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Grâce à Meet my Mama, les femmes réfugiées se mijotent un nouvel avenir

Offrir des « voyages culinaires » aux sociétés et des opportunités de reconversion aux femmes douées en cuisine, c’est le pari de la start-up française Meet my Mama. Et pour les femmes réfugiées, c’est un délicieux moyen de reprendre leur avenir en main.

Selon Amnesty International, ces dernières sont en effet plus susceptibles d’être victimes de violence et d’exploitation dans leur pays d’accueil, sans compter qu’elles sont souvent dépendantes d’un homme, ce qui freine leur intégration et les empêche parfois tout bonnement de trouver un travail. Pourtant, une étude récente du SPP Politique scientifique (BELSPO) et du Centre fédéral Migration, menée par l’Université Libre de Bruxelles et la KULeuven, révèle que le temps joue un rôle crucial dans l’insertion socio-économique: plus vite les réfugiés s’insèrent sur le marché du travail, meilleure sera leur carrière ultérieure. Parfois même, au figuré: grâce à Meet my mama, des femmes réfugiées ont en effet l’opportunité d’exploiter leurs talents en cuisine pour se mijoter un nouvel avenir dans leur pays adoptif.

Lancée il y a deux ans par trois associés gourmands d’engagement, la start-up française veut offrir aux femmes issues de l’immigration ou réfugiées, souvent freinées par la barrière de la langue et l’isolement, une chance de valoriser leur savoir-faire. Et de faire bouillir la marmite au passage: le but est de permettre à ces femmes de vivre de leur activité et de gagner leur indépendance, en les rémunérant entre 300 et 800 euros par prestation selon le nombre de convives pour lesquels elles cuisinent. Une recette gagnante: depuis le lancement en 2017, ce sont pas moins de 120 « mamas », originaires de Syrie, du Japon, de Côte d’Ivoire ou encore du Bénin qui ont cuisiné pour 250 entreprises différentes, soit plus de 50 000 convives.

Sur le site de la start-up, on laisse ses papilles s’évader au gré des voyages culinaires, entre l’escapade berbère (salé d’Afercic aux pois chiches, galettes berbères de semoule et cigares aux mille épices au menu), l’Asian street food market (veggie rolls à la sri lankaise, brochettes de poulet tandoori, légumes rôtis glaçage teryaki) ou encore virée en Pachamama (empanadas au boeuf, verrines de ceviche, papa rellena…). Les différents menus proposés se lisent comme autant d’invitations à l’évasion, tant pour ceux qui les dégustent que pour celles qui les préparent et peuvent rêver ainsi d’un avenir meilleur.

Ainsi que le confie l’une d’entre elles, hier femme de ménage et aujourd’hui cheffe après son passage par la « Mama Academy »,

Je suis en France depuis plusieurs années mais je ne parle pas bien le français, tout simplement car on ne peut pas discuter avec un aspirateur… »

En plus de la cuisine, Meet my Mama offre donc désormais aussi à ses mamas une formation en collaboration avec l’association Abajad, qui comprend notamment du français adapté au vocabulaire de la restauration, des ateliers de confiance en soi, des mises en situation pour améliorer la mobilité ainsi que des entraînements aux entretiens d’embauche.

Et pour Emma, chargée de l’organisation d’événements pour la start-up culinaire, il n’y a pas que les mamas qui sont bénéficiaires, au contraire. « Les Mamas sont des femmes incroyablement inspirantes par leur authenticité, leur générosité et leur douceur. Notre société a besoin de ces femmes pour aller mieux, pour créer du lien entre des gens qui ne se rencontreraient pas autrement mais qui ont pourtant tant à apprendre les uns des autres ». L’ouverture d’esprit, par exemple, ainsi que le souligne le témoignage d’une des mamas: 

J’avais confiance en moi dans la cuisine car tout le monde me disait que c’était très bon. Donc j’ai voulu me lancer et je me suis présentée à des structures avec détermination. Mais elles m’ont toutes donné la même réponse: vous ne serez jamais cheffe, ni même commis car tout ce que vous avez fait dans votre vie c’est du ménage et garder vos enfants. Vous n’avez pas l’expérience, ni les diplômes »

Et d’effectuer un délicieux pied-de-nez à ses détracteurs en rejoignant la structure, qui compte parmi ses clients des grands groupes tels que Hermès, L’Oréal, Google ou encore BNP Paribas. Si à l’heure actuelle, l’initiative se limite à Paris, on salive déjà ici aussi: les fondateurs ont pour objectif d’élargir le projet à d’autres grandes villes françaises ainsi qu’à Bruxelles.

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