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On a vu « Ni juge ni soumise », le long-métrage de « Strip-Tease » et on a adoré!

« Ni juge, ni soumise », le long-métrage de l’émission culte « Strip-Tease », réalisé par Jean Libon et Yves Hinant, est dans les salles et on ne peut que vous conseiller d’aller voir ce petit chef-d’œuvre.

Après 5 ans d’absence, l’équipe de Strip-Tease est enfin de retour, sur grands écrans cette fois, avec « Ni juge, ni soumise ». Pour ce documentaire long-format, l’équipe de Strip Tease s’est installée dans le bureau de la juge d’instruction Anne Gruwez pour en dresser un portrait truculent. Comme d’hab’, la team a déniché un personnage hors du commun. Une pépite, à la fois loufoque, excentrique, drôle, mais aussi terriblement humaniste et attendrissante. Effrontée, ironique et forte, qui ne cache pas son émotion lorsqu’une de ses enquêtes se solde par un échec cuisant.

Le surréalisme à la belge

Au volant de sa Deux Chevaux rutilante, comme les Dupondt, on plonge dans son quotidien complètement surréaliste. Surréaliste et pourtant terriblement réaliste. Avec, comme fil rouge, la résolution d’un cold case – une histoire de meurtre de prostituées – les témoignages se succèdent, avec toujours, une Anne Gruwez qui ne mâche pas ces mots, rendant chaque conversation absolument géniale! « En fait, ça coûterait moins cher à la société si vous mourriez maintenant » dit-elle à un malfrat. À un autre: « Si vous ne voulez pas me donner votre ADN, je peux vous plaquer au sol » ou encore « Je peux vous dire que la colère d’Allah, ce n’est rien à côté de moi ». Une série de punchlines qui viennent ponctuer des récits d’une tristesse infinie…

Infanticide et masochisme

Comme ce climax: l’audition sinistre et sidérante d’une femme au regard noir, qui explique posément comment elle a tué son petit garçon de 8 ans en lui tranchant la jugulaire, persuadée que son petit était le fils de Satan. Notre sang à nous, se glace. Même sensation face à ce présumé coupable de vol, envoyé à Forest, qui crache en pleine face de la juge: « Dès que je sors de prison, je juge devant Dieu que je partirai en Syrie et ça va péter » Et puis, sans crier gare, on passe au rire, avec la conversation hallucinante de la juge et d’une prostituée adepte du sadomasochisme, qui lui explique gentiment les sévices qu’elle inflige à ses clients. Au fou rire aussi et carrément, lorsqu’on découvre les ravages de la consanguinité dans la communauté marocaine. À quel moment doit-on vraiment arrêter de rire? Quand la caméra filme une exhumation, qu’on aperçoit le corps nu d’un défunt, qu’on entend le son de la scie qui lui brise les os? Comme toujours Strip Tease parvient à créer le malaise, à nous forcer à nous poser les bonnes questions. La question du rire se pose aussi pour cette juge, qui, sans l’humour comme arme, pourrait difficilement survivre dans ce monde si sordide.

Reprendre confiance en la justice

Au travers de cette juge d’instruction, « Ni juge ni soumise » tâche aussi de déshabiller la justice, de la montrer dans son plus simple appareil, sans les perruques blanches et les robes de magistrat, sans le jardon incompréhensible. Mise à nu, la justice peut être humaniste. On comprend dès lors à quel point elle est délicate, aussi de par les questions qu’elle soulève: détruire ou ne pas détruire la vie d’un homme en l’envoyant en prison, sachant que celle-ci ne rend pas toujours meilleur… Mettre de l’espoir en quelqu’un, parier sur lui, au dépend peut-être de la société? On ressort de la salle de cinéma, estomaqués, désillusionnés aussi – « ça ressemble à ça la vraie vie? » – mais rempli de vraies questions de société à débattre entre amis.

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