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Témoignage: « J’ai voyagé pendant plus d’un an et je vous raconte mon retour en Belgique »

Voyager à travers le monde: Sarah a réalisé ce rêve, en partant un an et demi en Asie et en Australie. Mais comment vit-on le retour après une absence de plusieurs mois? Elle nous explique son retour en Belgique!

“J’avais derrière moi une période assez difficile. Je me remettais à peine d’une lourde opération, je venais de rompre après sept ans de relation, et j’étais en pleine crise d’identité. J’avais besoin de me libérer de l’influence de mes parents, de mes amis et de la société dans laquelle nous vivons, afin de me retrouver et surtout de retrouver le bonheur en étant seule. Je me sentais à la dérive. J’avais envie de tellement de choses, mais pourquoi je désirais tout ça, finalement? Pour moi-même, ou parce que la société et les autres attendaient ça de moi? J’ai pris un congé sabbatique au travail et je suis partie, dans l’espoir de rester loin le plus longtemps possible. J’ai pris l’avion avec une vague idée d’itinéraire en tête, en me laissant guider là où le vent me mènerait. Il y avait tout de même plusieurs endroits où je voulais aller: visiter des amis au Cambodge, passer par la Thaïlande pour me rendre sur le lieu où mon ami Lionel avait perdu la vie et y voir sa fille, et puis rendre visite à un ami à Melbourne, en Australie.  Finalement, je suis allée de la Thaïlande au Cambodge, puis à nouveau en Thaïlande, ensuite au Vietnam, encore une fois en Thaïlande et puis en Australie, en Indonésie pour terminer mon voyage en Thaïlande. Vous pouvez donc imaginer que j’ai exploré la Thaïlande en long et en large (rires). C’est là où je me sentais le plus en phase: avec moi-même, avec Lionel et avec tout l’univers.“

Découvrir qui je suis

“N’ayant qu’un visa touristique pour les pays d’Asie, je ne pouvais pas y travailler. En revanche, j’ai eu différents jobs en Australie. J’ai entre autres été cueilleuse de fruits, serveuse, femme de chambre, ou encore employée dans une entreprise viticole. Cet argent m’était bien utile, car un tel voyage est tout, sauf bon marché. Bien qu’ils ne soient pas toujours fantastiques, j’aimais bien ces jobs. La plupart du temps, j’avais des chouettes collègues et l’environnement de travail était parfois incroyable, comme à la cueillette des fruits. Le travail de femme de chambre était moins ma tasse de thé. Mais j’avais beau travailler et essayer d’être le plus économe possible, l’argent commençait à manquer. Car je n’ai pas fait que travailler en Australie, j’ai aussi visité le pays durant plusieurs semaines. C’est donc à contrecœur que je suis rentrée à la maison après un an et demi de voyage. Pas parce que j’en avais marre, mais pour la simple raison que je n’avais plus d’argent. J’avais le sentiment de ne pas encore avoir trouvé ce que j’étais venue chercher. Mais en revanche, j’avais connu un vrai sentiment de liberté et d’apaisement durant ces mois, chose que je n’avais plus ressentie depuis longtemps.

Pour ne pas me mettre trop de pression, j’avais seulement prévenu ma famille proche et mes meilleurs amis de mon retour en Belgique.“

La paix intérieure ne s’achète pas

“Les premiers jours, je suis beaucoup restée à la maison en essayant de rester dans ma vague positive. J’ai réglé tous mes papiers pour me remettre au travail et gagner de l’argent. Mais j’ai vite réalisé que je ne voulais pas retourner dans mon ancien job. Quand je suis partie faire mon tour du monde, j’étais proche du burn-out et je savais que mon avenir n’était pas dans les services sociaux. J’ai toujours adoré ce travail, mais une telle fonction demande beaucoup d’investissement personnel. Lors de mon voyage, j’ai pris conscience du stress que j’avais pu connaître durant toutes ces années. J’ai donc cherché un job totalement différent. Un job qui me payerait suffisamment pour me permettre d’un jour réaliser mon rêve: devenir coach holistique. Cela consiste à aider les gens à mener une vie plus saine et à trouver un bien-être intérieur via des techniques de respiration et de relaxation. Mais une telle formation coûte très cher. J’ai travaillé comme secrétaire dans une école secondaire, en faisant aussi des horaires de nuit dans un entrepôt Nike. Les premières semaines, je trouvais génial de tout simplement travailler, sans devoir trop réfléchir. Collègues sympas et travail qui ne demande pas beaucoup de réflexion: c’était tout ce dont j’avais besoin. Mais en réalité, les défis à relever de mon ancien boulot me manquent, même si je ne voudrais jamais y retourner. La paix intérieure ne s’achète pas, mais j’espère pouvoir la trouver de cette façon. Même si je pense que je serai toujours un peu dans le doute, c’est dans ma nature.“

La liberté de voyager

“Ma vie d’aujourd’hui est totalement différente de celle d’avant mon voyage. Bien que j’aie perdu ce sentiment de totale liberté, je sais qui je suis et ce que je veux depuis mon retour. J’ai un but. Mes amitiés ont aussi changé. Avant mon départ, je faisais tout pour être le plus souvent possible avec mes amis, alors qu’aujourd’hui j’apprécie aussi les moments de solitude. Nous sommes toujours très proches, mais maintenant mon attention est davantage fixée sur le travail, le repos et moi-même. J’ai besoin d’être seule. Voyager me manque énormément. J’ai très envie de retourner en Australie, mais je ne peux plus demander de Visa Vacances Travail car j’ai dépassé l’âge limite. On m’a pourtant déjà demandé plusieurs fois (dont mon boss de la fabrique à vin) si j’allais revenir. Mais ce n’est pas si simple. Et puis d’un autre côté, je réalise que la Belgique, c’est chez moi et que ma place est ici. Je veux être près de ma famille et des gens qui m’ont vue grandir et me connaissent. J’ai adoré découvrir le monde, mais la Belgique m’a souvent manqué durant mon voyage. C’est surtout la liberté que procurent les voyages que je rêve de retrouver. Je voudrais plus de temps pour pouvoir voyager, plus que les trois semaines habituelles qu’on peut avoir dans la plupart des jobs. Il y a tellement d’endroits à découvrir! En haut de ma liste? Israël, un pays qui me fascine, et aussi l’Amérique du Sud.”

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