Mon cousin "reçoit" un numéro d'effeuillage pour son anniversaire. L'occasion de ré-interroger la nature masculine.
Vendredi soir, anniversaire de Christophe, un cousin issu de germains. J'en étais très proche quand on était gosses. Son père avait une grange à foin propice aux cabanes, aux sauts dans le vide et aux "Dis, tu me montres ton zizi?"? Six mois de différence entre nous: nous nous sommes associés pour découvrir l'Autre. A cette âge-là, l'Autre, c'est le zizi! Ou son absence. Dans ce cas, on parlera de "zézette", ne me demandez pas pourquoi? C'est scientifique.
Ô mémorables nuits où Christophe me réveillait, dans l'ambiance tamisée de sa chambre (prise veilleuse orange), debout sur son lit, le pantalon de pyjama en pilou baissé en criant: "Lola, regarde: je bande!" C'est de Christophe que vient mon intérêt pour la chose masculine. Et ne me comprenez pas mal quand je parle de "chose"? Je veux dire la question masculine dans son ensemble: psychologie, endocrinologie, morphologie, les Cd's de Prodigy (le mystère le plus insondable de tous!)?
Une fille habillée en infirmière s'avance d'un pas chaloupé...
Je me retrouve donc à son annif avec Thomas, mon régulier, sous le bras. Quel-ques têtes connues: le "fils de la supérette" du bled de Christophe? J'entrevois aussi Marie, sa s?ur. Je n'ai jamais pu la supporter. C'était la petite fille à sa maman, "boucles d'or", "petite princesse"? Tout le monde se penchait sur ses joues roses et lui touchait les cheveux. Le pire, c'est quand elle mettait son uniforme de majorette! Christophe et moi - bottes en caoutchouc et trainings douteux sous un pull qui exhibait fièrement notre nombril - on avait beau s'en foutre, on était un peu jaloux.
Quand j'entends les trois premières notes de "You can leave your hat on?", je redoute le pire: un strip-tease! Une fille à la peau orange, habillée en infirmière s'avance avec un "pas chaloupé". Elle attrape le menton de l'heureux Christophe qui, à ce moment précis, doit être dans un état assez similaire à celui de la nuit évoquée plus haut. Mais le tableau est nettement moins bon enfant. Les filles se rapprochent imperceptiblement des murs alors que les hommes se massent autour de la danseuse. Sauf Thomas, bien sûr: je le tiens fermement par la poche arrière du pantalon.
Ça vous plaît?!
Et voilà, c'est parti. Les hommes reviennent à l'état reptilien devant une fille dont on dirait que sa peau va craquer tellement elle n'est pas naturelle. Miss V (oui, il vaut mieux qu'elle n'ait pas de prénom, ça pourrait déconcentrer les mâles) porte une perruque noire coupée au sécateur? On dirait Uma Thurman dans Pulp Fiction qui aurait fait une overdose de pilules au carotène!
Non, non, non, Lola! On arrête tout de suite d'insulter mentalement cette femme qui fait simplement son travail et qui le fait bien. C'est quoi le problème? Ça t'énerve, c'est ça? Ancien souvenir d'une majorette qui attirait plus l'attention que toi? Non, ce n'est pas ça! C'est que je ne comprends pas comment un homme peut se baver dessus devant une inconnue qui n'en a rien à foutre de lui et qui ne le regarde que parce qu'il la paie. "Ben, les femmes aussi, avec les Chippendales", me répond le fils de la supérette.
Il marque un point. Les femmes sont-elles réellement excitées par ces Messieurs Propre luisants? Peut-être qu'elles poussent des cris hystériques pour attirer l'?il de leur homme (même s'il est pâlot, pas musclé et nul en danse?) quand il renverse sa bière devant Miss A, B ou C.
Finalement, qui exerce le plus de pouvoir sur les hommes dans tout ça? Les femmes qui paient des strip-teaseurs, moi qui tiens mon amant par le pantalon? Ou Miss V qui n'a qu'à faire un geste pour que les hommes tournent la tête?