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Coronavirus: les grands groupes de la fast fashion ne payent plus leurs fournisseurs en Asie

Le Covid-19 ne cesse de faire des victimes collatérales: face à la propagation du virus, des chaînes de la fast fashion, comme Primark, ne sont plus en mesure de payer leurs fournisseurs, soit des usines textiles situées au Bangladesh, en Chine et au Vietnam. Une situation dramatique.

Les boutiques de vêtements étant à l’arrêt aux quatre coins du monde, les grandes marques de prêt-à-porter souffrent de la diminution drastique des ventes. En deux semaines, soit du 17 au 31 janvier 2020, le MSCI Europe Textiles, Apparel & Luxury Goods Index avait déjà perdu près de 54 milliards de dollars de valeur de marché. Depuis lors, les chiffres ont évidemment continué à chuter dangereusement. H&M, Zara et Primark, ne vendant plus assez, ont annoncé qu’ils devaient ralentir leur production de vêtements. Elles ne passeront donc sans doute plus commandes à leurs fournisseurs, mais H&M et Inditex – la maison mère de la chaîne Zara – ont promis de ne pas annuler les commandes déjà passées. Certaines marques ont par contre décidé de ne pas acheter les stocks produits qui n’ont pas encore été expédiés. C’est le cas de Primark, notamment, qui ne réglera pas sa facture de 273 millions de dollars. Le Wall Street Journal donnait aussi l’exemple d’une usine bangladaise qui se retrouve avec 14.500 jeans de la marque Peacocks sur les bras, après que l’entreprise ait annulé sa commande. Un cas de figure loin d’être isolé.

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Des milliers de personnes sans revenus

Résultat des courses: de nombreuses usines de textile, situées au Bangladesh, en Chine ou au Vietnam, sont forcées de fermer leur porte. Fermetures accompagnées, évidemment, de licenciements sans sommation ni indemnités à des milliers de personnes, qui vivent déjà dans des conditions très précaires. Selon le média Korii, les fabricants de textile étant dépendants des leaders du prêt-à-porter, là où ces derniers ont l’embarras du choix pour leurs producteurs, les manufactures seraient très hésitantes à entamer des poursuites en justice, de peur que les leaders de la fast fashion ne les boycottent une fois le confinement terminé.

Vers un autre modèle?

Une situation qui nous force à réfléchir à ce business model de la mode, qui, vraisemblablement, peut déboucher sur des situations catastrophiques. Car ce qui transparaît clairement en situation de crise c’est que ces pays pauvres sont dépendants de géants de la mode.  En effet, pour le Bangladesh par exemple, les vêtements représentent 80 % des exportations nationales et fournissent de l’emploi à plus de quatre millions de personnes, selon la RTBF. Les groupes de défense des travailleurs du textile demandent aux géants de la fast fashion de prendre leurs responsabilités sociales.

Lorsque cette crise sera terminée, les gens se souviendront de quelles marques ont répondu présentes pour protéger leurs travailleurs et employés, et lesquelles étaient aux abonnés absents”

avertit Dominique Muller de Labour Behind the Label, une ONG britannique défendant les droits des travailleurs du textile, cité par la RTBF.

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