Garder son bébé ou non. Un choix terrible, que certaines femmes ne peuvent faire librement. Et la pensée de cet enfant qu'elles n'ont pas eu les poursuivra toujours.
Comment poser un choix éclairé quand on est dans une situation de crise? L'avis d'Ellen Excelmans, psychologue:
Vous avez des questions, vous cherchez de l'aide: prenez contact avec l'un des centres de planning familial existant en Wallonie et à Bruxelles.
Plus d'infos sur www.planning-familial.be.
Mélanie, 31 ans, mariée
"J'avais 19 ans et j'étais étudiante en interprétariat. Cet été-là, j'ai eu d'importants maux de ventre. Une grippe intestinale. Puis la douleur s'est atténuée, mais j'ai continué à me sentir mal. Je suis retournée voir le médecin et il n'a rien trouvé d'anormal. Poussée par ce qui devait être une intuition féminine, j'ai acheté un test de grossesse. Je l'ai déballé chez mon amoureux de l'époque. Résultat: positif. On n'arrivait pas à y croire. Ce que beaucoup de filles redoutent m'arrivait à moi. Je prenais pourtant la pilule, mais sans doute y avait-il eu un couac quand j'avais été malade. Avoir un enfant à mon âge était impossible. Je m'étais toujours dit 'pas d'enfant avant la fin de mes études'. J'avais encore toute une vie à construire et je me sentais trop jeune pour assumer autant de responsabilités. J'étais une étudiante, pas une maman."
"Le lendemain du test, j'ai été voir mon médecin. Il m'a directement envoyée à l'hôpital. Je voulais faire les démarches seule, j'estimais que je devais régler ce problème moi-même. Quand j'ai vu l'échographie, le choc a été encore plus violent. Je n'étais pas à cinq semaines de grossesse comme il avait semblé au départ, mais à douze! On pouvait déjà voir le nez du bébé. Pour la toute première fois, j'ai réalisé qu'un petit être grandissait en moi. Je n'ai parlé de ma décision à personne d'autre que mes parents. Ils m'ont comprise, mais ça les a rendus tristes. Devant eux et devant mon petit ami, j'essayais de paraître forte. Mais quand je me retrouvais seule, je commençais à douter de plus en plus. Je ne parvenais pas à effacer l'image de l'échographie de mon esprit. Et je m'attachais à cet enfant. Le jour avant la date prévue pour l'avortement, j'ai ressenti un étrange sentiment de joie. Mes hormones s'affolaient et je me sentais comme comblée par ce bébé que je portais. Mon cour me disait de le garder et ma raison me disait d'avorter pour préserver mes études et vivre ma jeunesse. J'étais encore tellement jeune, aussi bien physiquement que mentalement, pour devenir mère... Je devais absolument m'endurcir et ne pas m'attacher à ce bébé pour continuer à avancer."
"Dans la salle d'opération, j'ai dit mentalement au revoir à cet enfant. Je me souviens encore du visage de mon copain quand je suis revenue dans la chambre. Il était livide. Je crois que pour la première fois, il réalisait ce qui venait de se passer. Cette interruption subite de grossesse a tout chamboulé, y compris au niveau hormonal. J'en ai été très perturbée pendant une longue année. Je n'arrêtais pas de pleurer, je ne quittais plus mon lit qu'à contrecour. Je ne voulais qu'une seule chose: revenir en arrière. En plus, j'étais convaincue que je serais un jour punie pour cet acte horrible. Pourtant, c'était un choix guidé par la raison. Avant l'avortement, j'ai essayé d'être forte et de ne pas m'effondrer. Mais tout de suite après, j'ai été emportée dans un tourbillon d'émotions. J'éprouvais un vide immense dans mon ventre et dans mon cour. J'ai consulté un psychologue pendant plusieurs semaines et il m'a fallu longtemps avant de pouvoir reprendre le cours normal de ma vie. Pendant deux ans, mon compagnon et moi avons essayé de sauver notre relation. En vain. Il voulait oublier cette histoire au plus vite alors que de mon côté, j'avais encore besoin d'en parler. Le fossé entre nous s'était irrémédiablement creusé."
