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La tokophobie, ou la peur extrême de la grossesse et de l’accouchement

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Nous sommes nombreuses à rêver de maternité et à envisager cette période de notre vie avec sérénité et joie. Mais, à l’inverse, certaines sont prises de panique à l’idée de porter et donner la vie. Une peur intense nommée la tokophobie, et qui toucherait jusqu’à 14% des femmes.

Quand devenir maman vire au cauchemar. La tokophobie, dont le nom provient de tokos (accouchement) et phobos (peur), se définit comme une forme de phobie dépressive liée à la crainte de la grossesse et de l’accouchement. Une peur connue depuis le 19ème siècle, époque où les grossesses provoquaient davantage de complications, dont des douleurs sévères et parfois même la mort. Mais si aujourd’hui les progrès médicaux garantissent neuf mois sans danger, si pas épanouis, la peur d’enfanter n’a malgré tout pas disparu.

Trois formes connues

Les psychiatres distinguent trois formes de tokophobie, reliées aux circonstances de son déclenchement. La tokophobie primaire remonte à l’adolescence, bien avant de tomber enceinte. Les femmes touchées par celle-ci entretiennent des relations sexuelles normales mais ont une contraception excessive, avec l’emploi de plusieurs méthodes à la fois. La tokophobie secondaire survient quant à elle après une naissance difficile. Par exemple dans les cas de douleur importante, de traumatisme ou d’accouchement en urgence. Enfin la tokophobie peut également faire partie des symptômes d’une dépression prénatale. C’est-à-dire lorsque le fait de vivre une grossesse et tout ce qu’elle implique, entraine un syndrome dépressif. Toutes transforment en tout cas l’arrivée d’un bébé en une véritable épreuve.

Quelles conséquences ?

Selon une étude réalisée par deux psychiatres britanniques en 2017, ce mal toucherait 14% des femmes. Il se traduit de différentes manières: des cauchemars, des vomissements, des crises d’angoisse, ou parfois pire. La peur incite en effet certaines femmes à demander une césarienne, tandis que pour d’autres la phobie est si intense qu’elles souhaitent mettre un terme à leur grossesse. Une demande de stérilisation peut aussi en découler pour éviter d’être à nouveau confrontée à cette situation angoissante.

Une peur alimentée par les médias

Malgré les progrès cliniques améliorant de manière considérable la gestion de la grossesse et de l’accouchement, cette phobie continue à se répandre chez les femmes. Et selon Catriona Jones, sage-femme et professeure britannique, les médias ont leur part de responsabilité. En effet, les témoignages publiés sur les forums ou les réseaux sociaux contribueraient eux aussi à engendrer une peur grandissante chez les futures mamans. Les femmes cherchant simplement des informations sur internet, se retrouvent ainsi fréquemment confrontées à des descriptions sanglantes et à un vrai déferlement d’histoires horribles. Nombre de stars comme Victoria Beckham ou Claudia Schiffer, participent elles aussi à ce mouvement et poussent à la césarienne en clamant qu’elles refusent l’accouchement par voie basse. Une catégorie qu’on appelle les « too posh to push » (trop classe pour pousser).

Une fatalité ?

Comme toute phobie, celle-ci n’est pas une fatalité et peut être soignée. Il ne faut donc pas hésitez à en parler avec le personnel médical compétent afin d’obtenir une prise en charge et un suivi psychologique. La première étape étant d’identifier si le mal-être relève de la simple angoisse que ressent la majorité des futures mamans, ou s’il s’agit d’une peur persistante et extrême.

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