Home Lifestyle Santé J’ai testé le plus petit stérilet sans hormones du marché

J’ai testé le plus petit stérilet sans hormones du marché

DIU Ballerine

Il y a quelques années, je vous expliquais en long et en large que j’avais abandonné la pilule prise depuis mes 15 ans pour passer au stérilet hormonal. Aujourd’hui, j’entame mon 4ème cycle sans hormones de synthèse suite à la pose d’un DIU au cuivre, le plus petit du marché. Il est temps de faire le bilan.

Avertissement: chaque femme est différente, chaque corps est différent. Cet article est un témoignage personnel et ne doit nullement servir d’exemple dans une prise de décision. Néanmoins, il mettra en lumière, à travers le récit, quelques questions susceptibles de vous intéresser. Consultez votre gynécologue ou un professionnel de la santé pour vous guider.

En juin dernier, je prenais rendez-vous chez un endocrinologue afin de chercher des causes à plusieurs symptômes incommodants: fatigue, sensation de déprime inexpliquée, transpiration odorante, hirsutisme (perte de cheveux et pousse de poils à des endroits incongrus), prise de poids malgré une alimentation saine et du sport, etc. Oui, la liste est grande et le sentiment de mal-être les accompagnant également. Le bilan révèle un excès de testostérone, une hormone qui explique, en cas de dérèglement hormonal, bon nombre des dits symptômes. Après une conversation avec mon gynécologue habituel, il me conseille vivement d’enlever rapidement mon stérilet hormonal, car même faiblement dosé, il pourrait en être le responsable. Si certaines personnes le supportent très bien, ce n’était visiblement pas mon cas. Mais il aura tout de même fallu 4 ans (soit deux poses à la suite du même stérilet) pour que je m’en rende compte.

Plutôt informée sur l’arrêt des hormones et sur la pose d’un stérilet au cuivre, je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir des doutes, et des peurs surtout. M’apprêtais-je à avoir des règles très abondantes (face à mes 3 gouttes sous hormones, le changement risquait d’être brutal)? Des menstruations plus longues et plus douloureuses? Quid de ma peau qui allait sans doute morfler? J’étais traversée par un millier de questions et très peu de réponses. Parce qu’en effet, les témoignages sur le Net sont aussi variés que les femmes qui les écrivent. Si nous pouvons retirer des grandes lignes des histoires personnelles de chacune, il n’y a pas deux récits pareils. Je devais donc me faire ma propre idée, me promettant de la partager avec vous ici, le moment venu.

Une nouvelle génération de stérilet

Alors que l’ordonnance pour un DIU au cuivre était prête, un peu par hasard, je suis tombée sur une liste de moyens de contraception sur Instagram parmi lesquels figurait le stérilet Ballerine. Je n’avais jamais vu ça. Il n’est pas plus grand qu’une noisette et a la particularité étonnante d’être sphérique. Et puis surtout, il était aussi en cuivre, donc non-hormonal.

Il ne m’a pas fallu plus d’une seconde pour me renseigner sur cet ovni de la contraception. J’avais l’ultime sentiment que je venais de découvrir des pistes de solutions à mes peurs. Et pour cause, le DIU Ballerine a été conçu pour répondre aux problèmes causés par les stérilets en forme de T.

Le IUB Ballerine est un dispositif intra-utérin au cuivre, sphérique et à mémoire de forme. Il empêche l’implantation dans l’utérus de l’ovocyte fécondé grâce à une inflammation locale de l’endomètre et à la présence de cuivre. “Le cuivre a un effet cytotoxique sur les gamètes à l’origine d’une altération des spermatozoïdes, entraînant ainsi une inhibition de la fécondation”, peut-on lire sur le site Web des laboratoires CCD. Il a l’avantage d’être efficace pendant 5 ans et ne nécessite pas “d’avoir eu des enfants” comme certains gynécologues le répètent encore.

