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© Corbis

Supprimer l’accent circonflexe? On est pour!

Si ces mècieux de l'Académie française pouvè en même tant supprimer les pluriel, les participe passer et les cédilles, ça nous faciliterait grandement la vie! On déconne, bien sûr. Enfin presque.

La rumeur s'est répandue comme une traînée de poudre, jeudi dernier: l'accent circonflexe vivrait ses dernières heures. Les réseaux sociaux s'enflamment, les esprits s'échauffent, tout le monde y va de son avis et chacun prend parti. Fin de matinée, le journal Le Monde rassure (ou déçoit, c'est selon): non, le "petit chapeau" ne va pas disparaître. Enfin pas tout à fait.

 

Du cas par cas

Tout d'abord, il n'est pas interdit mais devient facultatif sur les I et les U. On pourra désormais bruler le diner, se vetir à son gout et trainer tout le mois d'aout, par contre on fera toujours son âge et on continuera à craquer pour les beaux mâles plutôt drôles. Car les Académiciens ont décidé de garder l'accent sur les A et les O. Il faudra bien vous mettre ça dans le crâne. Compliqué? Vous n'avez encore rien vu.

 

Une autre époque...

Histoire d'embrouiller davantage les manuels scolaires et les correcteurs orthographiques, le circonflexe subsistera également sur l'imparfait du subjonctif et le plus-que-parfait du subjonctif... mais uniquement à la 3e personne du singulier. Qu'on eût voulu le laisser choir nous aurait laissés de marbre, tant c'est un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre (sans accent), eux pour qui ce style est on ne peut plus moyenâgeux (avec accent).
Mais qu'ils se rassurent: le passé simple lui aussi conserve son petit chapeau. Vous aimâtes le retournement de l'accent dans "événement" et la suppression du "ette" dans "j'étiquète"? Vous adorerez l'abolition du circonflexe, ce traitre.

 

Les exceptions confirment la règle

Dernière precision: on voit fleurir sur Twitter et Facebook des jeux de mots rigolos, mais complètement hors propos ("Je suis sur ta sœur", "Je me ferais bien un jeune", enzovoort). Là encore, dans les hautes sphères, on a choisi que l'accent reste partout où son éviction prêterait à confusion. Bref, on attendra toujours qu'un ananas soit mûr avant de le manger, et nous aurons encore le droit de réclamer notre dû. Ça demandera certes un peu d'entrainement, mais vous verrez, on s'y fera.

 

Sus aux soulants!

Enfin, à tous ceux qui se posent en djihadistes de l'évolution de la langue française et tentent de tourner en ridicules les nostalgiques de l'époque où les nénufars étaient plus poétiques... À tous ces pourfendeurs de l'indignation, nous n'avons qu'une chose à dire: mêlez-vous de vos ognons.

 

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