Trembler dans le noir et sursauter devant un criquet n'est pas le propre de la femme. L'angoisse, la peur, le stress: les mâles connaissent! La preuve par trois.
"Depuis que je suis papa, j'ai peur de mourir"
Romain, 34 ans
"Quand ma femme est tombée dans les escaliers à la fin de sa grossesse, j'ai paniqué comme un fou. Avant que je m'aperçoive que j'avais des appels en absence, elle avait tenté de me joindre six fois pour me prévenir qu'elle était aux urgences, mais que je ne devais pas m'inquiéter. Quand j'ai écouté son message, mon cour s'est presque arrêté de battre. J'avais tellement peur qu'il soit arrivé quelque chose à notre bébé... Au final, ma femme s'en est sortie avec quelques orteils cassés, mais j'ai vraiment eu la peur de ma vie. Depuis que je suis papa, j'ai souvent des angoisses de ce genre. Devenir père, c'est un choc auquel aucun homme n'est vraiment préparé. Ça vous tombe dessus brusquement. Depuis que j'ai un fils, je me demande constamment si je fais les choses comme je dois. Je me fais aussi beaucoup de souci pour son futur. Et j'ai également très peur de mourir. Si je devais disparaître, j'abandonnerais ce que j'ai de plus cher au monde. Je ne vais évidemment pas chez le médecin tous les jours, mais je dois avouer que la paternité m'a rendu un rien hypocondriaque. Le plus étrange, c'est que c'est dans les instants où je me sens très heureux que j'ai le plus d'idées noires. Quand je regarde mon fils, je sens un frisson me parcourir l'échine. Je suis même au bord des larmes."
"Ma femme est beaucoup plus courageuse que moi. C'est une vraie aventurière qui n'a peur ni des serpents, ni de sauter à l'élastique. Son rêve: que nous sautions ensemble d'un pont. Autant dire que je ne suis absolument pas partant. Je ne vois vraiment pas pourquoi je devrais me lancer dans un truc aussi fou. Sauf si mon fils me le demandait... Mais je pourrais aussi rester en haut et le regarder sauter. Je n'ai vraiment pas l'étoffe d'un héros. C'est une certitude. J'ai d'ailleurs le vertige. Si je dois monter sur un tabouret pour changer une lampe, je me sens mal. Quand je redescends, je suis couvert de sueur. C'est horrible!"
"J'ai toujours peur que mon interlocuteur soit mal intentionné"
David, 34 ans
"Pour moi, la peur, la vraie, se résume à ce qu'on peut ressentir quand on enfile un pull en laine qui pique sur une peau nue. Ou à des sueurs froides. Ce type d'angoisses survient quand je suis au lit ou en voiture. Je me mets à cogiter et, d'un coup, c'est la panique. Je m'imagine par exemple que ma passion pour le foot va disparaître d'un jour à l'autre. Il faut préciser que ce sport occupe une grande place dans ma vie. Ma compagne considère que je suis un obsédé du ballon rond. Il nous arrive, à mes amis et à moi, de partir un week-end entier en Angleterre, juste pour assister à un match. L'adrénaline que j'emmagasine pendant ces deux jours me donne la pêche pour les trois semaines qui suivent. Que se passerait-il si je perdais cette passion? Oui, je l'avoue: cette seule pensée me donne la frousse."
"Mon métier d'animateur radio pourrait laisser penser que je suis très sûr de moi. Ce n'est évidemment pas aussi simple que ça. Parmi les personnes qui exercent des professions publiques, j'en connais beaucoup qui sont de véritables angoissés. Face aux 'ultra fonceurs' qui vous snobent sous prétexte qu'ils ont des postes à responsabilités, je perds tous mes moyens. J'ai toujours peur que mon interlocuteur ne soit pas celui qu'il prétend être ou qu'il soit mal intentionné à mon égard. Je suis, par exemple, un très mauvais gestionnaire. Quand je dois négocier un prêt avec mon banquier, je sors du bureau en sueur. Dans une cabine d'essayage, l'angoisse est également au rendez-vous. Dès que je me trouve dans un lieu où je n'ai pas l'impression d'être à ma place, c'est la panique totale. Du coup, j'achète sans essayer et la moitié de mes achats ne me vont pas."
"J'ai osé plonger la tête dans l'eau pour la première fois de ma vie il y a deux ans. Avant, rien que l'idée me terrorisait. J'ai également très peur du silence. Dans une conversation, je crains tellement les blancs que je suis capable de lâcher n'importe quoi juste pour meubler. En voiture, quand j'entends une sirène de police, c'est le stress total. En une seconde, j'ai déjà imaginé le pire: je suis un dangereux criminel et c'est moi que ces policiers sont en train de poursuivre."
"Je préfère avoir l'air stupide que de mettre un pied dans l'eau"
Jean, 27 ans
"A l'âge de 14 ans, j'ai eu la peur de ma vie. Trois ans plus tôt, j'avais commencé à assister à des concerts de manière régulière. Je faisais aussi partie d'un groupe de heavy metal. Une nuit, en revenant d'un festival, j'ai cru que j'étais devenu sourd. Je me souviens que j'étais dans mon lit, complètement terrorisé à l'idée de ne plus jamais entendre. Et ce sifflement qui semblait ne jamais vouloir s'arrêter... Je sentais comme une sensation d'oppression au niveau de la cage thoracique. Depuis, l'idée de devenir sourd m'angoisse terriblement.
Je dois aussi avouer que j'ai une sainte horreur des poissons. Leur côté gluant et leur forme me dégoûtent. Peut-être que cette phobie est liée à ma peur des mers profondes et des océans. Quand je ne peux pas voir ce qui se passe au fond de l'eau, j'angoisse. Avant, quand mon père et ma sour partaient se balader en catamaran, je préférais rester sur la terre ferme. J'avais bien trop peur de tomber du bateau. Quand je vais à la mer, je préfère bronzer sur la plage. Les vagues, ce n'est vraiment pas mon truc. Mes amis me charrient en me rappelant que je risque de me faire mordre l'orteil par un poisson. Je préfère avoir l'air stupide que de mettre un pied dans l'eau."
"Je crois qu'avec l'âge, je deviens de plus en plus angoissé. A moins que ce soit tout simplement un signe de prudence. Avant, je participais à des compétitions de ski. J'étais un fou de slalom. Aujourd'hui, je suis beaucoup plus raisonnable et réfléchi. J'évite de prendre ce genre de risques. Quand on y pense, ce n'est peut-être pas plus mal!"
"La peur, non pathologique, est censée nous protéger du danger"
"La peur est une émotion tout à fait normale. Elle a pour vocation de nous protéger des choses qui pourraient nuire à notre intégrité morale et physique. Le vertige, par exemple, nous évite de tomber et de nous blesser. Quand elle n'est pas d'ordre pathologique, une peur disparaît dès que le danger éventuel est écarté. Ce n'est que lorsque l'angoisse devient quotidienne et qu'elle perturbe la vie de tous les jours que l'on peut parler de réel problème."
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