Ses deux grandes particularités sont donc sa forme sphérique et à mémoire de forme. C’est-à-dire que le fil en nitinol (nickel et titane), sur lequel sont disposées 17 perles de cuivre, prend une forme sphérique en 3D lors de sa libération et s’adapte à la forme de l’utérus, se positionnant de manière ergonomique dans la cavité utérine. Une fois déplié, il mesure 15 millimètres de diamètre, ce qui fait de lui le plus petit du marché.

Son immense avantage, à mes yeux en tout cas, c’est que cette forme de balle limite fortement les douleurs menstruelles. Tout simplement parce qu’il est dépourvu de parties saillantes, contrairement au DIU en T, ce qui permet de réduire les risques de perforation et de saignement. Quand l’utérus se contracte, il est effectivement plus agréable d’imaginer ses parois se resserrer autour d’une bille flexible que d’un T solide. Autre avantage tiré de mes lectures sur le sujet: il se pose grâce à un petit tube d’un diamètre de 3,2 mm, le plus fin du marché. Mon mauvais souvenir d’une pose douloureuse était un peu réconforté à l’apprentissage de cette information.

Vous l’aurez compris, sur le papier, le DIU Ballerine semble parfaitement adapté à la demande de nombreuses femmes, qui est celle d’arrêter les hormones sans pour autant subir les inconvénients connus des stérilets en cuivre.

De la théorie à la pratique

Déjà, il y a le prix: 140€ pour l’objet à lui seul, auquel il faut ajouter deux consultations gynéco pour la pose et le check-up 3 mois plus tard.

Parlons-en de la pose en question. Moi qui m’attendais à une partie de plaisir après mon cauchemar précédent, j’ai vite déchanté. Pour cause de problème de calendrier, je n’étais pas réglée lors de celle-ci. Et malgré un anti-douleur et un anti-inflammatoire pris juste avant, ça a été douloureux, je ne vais pas vous mentir. Pendant les 3 jours qui ont suivi, mon ventre a doublé de volume et a subi de nombreuses contractions. Logique quand on y pense, il a été “attaqué” et s’est défendu en se contractant. C’est d’ailleurs l’une des causes principales de rejet: le corps peut l’expulser. Mais une fois ce moment difficile derrière moi, je dois dire que je n’ai pas à me plaindre. Certes, mes règles sont plus abondantes, beaucoup plus. J’avais presque oublié la pénibilité des protections hygiéniques pour flux importants; elles font désormais partie de mon quotidien 5 jours par mois.

L’arrêt des hormones a aussi demandé à mon corps un long moment d’adaptation. Saute d’humeur, irritabilité, fluctuation de la libido en fonction des cycles… Tout ceci m’a amené à une conclusion partagée par bon nombre de mes amies qui ont également arrêté les hormones: j’ai l’impression d’avoir été anesthésiée pendant des années. Aujourd’hui, je suis davantage à l’écoute de mon corps et attentive à ses changements selon les périodes de mon cycle. Quatre mois sont déjà passés depuis la pose et j’apprends encore sur moi-même tous les jours. Désormais, je sens quand j’ovule, je ressens le syndrome pré-menstruel, je suis épuisée quand j’ai mes règles, mais j’ai aussi la sensation d’être vraiment moi et d’être plus en phase avec mon corps, ce qui est important à mes yeux. Mes symptômes dus à l’excès de testostérone ont disparu et un changement de routine beauté m’a permis de ne pas avoir de problème de peau.

Tout ceci pour dire que la quête de la contraception idéale n’est pas simple. Et vous n’imaginez pas comme j’ai blâmé les hommes de ne pas avoir à s’y frotter. Mais je crois qu’il est important d’avoir conscience des effets positifs et négatifs de l’un et l’autre de ces moyens et de ne jamais hésiter à en parler à un professionnel de la santé. Subir des problèmes de santé liés à une contraception ne doit pas devenir une fatalité.

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