Gen F

En rejoignant la communauté, vous recevez un accès exclusif à tous nos articles, pourrez partager votre témoignage et…
© Muslim woman with burqini in pool

Des militantes en burkini font des vagues à Grenoble

Kathleen Wuyard

Ce dimanche après-midi, des sirènes d’un autre genre ont pris d’assaut une piscine de Grenoble: ayant troqué maillot et bikini contre un burkini, elles se sont jetées à l’eau pour dénoncer l’interdiction de ce maillot sur les plages françaises.


Il a beau ne dévoiler aucun centimètre de peau, et être donc bien moins provoquant que les bikinis rikikis et autres maillots strings, le burkini dérange. Au point d’être interdit sur les plages et dans les piscines de France. Pour dénoncer cette injustice aux relents d’islamophobie, sept femmes accompagnées de militants associatifs se sont introduites ce dimanche dans une piscine municipale de Grenoble pour y faire trempette avec leurs burkinis. Un “acte de désobéissance civile”, ainsi qu’elles le décrivent, qu’elles ont voulu commettre pour dénoncer des règlements discriminatoires. Et de souligner  avoir agi “sans aucune conviction religieuse”, mais pour défendre la “liberté de toutes les femmes”. Tout en rappelant au passage que malgré les prétextes évoqués pour l’interdire, le burkini n’enfreint aucune norme d’hygiène ni de sécurité.

La démocratie boit la tasse


Et elles ne sont pas les seules à l’affirmer: à Gand, en 2018, le tribunal de première instance a rendu deux jugements affirmant qu’une piscine publique ne peut interdire aux baigneuses le port du burkini pour des raisons d’hygiène ou de sécurité, avis d’experts scientifiques à la clé. Reste que chez nous aussi, le débat fait rage: le burkini est notamment interdit dans les piscines municipales d’Anvers, l’échevin N-VA Fons Duchateau ayant affirmé en 2018 que le jugement n’y changeait rien puisque l’interdiction du burkini ne devait pas être basée sur des raisons d’hygiène ou de sécurité mais bien “parce que nous n’en voulons pas en fonction de nos normes et valeurs sociétales”. De son côté, Nadia Sminate, présidente de la commission radicalisme en Flandre, avait adopté une ligne plus dure encore, soulignant que “nous devons absolument éviter qu’il y ait des femmes qui se baignent en burkini en Flandre. Je ne peux pas croire que des femmes, au nom de la religion, se baladent sur la plage avec une telle horreur. Si vous tolérez cela, vous mettez les femmes au ban de la société”. Et en l’interdisant, on les met littéralement sur le banc, en empêchant celles qui se refusent au maillot ou au bikini de se baigner. C’est nous, ou à force de débattre sur le burkini, c’est la démocratie qui boit la tasse?

Lire aussi:

Vous avez repéré une erreur ou disposez de plus d’infos? Signalez-le ici

Nos Partenaires