j’ai commencé à avoir de la fièvre, mais pour nous, c’était plutôt bon signe. La fièvre provoque en effet de la chaleur et les métastases du cancer n’y résistent pas. Mais après ma sixième séance de chimiothérapie, elle a aussi provoqué des contractions. J'étais enceinte de 29 semaines, on m’a donc emmenée d’urgence à l'hôpital où ils ont pu éviter une naissance largement prématurée. Après cette sixième séance de chimiothérapie, j’aurais dû immédiatement prendre des médicaments pour continuer à lutter contre le cancer, mais je ne pouvais pas entamer ce traitement avant la naissance de mon bébé. Mon oncologue et mon gynécologue ont donc décidé de provoquer l’accouchement à 37 semaines.

Prématurée mais en bonne santé

La semaine précédente, le 7 avril, j’ai à nouveau eu des contractions, rapprochées cette fois, je me suis rendue à l'hôpital. Comme le monitoring ne montrait aucun signe de travail, on nous a renvoyés chez nous… Mais le soir même, nous sommes retournés à l'hôpital. Quinze minutes plus tard, j’ai perdu les eaux. Jérôme a immédiatement appelé ma mère afin qu'elle puisse venir à l'hôpital pour assister à l'accouchement. Ensuite, tout a été très vite. J'étais entrée à l'hôpital à 21 h, et cinquante-neuf minutes plus tard, notre petite fille est née, un bébé en parfaite santé de 2,280 kg. Comme elle était arrivée quelques semaines trop tôt, elle a dû rester un moment en couveuse. Pour moi, c’était le paradis sur terre!

Après la naissance, retour à la dure réalité

D'un seul coup, j'avais oublié mes problèmes. Ma fille était la seule chose qui comptait. La première fois que nous nous sommes retrouvés tous les trois restera inoubliable pour Jérôme et moi. Le lendemain de l’accouchement, j'ai immédiatement commencé à prendre les médicaments qui devaient suivre la chimiothérapie. Au début, le traitement semblait donner de bons résultats. Mais quelques semaines plus tard, le médecin a découvert en faisant une scintigraphie osseuse de mon dos que ma colonne vertébrale était atteinte. Et quelques mois plus tard, on a également trouvé des métastases dans le foie et les poumons. Ce jour-là, j’ai à nouveau changé de médicaments. Et maintenant, je les prends encore.

Je ne guérirai probablement jamais de mon cancer, à moins d’un miracle! Et je ne vivrai sans doute pas vieille… Mais je ne veux pas me focaliser là-dessus. Il y a encore quelques traitements que nous pouvons tenter, et je continue à croire en l'évolution de la médecine.

Beaucoup de gens ne comprennent pas que je semble heureuse de vivre… Mais moi je veux, chaque jour, profiter de tous les beaux moments que je peux passer avec ma fille. Et tenter de réaliser un maximum des rêves que nous avons faits ensemble, Jérôme et moi.

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