Dringgggggggggggggg, la tête dans le coussin (pour ne pas dire dans autre chose...), je suis allée ouvrir la porte pour aller hurler sur cet intru qui a osé m'arracher à morphée...
C'est ma petite cousine Sonia (à peine 17 ans) qui pleure toutes les larmes de son corps! Entre deux sanglots, elle tente de m'expliquer ce qu'elle fait là... mais mon cerveau étant resté bien au chaud sous ma couette, j'ai vraiment du mal à suivre j'avoue... Avec des brides de phrases comme " Je peux pas vivre sans lui " ou encore " Cette petasse de Cécile ", je comprends que Jérôme (ptit con!) l'a quitté, et qu'il est probablement parti pour Cécile sa meilleure amie (garce!).
Premier amour, premier chagrin, aie. Je pleure avec elle.
Et je n'ai pas les mots. Pourtant je sais. Qu'avec le temps, avec le recul... les blessures les plus profondes se referment.
Je tente de la faire rire en parlant de mon adolescence... Je m'étais amourachée d'un spécialiste de la "pause" qui m'a quitté et re-conquise ( au gré de ses passages à vide et de son emploi du temps). A refaire, je lui dirais moi aussi je fais des pauses mais des pauses café mon grand, et elles durent cinq minutes maximum! On en aurait gagné du temps ! Bref... On s'inondait de messages, je passais des soirées entières au téléphone avec lui (mais qu'est-ce qu'on avait encore à se dire ?) et quand il était au sport , j'avais réussi à m'introduire dans sa messagerie, j'écoutais donc ses messages? (ici devrait intervenir un paragraphe entier dédié à l'immoralité de s'insérer dans l'intimité d'autrui, mais je vais vous l'épargner, mettons cela sur le compte de la jeunesse vous voulez bien ? ). Un seul a retenu mon attention ; celui de la maman d'une peste qui l'invitait à l'anniversaire surprise de sa progéniture, petite fête à laquelle bien sûr je n'étais pas conviée...
Sage pour une fois, j'ai attendu qu'il m'en parle, ce qu'il n'a jamais fait. Le soir de la boum, j'ai pris le soin de l'appeler l'air de rien et il semblait être chez lui. Je serais restée sur mon nuage si il ne s'était pas planté en m'envoyant un sms destiné à sa s?ur: " Je m'amuse comme un fou, je rentrerai plus tard... ".
Je n'en ai pas dormi de la nuit. Et le lendemain matin j'ai explosé! C'était un dimanche, tout le monde dormait, je suis montée à l'étage dans la chambre du traître qui se remettait à peine de sa folle nuit, et j'ai commencé à déchirer en petits morceaux chacune de nos photos et chacune de mes lettres. Imperturbable dans son sommeil, et moi agacée par son silence, j'ai commencé à laisser tomber les bibelots sur le sol! Je l'ai insulté (des injures que je n'oserais même plus répéter) . J'ai hurlé quelque chose dans le style : « Je te déteste, je ne veux plus jamais te voir », et j'ai claqué la porte. Je suis retournée à l'arrêt de bus (du coin de sa rue) où il a commencé à pleuvoir tellement fort que j'ai du retourner me mettre à l'abri dans la seule maison que je connaissais: la sienne. Dans son salon, la mine défaite, je n'ai pas dit un mot, et pour « sauver » la face (c'est un bien grand mot), ou plutôt avant que ce ne soit sa mère (plus qu'exaspérée par la situation) à lui qui le fasse, j'ai appelé la mienne qui est venue me sauver de la pire journée de toute ma vie.
Elle a souri... On boit un café en réfléchissant à une vengeance??? Et comment!
Ce matin, j'avais encore seize ans...
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Hahaaaa ça intéresse bon nombre d'entre nous:)A l'epoque, on s'introduisait via un numero (que j'ai oublié oups:))) et on devait introduire un code secret dont il n y avait pas de limite d'essai...et je passais mes soirées à essayer des combinaisons et le malin avait mis sa date d'anniversaire...Voilà pour le ptit secret! En tout cas merci pour ton encouragement,ça me touche et ça me fait plaisir de savoir que j'arrive à te faire rire par mes écrits;)))A bientôt, entre deux lignes:)
Trés sympa tes tranches de vies que tu nous fait partager avec beaucoup de sincérité et d'humour. Je suis fort intriguée par quel moyen tu as réussi à t'introduire sur la messagerie, ça m'intéresse. Bonne continuation...