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““LE POINT G”” épisode 58: la chronique sexo de Gaëlle

La rédaction

Gaëlle, 27 ans, a passé huit ans de sa vie en couple. Mais après plusieurs déceptions, même si elle n’abandonne pas sa quête de l’amour avec un grand A, elle a décidé de se laisser vivre sans pour autant se priver des plaisirs de la chair. Elle compte bien découvrir les joies du sexe sans tabou et mener des expériences sans avoir froid aux yeux.


L’autre jour, on s’est lancés dans la quête difficile de l’orgasme vaginal. J’ai bien expliqué à Ben que l’orgasme vaginal n’était qu’un orgasme “clitoridien prolongé”. Mais le petit coquin ne comptait pas en rester là. Il est bien décidé à me montrer qu’il peut me plonger dans ce plaisir multidimensionnel qu’on peut ressentir quand ça vibre de l’intérieur.

Très sûr de la vigueur de son oiseau, il m’a mise au défi de me plier littéralement en quatre pour me faire monter au rideau.


Moi, je suis un peu sceptique. Pour dire vrai, sur la longue route qui m’a conduite à connaître mon corps, j’ai appris ce qui me faisait du bien. Comment faire, où me stimuler. Bref, je sais comment je fonctionne, ce qui marche avec moi. Et je dois bien dire que la panacée reste la stimulation clitoridienne. D’ailleurs, j’ai plus difficilement des orgasmes pendant la pénétration. Tout simplement parce que cette stimulation est moins forte. Mais Ben semble bien sûr de lui. Il veut essayer par tous les moyens d’y parvenir.

“Même si on doit y passer la nuit”, m’a-t-il dit. Sa motivation a beau être bien présente, ça commence mal. Alors qu’il enlève son pantalon, prêt à tout envoyer en l’air, je remarque son caleçon bleu ciel décoré de canards en plastique jaunes. Rien n’y fait. Il se sent conquérant et je pense que je n’ai pas trop mon mot à dire. Il s’élance maladroitement entre mes jambes, la bouche la première. “Ne me prends pas pour un puceau, je sais très bien que ça nécessite un préchauffage ces choses-là!” Comment voulez-vous que je ne rigole pas quand il me parle comme le monsieur de la pub Cetelem? Pourtant, je dois bien retenir mon rire.

Je me concentre de toutes mes forces pour me mettre dans l’ambiance. Ben est plutôt doué, je dois dire. À force de concentration, je finis même par me délecter de ce qu’il est en train de me faire. “On passe à l’étape supérieure. Tu es prête?” Je souris en lui répondant: “vas-y mon héros, fais-moi jouir comme jamais”. On s’élance dans notre petit jeu d’essai de position. La sensation est vraiment étrange. J’en retire beaucoup de plaisir mais le même plaisir que d’habitude.

Du coup, au fur et à mesure que l’excitation monte, j’ai très envie de me stimuler ou que lui le fasse pour aller un cran plus loin. Mais ce n’est pas le deal qui a été convenu.


Je n’ai pas le droit de participer cette fois-ci. Sinon, je ferai foirer tout son plan et ce n’est pas le but. Je lui propose de changer de position à nouveau. Il lève mes jambes au-dessus de ses épaules. Celle-là, je l’adore. La pénétration est bien plus profonde. Les sensations sont intenses. Problème: Ben est trop excité et ne tient jamais longtemps. “Je suis désolé mon cœur mais tu sais bien que celle-là, elle n’est pas tenable sur la durée.” On continue notre méli-mélo de jambes au point que ça en devient ridicule.

À force de bouger tout le temps, la courbe de plaisir n’a même plus le temps de monter. Il finit par m’attraper et me met au-dessus de lui. Je me retrouve nue sous ses yeux. La lumière vive de la chambre me met mal à l’aise. Je sais qu’il suffit d’un détail pour que le fameux orgasme ne se pointe pas. C’est à ce moment précis que j’ai l’idée du siècle: je vais me retourner.

Désormais, ce sont mes fesses qui se dandinent sous ses yeux pendant que je m’accroche à ses genoux. En me penchant légèrement, je sens que la vague monte comme un tsunami. Je lâche un vulgaire “oh bordel de m****”. Ben ne se tient plus: “tu sens que ça vient? Tu sens que ça vient? Hein?”. Dans un éclat de voix magistral, j’ai hurlé “OUIIII” jusqu’à chez le voisin. Mon héros est si fier que ç’en est indescriptible. Je n’oserai jamais lui dire que cette position est parfaite pour du frotti-frotta en dedans… et en dehors. Que voulez-vous, je me connais par cœur. Et comme on dit, on ne change pas une équipe qui gagne!

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