Home Culture Télévision Pourquoi la catégorie « gay » de Netflix est une mauvaise idée

Pourquoi la catégorie « gay » de Netflix est une mauvaise idée

Alors qu’il fallait il y a peu encore encoder un code secret pour trouver les programmes gays et lesbiens sur Netflix, désormais, la plateforme de streaming leur a offert une catégorie dédiée. Avancée bienvenue, ou homophobie accidentelle?

« 8243 »: quatre petits chiffres, qui offraient aux utilisateurs du géant du streaming une passerelle secrète vers tous les films et séries gays et lesbiens repris sur Netflix. Un raccourci désormais plus nécessaire, puisque pile à temps pour le « pride month », la plateforme dévoile une catégorie « séries gays », en marge des catégories « séries US à l’eau de rose » ou « séries pour enfants ». Sauf que si la démarche part clairement d’un bon sentiment, au final, on est plus dans l’homophobie bienveillante que dans une avancée progressiste.

Discrimination programmée

En effet, si vous cherchez la catégorie « séries hétéros », vous ne la trouverez nulle part sur le géant du streaming. Parce qu’elle n’existe pas plus là qu’ailleurs, puisque le sentiment prévalent est qu’être hétérosexuel est « la norme », contrairement à l’homosexualité, qui mérite qu’on la signale et qu’on lui dédie sa propre catégorie. C’est là un des principes mêmes de l’homophobie bienveillante: sous couvert de vouloir encourager et mettre en avant les personnes homosexuelles, on les fait sortir du lot, ce qui est en soi une forme de discrimination.

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Discriminatoire, également, la sélection plutôt stéréotypée réalisée par Netflix. De « RuPaul’s Drag Race » à « Dancing Queen » en passant par « SuperDrag » et son « gaydar magique », les séries sélectionnées offrent une version plutôt cliché de l’homosexualité, entre boas, paillettes et drag queens outrancières. Bon point, tout de même, la présence dans la sélection de certaines pépites telles que « Special » ou « Eastsiders ». Reste qu’elles ne suffisent pas à effacer le sentiment que cette catégorie n’accomplit pas le but souhaité, et aurait plutôt tendance à discriminer plutôt qu’à présenter une véritable ouverture. À moins de partir du principe que toutes les préférences sexuelles méritent leur propre catégorie sur Netflix, ce qui pourrait s’avérer à la fois très drôle, et gore.

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