Le groupe mythique français des années 2000, KYO, est de retour avec un nouvel album Ultraviolent. Rencontre avec Benoît, le chanteur, accompagné de Florian, guitariste du groupe.
Pourquoi avoir choisi Ultraviolent comme titre pour ce nouvel album?
Benoît « C’est le titre du morceau qui ouvre l’album. Les autres membres du groupe m’ont dit que c’était leur titre préféré, on l’a donc choisi comme titre d’album. On trouve le monde actuel ultraviolent: avec les gamins à l’école, le harcèlement scolaire, la difficulté d’être ado, le rôle de parent... Aujourd’hui, ce mot résonne dans nos têtes. La photo de la pochette représente ça aussi avec un fond fleuri très coloré et le carré noir qui signifie qu’on a de la difficulté à se focaliser sur les belles choses, tant on est oppressés par les mauvaises nouvelles. La violence est là tous les jours, mais on doit se focaliser sur les choses qui sont belles dans la vie, et il y en a plein. C’est un peu le concept de l’album. »
Ce côté anxiogène est le fil rouge de cet album?
Benoît « Oui, et d’ailleurs, c’est un peu pareil dans tous les arts, comme dans la peinture, les arts picturaux, les romans... on part toujours un peu de notre époque, de celle qu’on vit. On est tous des êtres sensibles et peut-être même encore plus en tant qu’artistes. Notre matière première, c’est notre environnement, ce qui se passe, ce qui nous touche, qui nous affecte. Donc ce truc d’ultraviolence, c’est un peu le fil rouge, mais après, on ne veut pas que ça soit perçu comme quelque chose de profondément négatif ou de pessimiste. »
Est-ce que la musique peut faire bouger les choses?
Florian « Alors, bouger les choses, je sais pas, mais ce qui est sûr, c’est qu’on reçoit des témoignages réels des gens qui nous écoutent. Même si ce qu’on raconte n’est pas joyeux, ça fait du bien aux gens, ça permet de se sentir moins seul. C’est le partage qui crée quelque chose. »
Il y a eu 14 ans depuis votre dernier album en français. Vous avez fait quoi pendant ce temps?
Florian « On a eu envie d’une pause, mais on a quand même fait 2 albums avec d’autres groupes, dont 1 en anglais. Puis, on a eu envie de réécrire en français. On a toujours su qu’on reviendrait, mais on n’a pas pensé qu’on prendrait tellement de temps. »
Est-ce que vous avez douté à faire ce come-back?
Benoît « Oui, bien sûr, et on a surtout reçu beaucoup de remarques de certaines personnes dans notre entourage. Je pense que c’était pour nous protéger du risque de l’échec. On s’est dit que le public était probablement passé à autre chose, puis on s’est lancés quand même et on a eu la sensation de reprendre notre fauteuil qui était resté vacant. Les gens ont super bien accueilli l’album. »
Est-ce que vous avez une jeune génération qui écoute cet album et qui ne connaît pas les précédents?
Florian « Oui. Il y a les gens qui nous suivent depuis le 1er album qu’ils écoutaient quand ils étaient ados et qui sont toujours là. Et puis, il y a une nouvelle génération qui est arrivée. On a été assez surpris de ce succès chez les moins de 25 ans! On a donc un public très large aujourd’hui. »
En tournée, vous faites donc autant d’anciens titres que de nouveaux?
Florian « Avec le temps, les concerts sont de plus en plus longs (rires), mais c’est toujours un plaisir, on aime bien voyager à travers les époques de notre carrière qui commence à être assez longue. C’est plutôt chouette. »
Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour 2026?
Benoît « Cette année, on va faire peu de concerts, mais on sera pas mal en festivals l’été prochain. Par contre, la vraie tournée va commencer en 2027. On peut nous souhaiter qu’elle se remplisse et qu’elle se passe super bien. On a osé réserver La Défense à Paris qui compte 40.000 personnes! C’est une idée un ambitieuse, un peu folle, mais c’est excitant de se lancer des défis, des trucs nouveaux qu’on n’a pas déjà faits. »
L’album Ultraviolent est disponible. Kyo sera en concert le 22/1/2027 à Forest National (Bruxelles).
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