Ensemble depuis 13 ans, ils ont suivi une thérapie de couple pour tenter de surmonter un mauvais moment. Découvrez le témoignage de Cathy et l'avis du psy.
Quand Frédéric m'a avoué qu'il avait une liaison, mon monde s'est écroulé. Mais je venais d'accoucher et j'étais sûre d'une chose: je ne voulais pas briser notre petite famille. J'ai d'abord essayé de digérer ça toute seule, mais après cinq mois, j'ai compris que les problèmes ne s'arrangeraient pas. Quand une amie m'a suggéré de suivre une thérapie, ma réaction a été tranchée: 'Je ne suis pas folle!' J'ai pourtant fini par prendre rendez-vous. Oser admettre que je ne m'en sortirais pas seule a été une étape décisive.
J'ai expliqué à la thérapeute que je n'aurais jamais pensé me retrouver dans cette situation, que c'était difficile de me confier à 'une étrangère'. J'ai ensuite commencé à pleurer et à me confier. Elle m'a laissé faire à mon rythme. L'heure est passée beaucoup trop vite, j'ai eu l'impression de n'avoir rien pu dire. Elle m'a demandé si mon homme accepterait de la rencontrer lors d'une séance individuelle, pour qu'elle prenne connaissance de sa 'version des faits'. Je n'aimais pas du tout l'idée de n'avoir aucun contrôle sur ce qu'il lui raconterait! La proposition n'a pas vraiment emballé Frédéric, mais comme il était 'en tort', il s'est sans doute dit qu'il me devait bien ça. Après nos séances individuelles, nous y sommes allés deux fois ensemble. C'était très dur pour moi, j'ai eu l'impression que la thérapeute avait plus de compréhension pour le récit de Frédéric que pour le mien. Qui était la victime, dans le fond?
Petit à petit, j'ai compris que nous devions tous les deux faire des efforts pour sauver notre couple. La thérapeute nous a par exemple conseillé de nous réserver plus de temps l'un pour l'autre, ce qui n'est pas toujours évident avec un bébé à la maison. Chaque jour, on devait se consacrer un quart d'heure l'un à l'autre pour parler de nos journées et de nos sentiments. La thérapeute m'a conseillé de tirer un trait sur le passé et de ne pas toujours remettre sur le tapis l'infidélité de Frédéric. Lors des séances, il est aussi apparu que j'étais malheureuse du peu d'attention que Fred me manifestait. Elle lui a demandé de faire des efforts (une invitation au resto, des compliments...) tout en me rappelant de l'accepter tel qu'il est et de ne pas attendre trop de lui.
Les séances se déroulaient parfois de façon très intense et la thérapeute devait régulièrement me faire taire pour laisser la parole à Frédéric. Ça me paraissait injuste, mais finalement c'est tout l'intérêt d'une thérapie. Contrairement aux amis, le thérapeute ne juge pas et ne prend pas parti. Ça a été un grand soulagement de pouvoir me libérer de ce poids auprès d'une tierce personne. Aujourd'hui, je regrette qu'on ait attendu si longtemps avant de se lancer.
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