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En France, la remise en question de la galanterie déclenche un torrent de haine

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Insultes, remarques misogynes, menaces… Chez nos voisins d’Outre-Quiévrain, deux historiennes ont déclenché une déferlante de haine en publiant les résultats de leurs recherches. Selon elles, la « galanterie à la française » serait un pur mythe, et cette affirmation passe (très) mal.

Pour Laure Murat et Michelle Perrot, la galanterie est en effet une « pure construction sociale », et plus exactement « ce qu’on met en avant pour ne pas penser à ce que seraient en réalité les rapports de séduction en France ». Interviewée au micro de la radio France Culture, Laure Murat explique ainsi que « la fameuse galanterie française est un écran qui empêche de regarder l’impensé que sont les rapports entre les hommes et les femmes et la manière dont ils se construisent ». Et Michelle Perrot appuie ses propos.

Je pense qu’on est un peu « empoisonnés » en France par cette idée de la galanterie. C’est un mythe intéressant, brillant, mais qui recouvre au fond une domination particulière des hommes (…) on vous ouvre la portière et on vous donne des fleurs, ce qui est toujours une manière pour les hommes de mettre les femmes de côté.

Un courant de pensée qui fait des émules dans la foulée du mouvement #MeToo, et qui a notamment vu de nombreux restaurants outre-Atlantique abandonner les règles de galanterie traditionnelle et servir les dîneur selon leur place à table et non leur sexe. Pas par impolitesse, mais simplement parce que l’égalité entre les sexes passe aussi par là. Sauf qu’en France, les remarques des deux historiennes sont difficiles à avaler.

Entre France Culture qui se voit demander par un internaute si « ma main dans ta gueule, c’est une construction sociale », un autre qui qualifient les deux historiennes de « connes mal baisées qui n’ont rien à dire » et un autre qui qualifie leur témoignage de « féminisme d’un vide intellectuel abyssal », les critiques du reportage sont virulentes. Plus modérés, d’autres commentateurs, majoritaires, ne s’attaquent pas directement à Laure Murat et Michelle Perrot, mais affirment toutefois qu’il est primordial de préserver la galanterie. Un débat qui n’a pas échappé à l’oeil aiguisé de Sophia Aram, chroniqueuse sur France Inter, qui a défendu la position des deux historiennes au micro de France Inter.

Parmi les ambassadeurs et ambassadrices de la bienséance et du bon goût réagissant au crime qui consiste à faire d’une tradition française un objet d’étude, il se trouve pas mal de femmes pour expliquer que si les deux historiennes ne comprennent rien à la galanterie, c’est certainement qu’elles n’ont pas dû avoir le plaisir d’en bénéficier. Parce qu’elles sont, je cite, laides, vieilles, moches, mal-baisées et certainement lesbiennes.

Et la chroniqueuse d’ajouter non sans piquant que « en 2018, j’imaginais qu’une réflexion sur la galanterie française pourrait déboucher sur une généralisation d’une politesse sincère, et attentive à tous, mais pour cela il faudrait que certains hommes renoncent à la position condescendante et faussement désintéressée que leur confère la galanterie à l’égard des femmes ». C’est pas ça hein, on n’a rien contre le fait qu’on nous tienne une porte, mais ça nous arrangerait plus qu’il n’y ait plus d’inégalités salariales ou de plafond de verre pour les femmes. Continuer à nous l’imposer, ça, vraiment, ce n’est pas galant.

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