Home Culture Insolite Il est désormais possible de (se) recycler après sa mort

Il est désormais possible de (se) recycler après sa mort

Young green seedlings plants growing in compost trays the view from the top; Shutterstock ID 605743958

Sans évoquer les détails gore pour autant, on sait toutes ce qui arrive aux corps des morts quand ils sont enterrés. Quelques mois 6 pieds sous terre, et il ne reste presque qu’un squelette. Et pour rendre le processus utile pour la planète, certains ont eu l’idée de développer le concept d’humusation.

Humu-quoi? À vos souhaits. Dérivée du terme humus, soit littéralement « terre provenant de la décomposition des végétaux », l’humusation fait référence à un processus de transformation des corps par les micro-organismes dans un compost. Autrement dit: en douze mois, les dépouilles des morts sont transformées en humus fertile qui peut ensuite être utilisé pour les cultures. Ou comment retrouver le goût de Tata Nicole dans une carotte. Glauque? Selon les adeptes du procédé, il aurait plutôt tout pour plaire.

Une mort moins polluante

En effet, à l’heure actuelle, il n’existe vraiment que deux options après la mort, l’enterrement ou l’incinération, toutes deux relativement polluantes. Avec l’humusation, non seulement on ne pollue pas, mais en plus, on fait du bien à la planète. Sur un site entièrement dédié au procédé, il est ainsi souligné que l’humusation, contrairement aux enterrements, ne nécessite ni cercueil, ni frais de concession dans un cimetière, ni charge d’entretien régulier de la tombe; et en plus, le processus évite la pollution des nappes phréatiques par la putrescine, les résidus de médicaments ou encore les perturbateurs endocriniens. Mais comment ça marche, exactement?

Recycler les humains

Le corps est déposé dans un compost composé de broyais de bois d’élagage et recouvert d’une couche de matières végétales broyées que les Humusateurs ajustent pour en faire une sorte de « monument vivant« . Cette humusation prend place sur un terrain réservé et sécurisé appelé « Jardin-Forêt de la Métamorphose », et après un an, il ne reste plus que les os, les dents et les éléments artificiels type pacemaker, le corps du défunt ayant produit en moyenne +/- 1,5 m³ de « super-compost ». Un rêve d’écologiste? Peut-être. Mais en Belgique, la loi empêche encore de le réaliser.

Actuellement, seules l’inhumation et l’incinération sont en effet autorisées en Belgique. En février 2014, un décret modifiant le Code de la Démocratie locale en Région Wallonne est entré en vigueur, stipulant que les pratiques funéraires autorisées sont « l’inhumation, la crémation,… ». Trois petits points dans la bonne direction selon les convaincus de l’humusation, qui ont enregistré une belle victoire à Liège. Ce lundi soir, le Conseil Communal a voté à l’unanimité une motion proposée par le conseiller communal liégeois Olivier Bierin (Ecolo) visant à reconnaître le principe de l’humusation. Par le biais de cette motion, Liège s’engage précisément à solliciter auprès du gouvernent wallon une étude du procédé de l’humusation en vue de son éventuelle reconnaissance comme mode légal de sépulture. En attendant qu’ils reçoivent une réponse, on tentera de déterminer ce qu’on pense d’être transformées en compost après la mort.

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