Les emplettes sur Internet, c'est un peu comme les cacahouètes: on commence et on ne peut plus s'arrêter. Au point, parfois, de basculer dans la vraie dépendance.
Quelques conseils pour sortir de la dépendance:
On distingue plusieurs catégories d'acheteuses dépendantes, comme nous l'explique Carine Karsten, psychothérapeute:
1. Les acheteuses par consolation: elles achètent pour canaliser leurs émotions.
2. Les acheteuses compulsives: elles se sentent obligées d'acheter; entièrement soumises à leur impulsion, elles ne peuvent pas s'arrêter.
3. Les chasseuses de bonnes affaires: elles ressentent une poussée d'adrénaline quand elles dénichent un 'super plan'.
"Le signal d'alarme: une armoire remplie
de vêtements avec leur étiquette!"
"Chaque fois, c'est pareil: ça me donne mal au cour", raconte Mina, 26 ans, employée et célibataire, qui reconnaît sans problème sa dépendance. "Parfois, ça dure quelques jours, parfois ça passe après quelques minutes. Dans ces moments de lucidité, je me rends compte que j'ai acheté une fois de plus, quelque chose qui ne m'était pas indispensable. Je me sens comme précipitée du haut d'une falaise, à cause d'un stupide clic. Aujourd'hui par exemple, en revenant du boulot, j'ai senti monter en moi l'envie d'acheter.
J'ai arpenté nerveusement mon appartement, allumé la télé, en sachant déjà que j'allais craquer. Comme toujours, j'ai fini par m'asseoir devant mon ordi, bien décidée à me contenter d'une visite éclair aux sites fatidiques. Et comme à chaque fois, j'entre dans une sorte de transe. Je clique sans plus pouvoir m'arrêter et je me laisse séduire par mille merveilles. Puis vient le moment où je ne peux plus dire non. Parce qu'à ce prix-là, c'est une affaire ou parce que c'est 'trop beau'. Avant que je m'en aperçoive, j'ai encodé mon numéro de carte de crédit.
Dans mon panier aujourd'hui, une paire de bottes à 159 euros. J'essaye de me consoler en me persuadant qu'elles n'étaient pas si chères, que des bottes comme ça, ça peut coûter jusqu'à 1000 euros... Mais c'est un achat de trop. La nausée qui m'envahit me le rappelle vite fait.
Plus de limites
Car je ne peux pas me permettre des bottes à 159 euros, surtout en ce moment. Mes finances sont dans le rouge et mon salaire n'arrive que dans deux semaines. Le mois dernier, j'ai emprunté 300 euros à mes parents. J'ai aussi fait un emprunt à la banque, que je rembourse a raison de 200 euros par mois.
Et je ne cesse de me promettre que je n'achèterai plus rien. Je ne vais plus en ville, parce que je me connais. Je suis acheteuse compulsive. Je ne peux pas passer à côté d'un magasin sans en pousser la porte.
Heureusement, je n'habite pas à proximité des boutiques. J'ai vendu ma voiture, pensant que cela allait tout résoudre. Qu'avec tout cet argent, je rembourserais mes dettes et remettrais les comptes à zéro. J'espérais que, dans la foulée, ma dépendance à remplir mon armoire d'une montagne de fringues qui portent encore leur étiquette s'arrête là. Parce qu'il y en a tant que je n'ai pas l'occasion de porter.