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Simone Veil - ©Simone, le voyage du siècle

ON A VU: « Simone, le voyage du siècle », l’incroyable film sur Simone Veil

Manon de Meersman

Le 12 octobre prochain, les salles obscures accueilleront un véritable chef-d’oeuvre: « Simone, le voyage du siècle », soit un film qui retrace le destin de Simone Veil.

On a eu la chance de voir en avant-première « Simone, le voyage du siècle », un long-métrage signé Olivier Dahan. Retraçant la vie de Simone Veil, ce film nous a touché en plein coeur.

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Une chronologie déstructurée

Ce long-métrage n’a rien d’un biopic classique. Olivier Dahan a naturellement fait le choix de déconstruire la chronologie de la vie de Simone Veil. Les tranches de vie, les combats et les tragédies s’entremêlent, nous emmenant tantôt dans les moments les plus sombres et les plus difficiles de son parcours, nous emportant tantôt dans les décisions les plus grandes qu’elle ait posées dans sa vie. Il y a dans ce rythme une volonté d’emporter le spectateur, afin que ce dernier se fasse son interprétation de la vie de Simone Veil, et qu’il soit apte à les interpréter selon sa propre grille de lecture. Un montage incroyable, qui nous plonge dès la première minute, et ce, jusqu’à la dernière, dans la vie d’une grande dame, qui a voué son existence au combat de l’humanité et à la dignité de l’Homme.

Magistrate et femme d’État, Simone Veil s’est construite au travers d’un passé marqué par la Shoah puisque déportée à l’âge de 16 ans. Elle y perdra son père, son frère, mais aussi et surtout, sa mère, qui était à ses yeux son véritable modèle, et celle qui lui a insufflé dès son plus jeune âge les valeurs de la femme. Cette magnifique essence se ressentira tout au long du film, le fantôme de sa mère l’ayant suivi dans toutes ses prises de décision, jusqu’à son dernier souffle.

Un formidable jeu d’acteur

Ce long-métrage est porté avec brio par les acteurs et les actrices qui composent le casting. À commencer par les deux femmes qui interprètent Simone Veil: Rebecca Marder et Elsa Zylberstein. Leur jeu d’actrice est à couper le souffle; chaque geste, chaque mot, est incarné avec une précision sans faille. Après la projection, Elsa Zylberstein explique qu’elle aura mis un an à se mettre dans la peau de Simone Veil. Un an de travail, pour ressentir, jusque dans son âme, l’essence d’une femme qui a changé le monde.

Citons également Olivier Gourmet, dans le rôle d’Antoine Veil, le mari de Simone Veil, que l’on peine à reconnaître, et dont le jeu est superbement juste. Élodie Bouchez interprète Yvonne Jacob, la mère de Simone Veil, et Judith Chelma, Milou, la soeur de Simone. Le casting est doré, et contribue à nous donner la chair de poule tout le long du film. Parce que c’est là où ce film se démarque de tous les autres du genre que l’on a pu voir auparavant: nous avons les yeux humides pendant presque toute la durée du film.

Bien plus qu’un biopic

La raison de cette émotion est simple, et complexe à la fois en réalité: ce biopic sort à un moment charnière. Il nous met une claque. Il nous rappelle la condition humaine. Il nous rappelle les combats qui ont précédé notre existence, et qui sont, pour la plupart, toujours en cours. Il nous fait froid dans le dos en nous replongeant dans l’horreur de l’extermination, mais nous rappelle dans le même temps, l’importance du devoir de mémoire. Il nous touche en nous dépeignant un combat exceptionnel pour le droit des femmes, mais nous interpelle notamment sur l’avortement, nous replongeant dans l’horreur des décisions prises ces derniers mois dans le monde.

Ce biopic est en réalité bien plus que ça. Il nous questionne et nous remet en question sur la société actuelle et ses combats, à l’heure où de multiples crises sévissent et nous plongent dans des retranchements, tout en suscitant en nous une terrible admiration pour Simone Veil. Parce que Simone Veil était tout bonnement une femme incroyable, dont le courage, la ferveur, et la force de caractère nous inspire. Elle a osé ce que les autres n’osent pas. Et comme l’écrit à merveille Rebecca Marder, ce film vient également nous rappeler avec justesse que « l’humanité toute entière est responsable du destin du genre humain ».

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« Simone, le voyage du siècle », un film à voir dès le 12 octobre prochain au cinéma.

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