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Cette maman écrit son angoisse d’avoir fait « un enfant sur fond de fin du monde »

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Nous sommes tombées sur un texte sublime publié dans le journal québécois La Presse +: la lettre d’une maman adressée à son fils Léon, âgé d’à peine un an. Elle y confie la peur de voir grandir son enfant sur une Terre qui s’écroule.

En lisant les mots de Geneviève Dorval, notre cœur se serre. Si, comme de nombreux parents, vous vous êtes déjà posés les questions: « avons-nous vraiment bien fait de donner naissance à un petit être dans un monde en train de se casser la figure? » ou encore « quel avenir sombre lui réservons-nous? », les réflexions de cette jeune maman devraient particulièrement vous parler.

Mea culpa

« Nous avons décidé de faire un enfant sur fond de fin du monde. Ce fut une décision douloureuse, pas entièrement éclairée, et totalement biaisée par notre envie profonde d’avoir un enfant » commence par confier la jeune maman dans sa lettre.

Nous n’avons pas d’excuse

Que répondrons-nous à nos enfants quand ceux-ci nous demanderons des comptes sur la catastrophe climatique dont on n’a cessé de nous prévenir à coup de rapports alarmants? « C’est pas ma faute à moi, c’est la faute aux anciens »? Geneviève Dorval redoute déjà cette question que lui posera peut-être un jour son petit Léon.

« Nous étions évidemment conscients des changements climatiques, mais ça semblait encore une réalité assez lointaine. Ce serait peut-être pour le prochain siècle. Nous aurions le temps de changer notre mode de vie, de trouver des solutions, d’élever la prochaine génération dans un rapport au monde plus sain que celui qui nous a été inculqué ».

J’aimerais dire que nous ne savions pas, mais en fait, nous étions aussi beaucoup dans le déni »

admet-elle.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Il y a de nombreux sujets difficiles à expliquer aux enfants. Mais cette crise climatique et l’inaction généralisée occupent certainement le haut du classement…

« Des actions radicales sont requises immédiatement pour nous donner une chance d’éviter le pire. Mais au moment où j’écris ces lignes, les médias en parlent comme d’un fait divers, nos élus sont occupés à s’acharner sur les minorités ethniques et religieuses, et tout le monde continue à vivre comme si de rien n’était. Métro, boulot, dodo » raconte la jeune maman angoissée à son petit Léon.

L’écoanxiété, la maladie de l’époque

« J’ai commencé il y a quelques mois à vivre une anxiété envahissante. Insomnie, crises de larmes, émotions à fleur de peau, difficulté à penser à quoi que ce soit d’autre qu’un avenir sombre. Je suis parfois incapable de profiter du moment présent ou d’apprécier pleinement le bonheur de te voir grandir sans avoir peur en même temps ».

J’ai toujours cette petite voix, dès que je me projette dans l’avenir, qui ajoute « si on est encore là » »

écrit Geneviève Dorval.

Devons-nous renoncer à faire des enfants?

« Léon, l’avenir m’inquiète et le présent me révolte. Mais je ne regrette pas de t’avoir mis au monde ».

Nous avons fait le pari que ta vie vaudrait la peine d’être vécue malgré tout et que le monde se porterait mieux avec toi que sans toi »

« Ton existence est le témoignage de ma foi en la résilience du vivant et la puissance des mouvements sociaux – de grands s’en viennent et sont déjà en cours » écrit Geneviève Dorval avec une note d’espoir.

Je te promets…

Pour conclure, la jeune maman termine sa lettre en s’engageant à son échelle à faire tout ce qui est en son pouvoir pour changer les choses.

« Je vais poursuivre les choix quotidiens visant à réduire l’impact de notre famille, bien que je reconnaisse que les actions individuelles ne suffisent pas et n’ont jamais suffi ».

Je m’engage à ne jamais te cacher la réalité, et à te donner l’éducation et les outils nécessaires pour que tu uses de tes privilèges sagement, que tu sois débrouillard, critique, responsable et guidé par la compassion »

« Je vais résister de mon mieux à la destruction du monde par la désobéissance civile. Et finalement, je me fais la promesse d’être pour toi le meilleur exemple possible de courage, de militantisme, de foi en l’humanité et de respect pour l’ensemble du vivant »

Un message inspirant qui, elle l’espère, donnera l’envie à d’autres parents de se battre pour les générations futures.

L’entièreté de la lettre de Geneviève Dorval est à lire sur ce lien.

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