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Comment gérer au mieux une personne envieuse

Tout qui a le malheur d’avoir une personne envieuse dans son entourage le sait: c’est un poison qui ronge ceux qui en souffrent, les rend aigris, et qui donne un goût amer aux relations sociales. Oui mais pour éviter le clash, et apaiser les rapports, comment faire?

Les envieux, c’est malheureux, mais c’est un peu comme la pluie belge au mois d’août: démoralisant, persistant, et surtout, inévitable. Regardez autour de vous, et vous réaliserez rapidement que chaque entreprise, famille ou groupe d’amis en compte au moins un en son sein. Pour Sophie, il s’agit de sa collègue d’open space, passée maître dans l’art de l’insulte déguisée en compliment, qu’il s’agisse de souligner une tenue « qui t’amincit vraiment, c’est fou! » ou un dossier « fait super rapidement dis, qu’est-ce qui t’arrive? ». Pour Louise, c’est sa belle-soeur, « une plaie qui critique tout ce que je fais, toujours sur le ton de la blague pour que je ne puisse pas répliquer ». Amandine, quant à elle, se passerait vraiment bien d’Alice, une pote de pote, « tellement amère qu’elle projette de l’acidité à chaque fois qu’elle ouvre la bouche ». Et Amandine de la décrire avec une amertume perceptible. Car c’est bien là le problème de la jalousie et des personnes envieuses: leur aigreur est contagieuse, et finit par empoisonner les personnes qui les côtoient, qui deviennent au final aussi désagréables que leurs interlocuteurs. Oui mais si on veut éviter les ulcères, sans pour autant se laisser faire, comment on fait?

Comprendre d’où ça vient

Si « jalousie » et « envie » sont souvent utilisés comme synonymes, il faut bien distinguer les deux. Ainsi, la jalousie se manifeste quand une personne a l’impression que quelque chose d’important pour elle est menacé (par exemple, dans le cas de la collègue de Sophie, sa place au travail). L’envie, par contre, est une émotion provoquée par la possession de quelque chose que l’autre personne aimerait pour elle même. Si on prend l’exemple d’Alice, « clairement, elle ne supporte pas d’être la seule du groupe à ne pas avoir un job stimulant, et comme son job n’est en prime pas très bien payé, elle vit aussi assez mal le fait qu’on puisse se payer vêtements et accessoires de marque, et elle pas » explique Amandine. Dans les deux cas, le sentiment est le reflet d’un mal-être chez la personne, qui se sent inférieure, et cela se manifeste malheureusement par une forme d’agressivité. Comme l’explique Yochi Cohen-Charash, une professeure de pyschologie américaine interrogée sur le sujet par nos confrères du Huffington Post, la personne qui souffre d’envie va tenter d’éliminer ce fossé soit en rabaissant l’autre, soit en tentant de se tirer vers le haut.

Quand vous êtes envieux, vous voulez faire du mal à la personne parce que vous ne voulez pas qu’elle soit supérieure à vous. Quand vous êtes jaloux, vous lui faites du mal parce que vous ne voulez pas qu’elle vous enlève quelque chose qui vous appartient »

Bon. Mais maintenant que vous comprenez que la personne en face de vous n’est pas juste « un odieux troll », dans les mots de Louise, mais bien quelqu’un qui souffre, comment éviter que chaque verre entre copines ou réunion de famille ne s’envenime?

Apaiser la situation

Le problème, ainsi que le souligne Nicolas Wuyard, psychiatre en région liégeoise, c’est que « l’envie est plus archaïque que la jalousie ».

C’est moins élaboré du point de vue de la réflexion intrapsychique. Dans le cas de l’envie, contrairement à la jalousie, on est face à une dynamique duelle, et pas triangulaire »

Concrètement, alors que dans une dynamique triangulaire, « on arrive à prendre en compte « l’extérieur » et à ne pas focaliser sur la personne », dans une dynamique duelle, « on investit les personnes séparément sans tenir compte des autres ». « Si Alice passait un peu moins de temps à bitcher sur mon job de rêve et mon salaire « démesuré » qui me permet de m’offrir de jolies choses, elle se rendrait compte que j’ai aussi des horaires de malade et relativement peu de temps libre » grommelle Amandine. Sauf que justement, c’est bien là toute la complexité de l’envie, ainsi que le rappelle Yochi Cohen-Charash: « l’envie est une douleur émotionnelle, et souvent, la douleur émotionnelle conduit à la douleur physique ».

