Home Lifestyle Faut qu'on parle FAUT QU’ON PARLE: des propos choquants d’un chroniqueur sur Hoshi

FAUT QU’ON PARLE: des propos choquants d’un chroniqueur sur Hoshi

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Sur les réseaux sociaux, le soutien à la chanteuse Hoshi afflue de tous les côtés. Et pour cause: le 7 avril sur Arts-Mada, webradio indépendante, Fabien Lecœuvre, chroniqueur, tient des propos sexistes et choquants à propos de la jeune femme, provoquant un véritable tollé – totalement justifié – sur les réseaux sociaux.

On savait déjà que c’était mal barré dès le moment où le chroniqueur commence avec une question venue directement d’une autre époque: “Quand est-ce qu’on va nous sortir des beaux mecs, ou des filles sublimes?”, avant de s’enfoncer un peu plus en pointant du doigt la chanteuse Hoshi.

Quand vous regardez Hoshi par exemple, qui a un talent incroyable, indiscutable… Mais enfin, vous mettez un poster de Hoshi dans votre chambre? Elle est effrayante!”

Et d’ajouter: “Je n’ai rien contre cette fille. Elle est géniale et a du talent. Mais qu’elle donne ses chansons à des filles sublimes comme des Vanessa Paradis, comme il y a eu des Vartan, des Sheila à 20 ans ou des Françoise Hardy.”

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Et histoire d’en rajouter une couche: personne sur le plateau de la webradio ne réagit, cautionnant de facto de tels propos dont la violence est pourtant flagrante aux oreilles de tou·te·s.

La jolie fille qui chante de jolies chansons

Si ces propos choquent autant, c’est tout d’abord parce qu’ils remettent sur la table le débat sur le physique des artistes. Sont confondus dans les propos de Fabien Lecœuvre talent et physique: pourquoi vouloir mettre l’un face à l’autre? Pourquoi devoir associer une jolie chanson à une jolie petite gueule? Qu’avons-nous à faire du physique d’un·e artiste derrière un son qui nous procure frissons et émotions? Rien. Strictement nada. Et c’est là où la Toile a raison de s’indigner et d’élever sa voix: de tels propos sont inadmissibles en 2021, à l’heure où le body shaming est petit à petit banni, à l’heure où le self-love prend possession de nombre d’entre nous, à l’heure où s’aimer ne doit pas rimer avec les codes sociétaux imposés depuis des millénaires. De tels propos attaquent l’estime de soi et laissent des traces. Ce monsieur n’a pris que quelques secondes de sa vie pour les formuler, mais cela peut prendre des années à celle qui les a entendus pour s’en remettre.

Et puis, combien de femmes ne luttent-elles pas contre leurs démons pour s’accepter telles qu’elles sont? Combien de femmes n’ont pas plus d’une fois pleurer ou eu le coeur serré parce que leur physique ne répondait pas aux clichés du patriarcat?”

En l’espace d’une minute à peine, Fabien Lecœuvre déterre les ossements d’un combat qui fait froid dans le dos. “Tellement grave de tenir ce genre de propos ! On lui offre un poster ou un miroir? J’hésite” s’est défendue Hoshi sur Twitter, juste avant de recevoir une horde de soutien de la part de nombreux·ses internautes, mais également de célébrités, comme Angèle, Coeur de Pirate, Clara Luciani, Hugo Clément, Louane, Amel Bent ou encore Waxx. Le chroniqueur a bien tenté des excuses, mais une fois de plus, ça ne passe pas… “Bonsoir Hoshi, Mille excuses pour ces propos maladroits sortis de leur contexte et qui ont pu te blesser. Je relatais simplement une différence d’époque où les maisons de disques et les publics faisaient beaucoup plus attention aux physiques des artistes qu’aujourd’hui.” Des excuses ratées, que Hoshi n’a pas manqué d’épingler.

Moi, je ne veux pas de vous dans mes concerts. Mes concerts sont des lieux safe pour mon public. Vos propos sont trop graves pour vos soyez quelqu’un de bien”,

a ajouté la chanteuse sur son compte Instagram. “Et le ‘ça ne change rien’ lol. Je suis ‘effrayante, moche’, je devrais ‘donner mes titres à d’autres’ mais bon j’ai du talent quand même alors monsieur veut venir me voir en concert malgré tout? Putain de réponse patriarcale. Vous êtes à vomir.”

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La sexualisation des artistes

Parce qu’au-delà de ces allégations indignes, le chroniqueur met également en lumière, malgré lui, la difficulté de s’imposer dans l’industrie musicale. Pour réussir, vaut mieux avoir un physique avantageux? Que l’on arrête une bonne fois pour toute avec ces stéréotypes et la sexualisation en permanence de tout un chacun, tous domaines confondus. “J’ai toujours cru qu’un·e chanteur·se devait tout simplement bien devoir chanter, a déclaré Slimane sur son compte Instagram. Vous crachez sur une artiste, une femme, et sur des milliers de jeunes artistes en devenir qui comme moi, comme nous se disent que ce qui compte le plus c’est de chanter, de construire son univers et d’être sincère.

Hoshi tu es belle mais ça on s’en fiche… Vous monsieur ce sont vos mots qui sont effrayants…”

a-t-il conclu avec beaucoup de justesse. Les propos de Fabien Lecœuvre sont écoeurants et serrent notre coeur, mais ils ont le mérite d’une chose: prouver que rien est acquis et que les mentalités doivent encore et toujours évoluer. En regard de la beauté de l’Humain et en regard de la complexité de ses émotions, le débat autour du patriarcat, de la sexualisation de la femme et de son physique pensé selon les stéréotypes de petits esprits ne devrait plus avoir sa place aujourd’hui. Heureusement, on se réchauffe l’esprit en s’attardant sur la tonne de soutien allant à Hoshi, prouvant que rien n’est perdu et que là où il y a de la vie, il y a de l’espoir. Ouf.

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