Home Lifestyle Société “Opération Renaissance” l’émission “grossophobe et voyeuriste” qui passe mal sur M6

“Opération Renaissance” l’émission “grossophobe et voyeuriste” qui passe mal sur M6

Close-up of a diverse group of a female friends sitting together. Plus size women in underwear sitting close to each other.

Ce lundi 11 janvier, M6 diffusait les deux premiers épisodes de sa nouvelle émission, “Opération Renaissance”. Le principe: suivre durant un an 10 personnes ayant subi une opération de chirurgie bariatrique. Un concept difficile à digérer pour le collectif Gras Politique, qui dénonce grossophobie et humiliation.

Pensée et produite par la présentatrice Karine Le Marchand, aux commandes de ce nouveau rendez-vous télévisuel calqué sur le principe d’émissions américaines à succès, “Opération Renaissance” annonce la couleur dès la lecture de son nom: plus qu’une simple opération, la chirurgie bariatrique est l’occasion pour les personnes qui passent sous le scalpel de renaître, libérées du poids des kilos et des regards. Un concept qui a rempli les coffres de chaînes telles que TLC ou E! Entertainment, précurseurs outre-Atlantique des émissions suivant la transformation esthétique de parfaits quidams, mais qui en 2021, après les vagues successives de #MeToo (“non à l’objectification!”) et du mouvement body positive (“non aux diktats!”) passe -très- mal. D’autant que son exécution est pour le moins maladroite.

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Opération Renaissance vs #Pasmarenaissance

Comme par exemple quand, au chevet d’une patiente toujours sous le coup de l’anesthésie après un body lift, Karine Le Marchand brandit deux seaux de graisse qui viennent de lui être retirés, précisant pour la caméra qu’elle a en main “800 grammes de fesse”. Ou quand Stacy, une des participantes au programme, qui a confié avoir souffert enfant de moqueries liées à son poids de la part de sa famille, est confrontée à sa soeur, Cindy, qui lui avoue qu’elle ne l’aimait pas parce qu’elle était grosse. Si sur le principe, la télé-réalité n’est rien de moins qu’une ode au voyeurisme, ici, le ton adopté par l’émission déplaît, et outre des chiffres d’audience décevants (“un flop”, pour Le Figaro télé, avec 1.866.000 spectateurs, contre 4,47 millions pour la série “Sam”), la Twittosphère a tenu à vocaliser son mécontentement avec pour cri de ralliement #PasMaRenaissance.

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Parmi les porte-voix du mouvement, le collectif Gras Politique, qui “lutte radicalement contre les oppressions grossophobes systémiques” et qui dénonce la “déshumanisation des corps gros” par “Opération Renaissance”, un “spectacle voyeuriste” qui les montre “charcutés à la télévision”. Et de prendre en exemple les incursions de Karine Le Marchand au bloc mais aussi les interviews des sujets alors qu’ils émergent à peine de l’anesthésie, “vraiment très pro et digne”.

“Un contenu à vomir”

Sur Twitter, une soignante répondant au pseudonyme de “Galette Skad” a rédigé un thread partagé à plus de mille reprises, où elle explique “ne pas être grosse mais bien infirmière” et dénonce elle aussi le principe de l’émission.

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Et d’expliquer “le suivi psychologique obligatoire se résumant à une lettre uniforme”, ces femmes -“parce que oui, ce sont surtout des femmes que j’ai vues subir l’opération”- à qui “personne n’a pris le soin d’expliquer que plus jamais elles ne mangeraient plus qu’un yaourt par repas”  ou encore le fait que l’opération est loin d’être une solution magique.

Le corps humain est fabuleux, il fonctionne souvent très bien tout seul et quand on prend du poids de façon réellement anormale, c’est lié à des facteurs que la chirurgie bariatrique ne soignera pas”.

Pour Madmoizelle, Aïda Djoupa relate quant à elle le témoignage de Perrine* dans une tribune intitulée “J’ai été grosse, opérée, et j’ai eu envie de vomir devant ‘Opération Renaissance'”.  “J’ai été profondément triste de voir ce programme diffusé. Le contenu, enrobé de prétendue bienveillance, est à vomir”. Et la jeune femme de souligner que “dans l’émission, les candidates sont présentées comme étant responsables de leur état de santé et fautives. Je ne suis absolument pas d’accord: s’il suffisait de « se bouger » et de « manger équilibré », il n’y aurait pas autant de personnes atteintes d’obésité morbide…”.

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Face à l’ampleur des reproches et accusations, Karine Le Marchand s’est défendue d’être grossophobe sur le plateau de “C à vous”. Invitée sur le plateau aux côtés du Dr Reginald Allouche, qui participe à “Opération Renaissance” et l’a qualifiée de “première émission de prévention du diabète de type 2 en France”, la présentatrice française a confié être “habituée à la polémique” et affirmer que “dans la vie, soit on prend des risques, on innove et on parle de sujets tabous, parce que les obèses ne sont pas représentés à la télévision française, soit on ne fait rien. Moi j’ai toujours fait le choix d’explorer des nouveaux territoires et j’en suis très fière”. Un choix qui ne fait pas l’unanimité: sur Change.org, une pétition demandant l’annulation de l’émission a déjà recueilli plus de 26.000 signatures.

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