Florence et Anne avaient des prédispositions génétiques au cancer du sein. Elles ont opté pour une amputation préventive.
Florence est sur le point de se faire opérer. Anne a franchi le pas, il y a trois ans. Elles se sont écrit, voici les lettres qu'elles ont échangées.
Florence (36 ans) est mariée et maman de trois enfants. Son ablation des seins est prévue en décembre.
Chère Anne,
Je me demandais si, comme moi, tu avais fini par détester tes seins. Moi, je les vois comme des bombes à retardement. Ils sont devenus mes pires ennemis. Sous la douche, je n'ose pas les palper. J'ai trop peur de sentir une boule. Le pire, c'est que je n'ai même plus envie que mon mari les touche. C'est l'année dernière, après une énième biopsie, que j'ai pris la décision de les faire enlever.
Par chance, cette fois-là encore, le nodule que j'avais détecté était bénin. Mais je n'en pouvais plus de ces longues périodes d'incertitude qui suivent chaque examen. J'avais tellement peur qu'on m'annonce une mauvaise nouvelle. D'autant que je suis déjà passée par là une première fois.
Ma mère a eu, elle aussi, une série de kystes qui se sont avérés bénins. Jusqu'au jour où on n'a plus parlé de tumeur bénigne, mais de cancer. Voir maman mourir à petit feu m'a laissé un souvenir terrible. Je ne veux pas faire vivre ça à mes enfants. C'est elle qui m'a poussé à faire contrôler régulièrement ma poitrine.
Ma grand-mère est, elle aussi, morte de cette maladie. Les femmes de ma famille ont apparemment toutes des dispositions génétiques au cancer du sein. Quand j'ai su que je ne faisais pas exception à la règle, je n'ai pas hésité une seconde. Mon mari et mon médecin m'ont soutenue dans mon choix. Je n'en pouvais plus de vivre dans l'angoisse, de sentir tous ces kystes et de ne jamais savoir à quoi m'attendre.
(...)
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Décision certainement très lourde à prendre et surement bien réfléchie... Quel courage.
terrible et poignant...