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Pourquoi la mort de la louve Naya est une honte pour la Belgique

Elle a été tuée avec ses bébés, victime d’une violence gratuite et préméditée. Elle, c’est Naya, une louve dont la mort secoue le pays, et que le WWF dénonce comme « une honte pour la Belgique » dans un communiqué. Exagéré? Du tout: si Naya n’a pas pu être sauvée, le loup est pourtant bien une espèce protégée.

Elle était sans nul doute l’une des plus célèbres résidentes de la province du Limbourg. Pensez-donc: Naya était la première louve à avoir établi son territoire en Belgique depuis plus de 100 ans, et enceinte qui plus est. Un cliché légèrement granuleux, pris par des caméras à vision infrarouge, l’avait immortalisée au début de l’été, et les citoyens se réjouissaient déjà de voir les photos de ses louveteaux une fois qu’elle aurait mis bas. Il n’en sera malheureusement rien: introuvables depuis quelques temps, Naya et ses petits viennent d’être retrouvés morts, dans une zone inaccessible où normalement personne n’est autorisé à se trouver. Pour l’ANB, l’agence flamande pour la Nature et la Forêt, cela ne fait aucun doute: les animaux auraient été victimes d’un acte organisé malveillant.

La mort de la louve et de ses louveteaux est une honte pour la Belgique. Pour rappeler à ceux qui l’ignorent encore : le loup est une espèce protégée en Europe depuis 1979 ! Les mesures de protection de l’espèce doivent être renforcées »

Car c’est bien là qu’il y a honte à avoir: au-delà de la tragédie d’une mère et ses petits tués par l’homme, la Belgique n’a pas su protéger une espèce qui l’est pourtant depuis 40 ans, et dont la présence est nécessaire à un écosystème en bonne santé. Ainsi que l’explique le journal numérique Mouton Noir,  » l’absence du loup cause une perte importante de biodiversité. L’absence de loups favorise par exemple l’augmentation des cervidés comme l’orignal, le cerf ou le wapiti, mais sans menaces, ces cervidés deviennent un peu paresseux, moins vigilants et se déplacent peu sur le territoire, ce qui entraîne un broutage excessif. Comme l’abondance de plantes et d’arbres est essentielle au maintien d’un écosystème en santé, le déclin végétal entraîne la chute de plusieurs autres espèces importantes, comme les castors et les oiseaux chanteurs qui compétitionnent difficilement avec les grands herbivores, qui consomment les ressources végétales en trop grandes quantités. De plus, une population trop élevée de cervidés peut être un problème sérieux pour l’humain ».

Remettre le Petit Chaperon rouge à sa place

Du côté de la WWF, on fait part d’une « profonde tristesse et on tient à souligner que d’autres loups viendront s’installer en Belgique. Les populations se portent de mieux en mieux dans nos pays voisins. On compte environ 12.000 loups en Europe. Dans cette perspective, la Belgique doit rapidement mettre en place des mesures améliorant la cohabitation. Nous devons renforcer les actions de sensibilisation et de communication pour permettre aux hommes et aux loups de vivre ensemble. Il reste beaucoup de travail… » À commencer par un travail important sur les mentalités, car le mythe du Grand Méchant Loup a la dent dure, même s’il ne croque pas les petits enfants et qu’en Belgique, les animaux domestiques représentent 1% seulement de sa nourriture. On est loin de l’image du loup qui dévore le troupeau… »C’est la raison pour laquelle nous devons réduire le Petit Chaperon rouge à ce qu’il est: un vieux conte de fée qui ne reflète pas la réalité d’aujourd’hui. Le loup n’est pas un danger pour l’être humain. Nous devons gommer nos préjugés et partager les véritables caractéristiques scientifiques de l’espèce le plus largement possible ».

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