Vers le site de Flair

Saine jalousie...

Les sexpériences de Lola

12 avril 2010

Saine jalousie...

Crier, hurler, pleurer: ces techniques ancestrales se sont progressivement révélées inefficaces en cas de jalousie. Mieux vaut agir en douce et manipuler son bonhomme. Croyais-je...

Franz, mon ami bohème s'invite pour souper. Dans le fauteuil, un coca dans la main, la cuisse de sa copine Natasha dans l'autre, il explique à Martin pourquoi Truffaut est son Dieu. Natasha, c'est le rat de bibliothèque sublime avec laquelle Franz sort depuis un mois. Il la prenait pour une fille facile, je lui ai dit de foncer... Et quand je vois comment Martin la regarde en cet instant précis, je prie pour qu'elle ne soit pas si facile que ça, cette traînée! Pas gênée la fille, si elle croit que je ne la vois pas en train de minauder, là. En prenant des grands airs quand elle explique le sujet de sa maîtrise en philo: "Je ne con-çois pas une société sans un mode discursif post-moderne..." Oups, ça y est, j'ai renversé le vin sur ses bottes en daim. Nooooon, pas "exprès", c'est juste son "mode discursif" brillantissime qui m'a emballée, voilà tout.

J'y crois pas!
Voilà que Martin se jette à ses genoux et est déjà en train de lui récurer les mollets avec un torchon. Franz ne se rend compte de rien, amoureux, poète et si bêtement idéaliste que je le bafferais. Il ne voit pas, lui, ce qui est en train de se passer! Et qu'elle dise: "Oh, mais ce n'est rien, vraiment. C'est très gentil, un vrai gentleman... Tu savais qu'au Timor oriental, le prétendant se met à genoux..." Non mais, je ne vais pas laisser passer ces insanités. Chez moi, sous mon nez, sur mon tapis!
La grande scène du trois?
Comme tout le monde, je déteste être jalouse mais moi, en plus, je suis absolument incapable de le reconnaître. Parce que la jalousie m'énerve. Surtout celle des autres, bien sûr. Donc pour me préserver d'éventuels reproches de mon partenaire, j'évite de lui manifester le moindre agacement, même s'il zieute sans pudeur. Pourtant, dans ce cas précis, si je n'agis pas très vite, le splendide décolleté de Natasha va se mettre à vivre, aspirer mon Martin et aller le digérer à son aise chez elle. Et moi je resterai là avec Franz, Truffaut et ma quiche aux brocolis.
Improvisons. L'air de rien, je vais voir à la cuisine si la quiche est prête. J'ouvre une armoire en hauteur, oublie "malencontreusement" de la fermer et me fracasse le crâne (en fait je frappe bruyamment la porte avec la main) puis m'écroule. A ces bruit(age)s, Martin arrive à mon chevet, abandonnant le morceau de daim mort qui enserre le gros mollet de la Ruskov. Je savoure ma victoire en geignant sur le carrelage. Natasha arrive la dernière et passe distraitement la tête par la porte. "Ça va? Ce genre de truc fait assez mal sur le moment, mais ce n'est rien, en fait..." Une vague de colère est sur le point de me submerger, au risque d'abandonner mon rôle de grande blessée quand Martin dit: "Attends, Natasha, t'as pas entendu ce bruit ou quoi? C'est peut-être grave."

Oui, je suis perverse!
Joie: il est à moi, reconquis et aux petits soins. Remords: euh, j'ai peut-être un peu abusé. Il est tout mignon, il s'inquiète alors que moi, je suis bêtement jalouse. Je ravale mes scrupules le temps de donner une demi-quiche à Franz et sa fille facile .
"Désolée, je ne me sens pas bien. Je me suis vraiment fait mal. Quel dommage, ce sera pour une autre fois. Merci quand même, soyez prudents. Ciao."
Mon Martin me porte vaillamment jusqu'en haut des escaliers tel Rhett Butler et me fait un somptueux massage...
N'importe qui s'en voudrait, se mordrait les lèvres plein de remords pendant les effleurements de son amant. Au fond, je l'ai plus trompé que lui, sur ce coup. J'entends d'ici Virginie: "Lola, tu dois surveiller ta tendance manipulatrice." Il paraît que la jalousie tue le couple. Moi, je dis qu'une bonne jalousie cachée et une mise en
scène culottée, c'est efficace. Enfin, ça marche sur Martin, c'est ce qui compte. A moins que... ce ne soit lui? Illumination! Je me retourne et non seulement je vois dans ses yeux qu'il n'a pas cru un mot de cette agression mobilière, mais il me lâche hilare: "Elle t'a fait trembler, hein, Natasha?" Salaud! Et un coup de coussin bien mérité sur son sourire triomphant!

Tags:  confiance, jalousie, couple, lola.

Qu'en pensez-vous?
 
Envoyer votre commentaire
Réactions précédentes (0)
 
Les blogs les plus récents
 
Dernières activités
 
Voir tout le monde

20 DVD à gagner pour 'La Couleur des sentiments'

Concours

Jusqu'au 27 mai, Flair vous offre 20 DVD de 'La Couleur des sentiments'! Tentez vite votre chance en répondant aux questions ci-dessous!
 
 

Cliquez ici pour participer »

Votre horoscope
Flair - Astro: Signe