Un bon moyen de ne pas griller sa réputation tout en prenant du bon temps: partir faire la fête à Anvers! Et comme je ne parle pas un mot de la langue d'Hugo Claus, pas de baratin: de la sensualité à l'état pur.
Tu reviens quand tu veux et avec qui tu veux!
Ce n'est pas un scoop: depuis ma rupture avec Thomas, je sors comme une déchaînée. Je dois avouer que l'idée de tester mon "quotient séduction", mis à mal par mon râteau avec un moche il y a quelques semaines, n'y est pas pour rien. Cela me ressuscite de me préparer à sortir "comme si?" Vous connaissez ce "comme si?" qui signifie "au cas où, on ne sait jamais, je pourrais bien revenir accompagnée". Et il y a des soirs, comme vendredi passé, où l'on n'envisage même pas de revenir seule!
De grandes espérances
Vendredi soir, donc, je m'apprête comme pour un premier soir, comme pour un "bal de fin d'année" de film pour lycéens américains. Parfum depuis le dessous des oreilles jusqu'au nombril, maquillage soigné, épilation minutieuse et crème "pour une peau de soie". Tout y passe? Même le fil dentaire! Pomponnée comme une "star de couverture" (Photoshop en moins), je me mets en route vers la maison de ma cousine flamande pour une soirée dont les Anversois ont le secret. L'ambiance est dépaysante et l'incognito garanti. Je retrouve Femke et Veerle chez ma cousine Marie. Marie me donne un post-it avec l'adresse et me montre la chambre d'amis. "Ce soir, tu reviens quand tu veux et avec qui tu veux!" me souffle-t-elle en déposant des essuies propres sur le couvre-lit. Selon Femke, ma phase post-rupture n'a que trop duré! Veerle tempère: "Cela prend du temps de retrouver l'Amour, mais c'est si triste de dormir toute seule?" Marie me regarde d'un air entendu.
Je me lâche!
Deux heures plus tard, nous sommes en train de mettre le feu à la piste. Impos-sible de parler et même de distinguer les traits des gens autour de soi. Pour se déplacer, il faut se toucher, s'excuser, se bousculer (sans en perdre une miette, bien sûr). En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, tous mes sens sont aux aguets. Je n'entrevois les trois filles qu'à travers un mur de danseurs dégoulinants, beaux et habillés comme dans les films? La musique va si fort et la foule est si dense que, le stroboscope aidant, je perds tout repère. Je danse sans savoir si je suis perpendiculaire au sol. Je n'ai pratiquement plus conscience des murs - ils semblent à des kilomètres - ni du plafond, que les jeux de lumière approchent et éloignent sans cesse de la piste? Le seul point de référence, ce sont les danseurs. Je suis entourée de quatre Kamel Ouali, un peu "minets branchés" sur les bords, mais fort appétissants.
Deux d'un coup
J'espère que vous connaissez ce sentiment (je me sentirais moins amorale, si vous le connaissiez) de "lâcher prise" total. J'ai dansé lascivement au milieu de cette horde de mâles très inspirés. Si vous ajoutez dix ans à Alizée, ça donnait à peu près le clip: "L-o-l-i-t-a, moi Lolitaaaa". Je vous parlais de tester mon "quotient séduction", ça n'a pas raté! Je me suis retrouvée prise en sandwich entre deux chemises collant à des torses "certifiés fitness".
De torrides baisers se perdent. Dans mon dos: un brun rasé s'accapare mes hanches et ma nuque. Devant moi: un châtain clair bouclé s'occupe plus particulièrement du haut du corps (bouche et seins, pour être précise). Je me suis rarement retrouvée dans une situation plus chaude. Je ne m'inquiète pas un instant de savoir où sont passées ma cousine et ses copines. Au bout d'un moment, il fait vraiment trop chaud et je sors de la foule pour retrouver mes esprits. Les deux danseurs me suivent, le brun me parle? in het nederlands! Oups, je ne sais pas dire un mot! "Sorry, heu? niet sprechen!" Ils sont d'accord pour ne pas causer, nous grimpons à trois dans un taxi (moi au milieu), je tends le post-it de Marie au chauffeur, avant que mes deux danseurs muets ne plongent sur moi?
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vague impression d'avoir déjà lu ceci dans un flair il y a quelques années, possible ???
hummm, et la suite......