"Toute ma vie, je devrai vivre avec ce poids. Aujourd'hui, je suis mariée et j'ai deux enfants. Chacune de mes grossesses m'a fait repenser à la première et à son issue dramatique. J'en avais des cauchemars. Chaque année, à la date de l'avortement, je repense à ce premier enfant que je n'ai pas pu avoir. Ça me rend triste, mais je me dis que j'ai pris la bonne décision. Ma vie aurait été tellement différente si j'avais choisi de le garder. J'aurais probablement été une mère célibataire et sans diplôme. Et je n'aurais sans doute pas mon job actuel, ce mari adorable et ces enfants extraordinaires. Dans ma tête, j'ai trois enfants, dont deux qui ont vu le jour."
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Je trouve cela injuste de dire "le mal fait au petit ami", et elle? Ce n'est pas une décision simple ni unilatérale, loin de là, c'est flippant, et il faut raisonner au mieux pour soi (surtout si on est toujours aux études) et pour le futur de l'éventuel bébé. Ce n'est pas forcément de l'égoïsme...!
Enceinte à presque 17 ans, j'étais en rhéto, j'avais encore plusieurs années d'étude devant moi...J'étais si jeune....Maman voulait que je garde le bébé, je ne voulais pas....papa me laissait libre de mon choix....Mon fiancé ( 22 ans)était indécis...sous la coupe de sa maman.....L'intervention a eu lieu aux Pays-Bas , il y aura 37 ans le 2 novembre 2010! 37 ans et je n'oublierai jamais rien! :-(
Nous, les femmes, sommes confrontées à des situations tellement difficiles et les décisions que nous devons prendre ne sont pas toujours faciles. J'ai 37 ans bientôt. Mon 1er avortement, je l'ai subi à 18 ans. Erreur de jeunesse. Je l'ai regretté. Longtemps. Très longtemps. 2e grossesse, tellement désirée, aucun problème: j'étais prête. J'avais 25 ans. Il y a moins d'un an, je me retrouve enceinte. Impossible. Mon mari, plus âgé, n'en veut plus. Accident. 2e avortement. J'en souffre encore ...
Je ne pense pas que cette fille ait besoin d'être jugée par des gens qui ne sont pas à sa place. Son petit ami était au courant, elle n'a pas fait ça dans son dos! De plus je vois certaines jeunes filles qui ont des enfants "non désirés" et qui triment seules car le père les a abandonnés. Quand on est un homme c est plus facile de juger! Maintenant, il faut vraiment que l'avortement soit exceptionnel, pas comme certaines qui se protègent pas et qui subissent plusieurs avortements.
un jour, ce genre de choix...Quoi qu'il arrive ces choix sont respectables autant que d'autres.Bon courage à toutes les filles qui ont du ou qui devront, un jour, faire ce genre de choix car tel qu'il soit, votre décision sera remplie d'amour!
Il ne faut pas se poser la question de ce qu'il se serait passé si elle avait gardé son enfant. Avec des "si", on imagine des beaucoup de choses irréelles et ça ne sert qu'à vivre avec des regrets...Le 6 mai dernier, c'était un anniversaire un peu spécial pour moi. Cela faisait un an que j'avais pratiqué une I.V.G. Je ne sais pas si je regrette ou pas ma décision mais ce qui est sûre c'est que j'y pense souvent et cet évenement m' beaucoup changé. On ne s'imagine pas devoir faire
Et si elle avait gardé son enfant et qu'elle aurait surmonté cette épreuve avec so petit ami de l'époque? Elle serait peut être l'épouse q'un homme aimant. A-t-elle pensé au mal qu'elle a pu faire à son petit ami?