Home Lifestyle Société #JeSuisCute, le hashtag positif qui dérive en campagne de slut shaming

#JeSuisCute, le hashtag positif qui dérive en campagne de slut shaming

Crazy young woman using smartphone and yelling over black board with drawn lightnings behind her; Shutterstock ID 373551985; Purchase Order: -

En période estivale, les complexes se font aussi omniprésents que le soleil, entre cette peau qu’on trouve trop pâle et ce bikini body qui ne nous plait jamais. Pour endiguer la tendance, le hashtag d’acceptation de soi #JeSuisCute a été lancé. Mais le mouvement a rapidement dégénéré.

C’est qu’à l’origine du mouvement, on trouve non pas une activiste établie mais bien Manny Koshka, une mannequin qui a bâti sa carrière sur des photos dénudées voire même parfois carrément érotiques. Et qui considère qu’il n’y a pas meilleur moyen de se sentir bien dans sa peau que de la montrer fièrement justement. En effet, selon Manny,

La photo de nu est un moyen comme un autre de prendre confiance en soi.

Et pour faire passer le message, la brune piquante n’a pas hésité à appeler la Twittosphère à poster elle aussi des photos dénudées rassemblées sous le hashtag #JeSuisCute.

Osé. D’autant que comme de bien entendu, la « police des moeurs » s’est évidemment empressée de réagir. « Rhabille toi vieille crasseuse », « t’es une pute quand même »: très vite, les insultes se multiplient en commentaire du post de Manny, avec, en prime, certaines femmes qui critiquent l’initiative au motif que se déshabiller enverrait un message tout sauf positif.

Askip les meufs pour être cute il faut retirer ses fringues, vous ne jouez pas les féministes là, vous accentuez juste encore plus l’idée qu’une femme est un objet sexuel.

Manny Koshka voulait briser le carcan des complexes? Elle aura plutôt contribué à libérer la parole, et à déchaîner une vague de slut shaming à mille lieues du message originel qu’elle voulait transmettre. Parce qu’en 2018, dans nos sociétés prétendument évoluées, la femme est systématiquement réduite à trois rôles: la mère, la vierge, et la putain. Et malgré la déferlante lancée par le mouvement #MeToo cet hiver, il semble encore inconcevable qu’une femme puisse vouloir montrer son corps non pas pour séduire ou parce qu’elle est « une pute » mais simplement pour se l’approprier et prendre le contrôle de leur image. Et ça, pour le coup, c’est tout sauf #cute.

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