L'anorexie n'est pas une maladie réservée aux adolescentes. Marie a 33 ans et a basculé après une rupture. Elle croyait garder le contrôle de son comportement alimentaire, mais aujourd'hui elle en est prisonnière.
Marie "J'ai honte d'être anorexique, à mon âge! Pour moi, c'est une maladie d'adolescentes, de filles mal dans leur peau qui luttent contre elles-mêmes et se posent des tas de questions sur la sexualité et les garçons. Je suis majeure et vaccinée, j'ai un emploi, je suis maman et je vis en couple. Pourtant, cette maladie m'est tombée dessus. Je souffre de ce trouble alimentaire depuis deux ans et demi.
A 29 ans, je vivais avec mon compagnon depuis huit ans. Tout semblait aller pour le mieux entre nous: cela faisait des années que nous vivions ensemble, nous avions un fils et notre propre maison.
Un soir, Cédric est rentré à la maison et m'a annoncé de but en blanc qu'il voulait partir. Me quitter. Il avait rencontré une autre femme sur son lieu de travail. Il ne voulait soi-disant pas me blesser, mais avait fini par céder à la tentation. Je me suis retrouvée confrontée au vieux cliché de l'homme qui trompe sa femme. J'étais sous le choc. Bizarrement, sur le moment, plus encore que le fait de poursuivre ma vie sans lui, j'étais littéralement ravagée à l'idée de n'avoir rien vu venir.
Avec mes amies, nous avions une opinion bien arrêtée sur les femmes trompées. "Elles refusent forcément d'accepter la situation. Quand ton homme te trompe, tu le sens" pensions-nous. A tort. Cette fois, c'est à moi que cela arrivait et je n'avais absolument rien remarqué. Il est vrai que Cédric travaillait parfois plus tard, mais c'était un homme ambitieux. Et puis, j'avais une confiance aveugle en lui et nous nous aimions. Je me suis sentie trahie et humiliée par l'homme qui vivait à mes côtés. J'avais besoin de savoir pourquoi il m'avait trompée. Qu'avait-elle de plus que moi? Cédric préférait ne pas parler d'elle pour ne pas me blesser. Du coup, je l'imaginais forcément plus belle et bien mieux que moi. Et je me suis mise à douter terriblement de moi.
Une semaine après son aveu, Cédric est parti. Il avait été très clair: c'était avec elle qu'il voulait désormais vivre. J'étais rongée par la jalousie et le doute. Cette histoire me torturait l'esprit jour et nuit. Je ne comprenais pas pourquoi il était tombé amoureux d'une autre. Quand votre couple va mal, vous le sentez, non? Eh bien pas moi. L'idée de n'avoir rien vu venir me hantait. Je ne pouvais même plus me faire confiance... Je ne contrôlais plus rien. Ni le passé, ni le présent, ni l'avenir. Ma vie m'échappait, c'est sur ce constat que repose l'origine de mon trouble alimentaire. Mon chagrin m'empêchait d'avaler quoi que ce soit. J'ai perdu 5 kilos en deux semaines. Avec ma taille 42, j'avais toujours été un peu ronde. Quand je commençais un régime, je finissais toujours par me décourager et abandonner. Ce n'était plus le cas. Alors que je me sentais incroyablement mal dans ma peau, on me complimentait sur ma nouvelle silhouette. J'aimais cette sensation d'avoir le ventre vide. Comme si la faim éclipsait un peu ma tristesse. J'avais désormais un autre centre d'intérêt: les régimes. Compter les calories, monter sur la balance, établir des graphiques monopolisait toute mon attention. Le régime était la seule chose sur laquelle je gardais encore le contrôle. Cette idée me permettait de tenir le coup. Au bout de six mois, je rentrais dans une taille 38. Quelques mois plus tard, dans un 36.
Découvrez la suite du témoignage dans votre Flair du 16 février.
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