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Bart De Wever se vante de ses « rafles » de migrants et on a envie de vomir

Filmé à son insu, Bart De Wever, bourgmestre N-VA d’Anvers et grand favori des élections ce dimanche, n’a pas hésité à se vanter des « razzias » de migrants qu’il organisait pour « Air Vrancken ». Vomi, peur, colère, dégout, mais surtout, une résolution: plus jamais ça.

Nous sommes dans les années 40, en Europe, et un politicien au visage mauvais et aux cheveux peignés sur le côté se vante des rafles qu’il organise. L’image vous rappelle quelqu’un? Loupé: en réalité, nous ne sommes pas dans les 40s mais bien en 2019, et l’auteur de cette déclaration inacceptable ne s’appelle pas Adolf mais Bart. Une enquête de longue haleine réalisée par un journaliste infiltré pour Le Vif a en effet permis de capturer le bourgmestre d’Anvers sur le vif, se vantant des « razzias » de migrants organisées par ses soins pour le compte de « Air Vrancken », compagnie aérienne totalement factice, désignant les vols de rapatriement organisés par l’ex Secrétaire d’Etat.

Ne le criez pas sur tous les toits, mais ça va si loin que, quand nous planifions des interventions, nous devons réserver des places. C’est l’avantage d’avoir un secrétaire d’État comme ami. Quand nous allons par exemple faire une razzia dans le quartier rouge, nous lui demandons: combien de places avez-vous pour nous ? Combien pouvez-vous en éjecter? Vers quel pays volent les prochains avions? »

Des déclarations vomitives, qui suscitent pourtant des rires parmi un public conquis, venu écouter le leader de la N-VA s’exprimer sans filtre. Réponse de ce dernier à la réaction de l’assemblée?

Vous pouvez rire, mais c’est vraiment comme ça! Alors, vous continuez jusqu’à ce que la prison soit remplie. Et de préférence, les nationalités prévues pour Air Francken. Si tu peux remplir l’avion, ce serait fou de ne pas le faire!

Correction, Bartje: ce qui est fou, c’est de se vanter d’organiser des rafles, en 2019, comme si une des pages les plus sombres de l’Histoire avait été déchirée. Ce qui est encore plus fou, c’est que ces propos n’émanent pas d’un petit néonazi stupide de base, mais bien de quelqu’un qui exerce une fonction officielle en Belgique. Et ce qui serait complètement cinglé, dangereux, impensable, ce serait que ces déclarations répugnantes ne soient pas punies.

« Incroyablement choquant »

Sur le plateau de la RTBF ce mardi soir, Elio di Rupo s’est d’ailleurs empressé de souligner que « les propos tenus par Bart De Wever pourraient être poursuivis pénalement par rapport à la loi belge ». Incitation à la haine, aveu masqué d’abus de pouvoir en parlant de son « amitié pratique avec le Secrétaire d’Etat », voire même, avec l’allusion aux rafles, négationnisme: les prétextes ne manquent pas pour poursuivre Bart De Wever en justice. D’autant que le bourgmestre d’Anvers ne semble pas faire preuve du moindre remords quant à ses propos s’il faut en croire sa réaction à la polémique.

Visiblement, c’est incroyablement choquant que nous ayons géré de manière efficace la problématique du rapatriement de criminels illégaux.

Correction, encore: ce qui choque, c’est la manière, ces fameuses « places réservées », mais aussi, et surtout, les mots choisis pour en parler. Et si Bart De Wever choisit visiblement la tactique du déni, et tente de balayer l’affaire sous le tapis, la bonne nouvelle, c’est qu’on a les moyens d’agir pour s’assurer que cela ne reste pas impuni.

Frapper là où ça fait mal

Par exemple, en déposant plainte au Centre pour l’égalité des chances, la référence aux « rafles » de De Wever étant tout simplement inadmissible. Mais aussi en écrivant un courrier de plainte directement à la N-VA, à l’adresse rue Royale 47 boîte 6, 1000 Bruxelles. Et enfin (et surtout?), en votant intelligemment ce dimanche. Plus que jamais, exercer ce droit sera un devoir, afin que notre pays cesse d’être gouverné par des hommes politiques qui le couvrent de honte. La N-VA a déjà fait un chantage, et affirmé refuser toute alliance au gouvernement avec les partis de gauche: aux partis francophones de faire bloc et de refuser catégoriquement de former une coalition avec un parti où l’on se félicite d’organiser des rafles. 

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