Home Lifestyle Faut qu'on parle Faut qu’on parle: des fesses féministes d’Emily Ratajkowski

Faut qu’on parle: des fesses féministes d’Emily Ratajkowski

On la découvrait en 2013 dans le clip de Blurred Lines de Robin Thicke, brune piquante, au sex-appeal incendiaire. Une sensualité exacerbée qu’Emily Ratajkowski a depuis transformée en arme de réussite et en étendard d’un féminisme 2.0. Et, si le doute persiste entre vrai engagement ou un parfait coup de comm’, on frôle en tout cas aujourd’hui l’overdose.

Ce 3 décembre, Emily Ratajkowski affichait sa fabuleuse plastique sur les réseaux, à l’occasion d’une participation ultra-sexy au calendrier de l’avent virtuel de Love Magazine. Excepté les pâtes et la sauce tomate dont elle avait choisi de s’enduire amoureusement dans ce clip, rien d’exceptionnel, puisque la belle a fait de sa nudité, sa principale marque de fabrique et se déshabille fréquemment sur la Toile pour le bonheur de ses fans.

Le paradoxe de la petite culotte

@Emrata, son compte Instagram ressemble en effet à une sulfureuse version des aventures de Martine. Emily les fesses à l’air au soleil, Emily en string sur un bateau, Emily cachant ses seins après sa douche… On pourrait croire à une énième playmate jouant de ses poses langoureuses pour conquérir une communauté toujours plus vaste. S’il n’y avait pas les revendications militantes et le statut d’activiste pour la condition féminine, brandis par la bombe dans chacune ou presque de ses interventions. Car, derrière les sous-vêtements affriolants et les poses lascives, se cache une éloquence et des convictions aussi intègres que bien trempées. Elle affirme ainsi notamment: « Où les filles doivent-elles regarder pour trouver des femmes indépendantes qui décident quand et comment elles veulent se sentir sensuelles ? »

Même si le fait d’être réduite à sa sexualité par le regard de la société est dévalorisant, il devrait y avoir un espace où les femmes peuvent se sentir sexy quand elles le souhaitent.

Ni pute ni soumise

Emily Ratajkowski revendique le droit à être et tout particulièrement à être nue. A dévoiler d’elle ce qu’elle désire, sans jugement, sans body shaming, sans pression de la norme. Elle dénonce la culpabilisation des femmes qui assument leur corps et leurs pulsions et argue que c’est le regard des hommes qui est véritablement honteux et non pas les désirs des femmes.  « La façon dont je m’habille, j’agis, je flirte, je danse, je fais l’amour, ce sont mes décisions et elles ne doivent pas être impactées par les hommes. Être sexy est amusant et j’aime ça. Je ne devrai jamais avoir à m’excuser pour ça. »

Drôle de plaidoyer

Et, si l’on ne peut que valider ses propos et être mille fois convaincues par ses mots, on n’en devient pas moins perplexes à force. En effet, lorsque la top se frotte langoureusement avec des spaghettis en affirmant « J’aime les pâtes et être recouverte d’huile d’olive plus que tout dans la vie », difficile ensuite de focaliser sur le principe que, pour elle, « la sexualité féminine et le fait d’être sexy, peu importe la façon dont on a été conditionnée par un idéal patriarcal, sont des outils incroyables pour que les femmes prennent le pouvoir ». Car, même si cette soudaine passion pour la cuisine ne dénature pas son engagement, pas évident de comprendre en quoi militer pour les droits des femmes passe par une danse érotique au milieu des pâtes.

Sous la mécanique hot bien rodée

Et de fait, le message d’Emily Ratajkowski, quoique bien noble, se retrouve perpétuellement noyé sous les poses sensuelles et les mises en scène torrides. Difficile en effet de percevoir l’implication féministe d’une balade totalement nue à dos de cheval blanc ou de perpétuels gros plans, en noir et blanc, couleur et sepia de fesses avec ou sans string. On entend d’ici la belle rétorquer qu’il s’agit d’instrumentaliser son corps pour lui donner du pouvoir et que le sexe n’est pas l’apanage unique des hommes. Mais, comme pour toute forme de rébellion, celle-ci s’étiole à force d’utiliser le même stratagème et le matraquage est tel qu’on ne peut qu’atteindre l’overdose.

Répetitif à l’excès

En montrant son corps et en continuant, malgré les critiques et les commentaires misogynes, la top a fait preuve de courage et de determination. Durant un temps. Car, cette millième photo à poil va-t-elle vraiment encore changer la donne ou ajouter une pierre à l’édifice de la condition féminine? Et surtout est-elle encore remarquée et comprise pour autre chose qu’une ode à ses formes parfaites? Et, alors qu’on imagine mal que les 15,8 millions de followers de son compte Instagram la suivent uniquement pour ses déclarations intègres et fracassantes, pourquoi Emily Ratajkowski ne change-t-elle pas enfin de registre? Ne lutte-t-elle pas autrement pour cette cause lui tenant tant à cœur?

Célébrité contradictoire

Ce qui, au départ était un acte de relative bravoure n’est-il pas surtout devenu une belle source de profits? Car, à part quatre micro-rôles au cinéma, celle qui se dit actrice, brille par son absence au cinéma. Et ne doit au final sa médiatisation qu’à des buzzs hot bien orchestrés. Emily Ratajkowski n’ignore de plus surement pas  qu’elle fidélise un public essentiellement masculin, fantasmant sur ses atouts charme. Public qu’elle dénonce par ailleurs. Difficile dès lors de ne pas devenir un paradoxe, au risque de manquer cruellement de consistance.

Et si aujourd’hui, la vraie liberté était justement de s’offrir le droit de poser nue sans grand message ou déclaration bien pensante? Et si la vraie révolte tenait au fait de refuser de se justifier et de ne pas ajouter de pseudo raisons engagées à l’envie de se déshabiller? Ou au contraire, montrer qu’on peut tout autant se faire entendre malgré des vêtements et sans suggestion aucune? Mais encore faudrait-il Emily Ratajkowski soit prête à se mettre réellement à nu.

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