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« Si j’étais moi », le témoignage d’une mannequin belge sur les coulisses du métier

Kathleen Wuyard

Avec ses taches de rousseur, sa silhouette élancée et son teint diaphane, la mannequin Aurore Morisse a conquis le monde de la mode il y a près de 15 ans maintenant, et l’aventure ne semble pas prête de s’arrêter. Même si le mannequinat n’est pas fait que de strass et paillettes, ainsi qu’elle l’explique dans un livre percutant.


Car Aurore est à mille lieues du cliché qui voudrait que les mannequins soient de jolies idiotes sans rien à dire. Au contraire: celle qui a démarré dans le milieu par hasard, parce que sa soeur jumelle voulait passer un casting, a la langue bien pendue et une curiosité insatiable pour le monde qui l’entoure, qu’il s’agisse de dévorer un livre ou de nouer la conversation avec son voisin de table. Intelligente, drôle, gourmande et sacrément adorable, Aurore est décidément on ne peut plus loin des clichés injustes (et jaloux?) qui collent à la peau des mannequins. D’ailleurs, ça tombe bien, briser les clichés et lever le voile sur les coulisses du mannequinat, c’est justement l’objectif de « Si j’étais moi », livre qu’elle a écrit avec Rudy Lamboray, photographe de son état, qui a retranscrit leurs entretiens pour sortir un ouvrage au croisement du magazine et du livre, d’une honnêteté touchante et parfois franchement choquante.

Parce que non, le mannequinat, ce n’est pas être traitée comme une reine et passer sa vie des mains expertes d’un coiffeur et d’un maquilleur aux sièges moelleux d’un jet privé. Les tops qui ont réussi à se faire un prénom, les Kate, Naomi et Gisele de ce monde, on les compte sur les doigts d’une main. Pour les autres, le quotidien de mannequin est loin d’être facile tous les jours, et certainement pas aussi glamour qu’on le croit.

La vérité, c’est que quand on est mannequin, on est un numéro, un bout de viande. Ce n’est pas vrai que les gens te mettent sur un piédestal; ceux qui te reconnaissent dans la rue, peut-être, mais ceux avec lesquels tu bosses vont plus avoir tendance à pointer tous tes défauts.


Pas facile, pour une ado de 14 ans, de s’entendre dire que ses jambes sont trop courtes et trop musclées et qu’elle ne percera jamais dans le métier...

Si Aurore s’est avérée suffisamment coriace pour encaisser ce genre de remarques (et prouver à ses détracteurs à quel point ils se trompaient), il n’en va pas de même de toutes celles qui rêvent de devenir mannequin un jour. Ni de leurs parents, qui s’imaginent bien souvent que leurs filles vont se trouver projetées dans un milieu de perdition, entre drogues à volonté et soirées interminables.

Mon objectif, ce n’est pas de dissuader les jeunes filles qui voudraient suivre mes traces, mais bien de les informer, elles et leurs proches. Le mannequinat est un métier très dur, il y a beaucoup de soirées, certes, mais on s’y sent très seule; ce n’est pas un bon moment entre potes, on est objectifiée.


Malgré l’envers du décor pas toujours facile à vivre, Aurore continue d’exercer son métier de mannequin en parallèle de son investissement dans l’entreprise familiale, spécialisée dans la vente d’antiquités.

Parce que le mannequinat, c’est beaucoup de sacrifices, certes, mais aussi l’occasion de voir le monde et de multiplier les rencontres, ce qu’Aurore adore. Même si, elle l’avoue en riant, elle n’est jamais plus heureuse qu’à Liège, « dans mon chez-moi, avec mon mec ». Et un livre? Le sien, franc, drôle et impertinent est un délice à lire, qu’on rêve de fouler les podiums ou simplement de s’y évader en pensée.

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