C’est pourquoi nous essayons de nous dire ‘Non, ce n’est pas en train d’arriver. Je ne suis pas vraiment envieux’ »

« L’objectif de la personne envieuse, c’est de réduire la douleur, et elle fera tout ce qui pourra l’aider à réduire cette douleur », même si cela implique de faire quelque chose de méchant ».

Si c’est vous qui souffrez d’envie, et que cela mine vos relations sociales, vous l’avouer peut pourtant vraiment vous aider à aller de l’avant.

Cela veut dire admettre que vous êtes mauvais, que vous êtes inférieur… mais se l’avouer peut en fait permettre de faire beaucoup de choses, comme par exemple en profiter pour redéfinir vos priorités, et comprendre ce qui est vraiment important pour vous »

Si, par contre, vous souffrez des attaques d’une personne envieuse de votre entourage, deux réajustements peuvent être faits en douceur pour rééquilibrer la situation. D’abord, veiller à mettre l’accent sur ce qui vous rassemble, les points communs que vous partagez. En effet, les personnes envieuses mettent de la distance, se convaincant qu’elles ne ressemblent pas à ceux ou celles dans leur ligne de mire. N’hésitez pas, également, à aborder les points forts de la personne. L’envie est souvent lié à un aspect spécifique de la vie de quelqu’un, or si vous ne pourrez évidemment rien faire pour améliorer le physique ou la confiance de quelqu’un qui vous envie clairement vos yeux clairs ou vos longues jambes, rien ne vous empêche de mettre l’accent sur ses forces, quelles qu’elles soient. Sans tout accepter pour autant.

Mettre des limites claires

Si l’envie est l’expression d’une souffrance, cela n’équivaut toutefois pas à une permission de tout dire et/ou tout faire sous prétexte qu’on a mal. Psychothérapeute et coach de vie, Karine Ruel rappelle qu’il « ne faut jamais laisser quelqu’un nous empêcher de vivre notre vie ». Vous n’allez pas diminuer votre succès ou prendre 5 kilos pour qu’on vous foute enfin la paix.

Il est conseillé d’ignorer les personnes jalouses et méchantes dans 90 % des cas, surtout quand une personne nous rabaisse ou fait preuve de jalousie à notre égard parce qu’on a travaillé comme un fou et que l’on a réussi. Ces personnes essaient de nous abaisser à leur niveau. Il ne faut pas les laisser faire »

Selon elle, la confrontation peut ainsi être salutaire: « on peut essayer d’avoir une conversation d’adulte avec l’autre personne pour essayer de la comprendre et de voir quel est le vrai problème ». Même si c’est compliqué, veillez dans la mesure du possible à ignorer les commentaires envieux, qu’ils soient déguisés en « compliments » ou en « blagues »: ignorer ces propos fait comprendre aux personnes que vous n’acceptez par leur ressentiment. Dans la mesure du possible, toujours, veillez à réduire au maximum vos relations avec cette personne: dans une situation sociale impérative, par exemple, saluez la en premier, puis continuez de saluer les autres et cherchez plutôt leur compagnie. Enfin, quand les piques se font vraiment trop piquantes, ne vous laissez pas faire: nul besoin de faire preuve d’agressivité, mais il est important de ne pas vous laisser marcher dessus non plus, et de rappeler, par exemple, que vous n’avez aucun problème avec la critique… tant qu’elle reste constructive. Et puis surtout, faites vôtres les mots particulièrement justes de Don Miguel Ruiz.

Ne prends rien personnellement: ce que les autres disent et font n’est qu’une projection de leur propre réalité. Lorsque tu es immunisé contre cela, tu n’es plus victime de souffrance inutile »

Et Karine Ruel de rappeler que « même si l’opinion des autres (famille, amis, collègues de travail, coéquipiers, professeurs…) est importante, il faut laisser parler et passer au-dessus de leurs critiques afin d’être heureux et épanoui ». En d’autres mots: les chiens aboient, la caravane passe, et tant qu’on y est, on laisse pisser le mouton en toile de fond.

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